Dans les coulisses « Les Petites Jupes de Prune »

Une nouvelle rubrique aujourd’hui puisque je ne vais vous parler ni d’un look, ni de shopping mais je vais vous emmener dans les coulisses d’une jolie marque parisienne que j’ai découverte grâce à Mes Petites Chéries, une adorable échoppe multimarques près de Pigalle. Il s’agit de la marque 100% Made in Paris Les Petites Jupes de Prune dont l’atelier se trouve dans le 2ème arrondissement au 48, rue Greneta. Je suis donc allée à la rencontre de Prune dans son atelier parisien un samedi après-midi et quand j’y suis rentrée, je me suis retrouvée au paradis des jupes : il y en avait de partout ! Des jupes à poches, des jupes plissées, des courtes, des longues, des unies, des imprimées… J’avais déjà craqué pour une de ses jupes (revoir l’article ICI) et devant cette multitude de choix, je n’ai pas pu y résister. Deux nouvelles petites jupes à poches ont atterri dans mon dressing. Je me sens donc obligée de vous la présenter ; j’ai donc décidé de laisser la parole à Prune, une jeune femme qui n’a pas eu peur d’entreprendre !

Les Petites Jupes de Prune

Crédit : Les Petites Jupes de Prune (site Internet)

Bonjour Prune, as-tu toujours été dans la mode ? Et qu’est-ce qui t’a poussé à l’entrepreneuriat ? 

Euh oui, j’ai toujours été dans la mode. J’ai fait une école de stylisme/modélisme, une année à San Francisco en marketing de la mode et toujours des stages dans la mode (pas forcément dans la couture/la conception, j’ai fait de la presse, de la prod et un peu de tout). Et qu’est-ce qui m’a lancé ? Eh bien, j’étais freelance chez Peclers, qui est un bureau de tendance et j’adorais ce métier. Et freelance, c’est très aléatoire ; des moments où tu as du boulot, d’autres pas, et du coup il me fallait quelque chose à moi pour faire levier… Un apéro… Et je ne sais pas, c’était un truc que j’avais au fond de la tête et je ne me suis pas trop posée de questions (petit rire).

Et pourquoi les jupes ? 

La jupe est un produit super particulier parce que tu peux vraiment t’éclater en tissus. Le pantalon, tu peux faire des pantalons en Toile de Jouy, mais pas beaucoup de filles vont l’acheter. Par contre, une jupe en Toile de Jouy, c’est une de mes meilleures ventes depuis le début de l’histoire. Tu peux donc vraiment t’éclater en matières, et moi, ce que je préfère, c’est la matière dans la mode. Et les jupes plissées, j’en avais fait pour ma collection de fin d’année de diplôme. Et j’avais fait une jupe plissée qui m’avait pris la tête comme jamais, mais quand j’ai pris les photos, mes copines m’ont dit « trop bien, tu m’en fais une ? » J’ai dit « non, je ne touche plus à la couture, essaie dans cinq ans » (rire). Et du coup, ouais, ça m’était resté dans la tête. J’avais réussi à produire un truc que des copines avaient envie d’acheter.

Tu crées ? Et ensuite tu cherches les tissus ? 

Oui. Oui, j’ai toutes mes bonnes adresses dans le Sentier. Ensuite, je coupe quasiment tous mes modèles à la main, et après je les donne à coudre par un atelier de confection à côté situé dans le Sentier aussi, je les récupère et je fais tout le reste (rire).

Tu es donc toute seule à tout gérer ? 

Ouais, mais j’ai quand même beaucoup d’aide : des copines de temps en temps, une maman qui fait des gâteaux quand je fais des ventes, mon papa qui me fait la compta, un mec qui m’aide à faire le site… Au jour le jour, un peu toute seule. Après, je recherche souvent des stagiaires, des stages pas trop longs (3 à 6 mois), mais surtout en alternance parce qu’ici c’est quand même un peu petit. Et tu vois les petites stagiaires de 3ème, c’est trop bien ! J’en ai déjà eu 2-3 qui ont postulé librement, et elles sont trop motivées. Du coup, je leur prépare une petite semaine sympa où j’essaie de les emmener sur un shooting, acheter des tissus et tout. Ça m’aide vachement, ça me booste pendant une semaine d’être avec quelqu’un, et… Elles sont trop mignonnes !

Compte sur moi, je ferai donc passer l’annonce ! Comme tout est fabriqué à Paris, je suppose que le Made in France est une valeur importante pour toi ? 

Honnêtement, ce n’était pas un principe. Au début, c’était vraiment une question de facilité. Tout simplement, faire une collection aujourd’hui en flux tendu nécessite que ça ne soit pas loin. Donc, c’est beaucoup plus pratique et après, c’est évidemment plus dans mes valeurs. La question à se poser est plutôt : quel savoir-faire tu as dans un pays. Moi, je préfère faire des fringues en France, en Italie, mais je ferais plus de la broderie et de la teinture en Inde. En fait c’est plutôt ça qui me touche. Mais, je trouve ça cool d’être local, car tu peux être plus réactif. Mais, en effet, j’ai fait plein de tests de production avec plein d’ateliers différents. Et les ateliers chinois, ce sont les pires résultats de production que j’ai eus. Je trouve ça génial l’engouement du Made in France et je surfe dessus, mais ce que je trouve plus intéressant est de mettre en avant le savoir-faire qu’on a. Par exemple, mon plisseur est en France, c’est un artisan plisseur. Ouais, il y a plein d’usines en Chine qui font ça pour 20 fois moins cher, mais ce n’est du tout le même métier, pas les mêmes mains, pas la même histoire, et ce n’est pas la même patte qui sort sur le plissé.  Donc, ouais, moi je consomme vachement local, je privilégie toujours le Made in France, même le Made in Paris, je trouve ça encore plus cool, car l’argent qui est local reste dans le local.

Comment fonctionnent tes collections ? 

Au coup de cœur vachement. Au début, comme je bossais à côté, je faisais vraiment en fonction de mes disponibilités de boulot. Mais depuis que j’ai commencé à temps plein, je me suis mise un rythme. Le seul rythme que je me suis fixée est un shooting tous les trois mois ; donc quatre collections environ par an. Ce qui m’oblige à me repenser un petit peu, mais en vrai de vrai, je sors des jupes, pas tous les mois, mais après je suis dans le Sentier, je me balade, je flashe sur un tissu et je me dis parfois que ça marchera tout de suite, et donc je n’ai pas du tout envie d’attendre trois mois. Bref, je fonctionne quand même plus à l’envie.

2017 ? Comment les petites jupes de Prune vont évoluer ? Et dans cinq ans ? 

(Petit bug et rire) Je suis un peu carpe diem. 2017 c’était plutôt cette rentrée scolaire, car les boutiques fonctionnent surtout sur la rentrée scolaire. Donc, je m’étais fixée pas mal de challenges pour cette rentrée scolaire de septembre : une nouvelle jupe. Je sors une nouvelle forme un peu année 70, trapèze en cuir. J’ai le body que j’ai envie de sortir depuis un an, et je pense que je vais y arriver. J’avais vraiment envie de développer un basique pour aller avec, parce que j’en avais marre de dire aux filles : et je mets ça avec quoi ? » « eh bien, allez chez American Apparel ». Je me sentais un peu bête, et il y a des choses amusantes à faire avec le body qui me donnent un peu d’autres perspectives. Et, autre challenge : réussir à tenir le rythme et avoir un peu d’aide aussi. Car j’ai l’idée de lancer une autre marque avec une associée ; il va donc falloir que je réussisse à répartir mon temps et ça serait bien que je puisse me poser sur quelqu’un (qui puisse faire du community management, du service après-vente etc.). L’année prochaine, c’est donc réussir à trouver le bon équilibre et m’épanouir entre deux marques.

Et les jupes dans cinq ans ? Je suis vraiment plus carpe diem, car je n’aime pas me foutre la pression. C’est bien d’avoir des petits objectifs, se mettre des repères. Mais cinq ans, c’est super long. Aucun fantasme de devenir Zara ou Des Petits Hauts. J’aime bien l’ambiance artisanale, que ça roule bien. Je n’ai pas spécialement envie de faire Sézane. Justement, j’aimerai encore apporter ma touche personnelle, faire du sur-mesure, avoir une touche un peu rétro.

Et penses-tu à l’international ? 

Oui, j’y pense parce que j’ai pas mal voyagé. J’ai des copains qui sont forcément sympas : « ah tu fais des jupes ! Tu m’envoies une petite jupe en Australie ? ». Et au niveau de ma newsletter, j’ai remarqué que 20% de mes lecteurs sont basés aux Etats-Unis, et je n’ai pas de boutique aux US. J’ai quelques commandes par pays, quelques clientes fidèles dans 5-6 pays (pas énorme, mais déjà un début). En Belgique j’ai un point de vente, mais ce n’est pas vraiment ce que je recherche. Je fais des prix pour qu’ils n’intègrent pas la marge boutique. Donc, en fait quand je suis dans une boutique, c’est plutôt par choix de communication et de visibilité, que par gain. Se développer à l’international sans boutique, ce n’est pas évident. Ça me ferait marrer, mais en même temps, ce n’est plus du local.

Mais tu apporterais ta patte française ! 

Oui, oui c’est pour ça que si je me fais démarcher par des petites boutiques à San Francisco, je ne leur dirais pas non. En France, je travaille avec des boutiques particulières comme Mes Petites Chéries à Paris, du Speak Français à Bordeaux, des endroits assez chouettes avec une vision. Donc ouais, si j’ai des propositions à San Francisco de ce type, je ne leur dirais pas non. Je ne gagnerais pas d’argent mais ce serait tellement cool pour la marque d’exporter le Made in Paris. Ce serait top ! Mais je ne démarcherai jamais une boutique car ça prend du temps. Si elles ont un coup de cœur pour ma marque, elles seraient des amours et me contacteraient :) !

Des conseils pour les jeunes entrepreneurs ? 

(Gros rire) Alors, honnêtement, il y a cinq ans, je me disais « il faut juste être motivé ». Au bout de cinq ans, après toutes les galères de papiers, de calcul de rentabilité, ouais… Bon, il ne faut pas trop se poser de questions sinon tu ne le feras jamais, suivre ton instinct et écouter les autres (pas trop non plus au début, car tout le monde a des avis différents et ça pourrait te paralyser). En gros, avoir un bon instinct et un bon entourage (filet de sécurité financière et soutien moral). Mais ça, je m’en suis rendue compte qu’après, car j’ai eu de la chance ; je n’ai pas eu le stress de vivre l’échec de l’entrepreneuriat. C’est ça qui me faisait le plus peur.

Tu es vraiment la seule à savoir si tu as les épaules pour, si tu en es capable, mais ne te pose pas trop de questions. Tu vas forcément rencontrer des surprises, et forcément il vaut mieux ne pas le savoir avant. Vaut mieux les découvrir au fur et à mesure, sinon tu n’y vas pas.

Merci beaucoup Prune. Un petit mot pour la fin ? 

Ma petite phase conseil : « la vie est plus inventive que toi ». Tu peux avoir un super plan, mais en fait la vie est plus inventive que toi. Elle te met des gens sur la route, des idées… Bref, voilà !

Les Petites Jupes de Prune

Atelier les petites jupes de Prune

Retrouvez les Petites Jupes de Prune : 

>> Sur sa boutique en ligne : http://www.lespetitesjupesdeprune.com/

>> Dans son atelier parisien : consultez les dates et horaires d’ouverture ici http://www.lespetitesjupesdeprune.com/venirnousvoir/

>> Dans des boutiques multimarques : http://www.lespetitesjupesdeprune.com/points-de-vente/

J’espère que cette première interview avec cette jolie pépite française vous aura plu.

Xxx (and don’t forget to smile)

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2 comments on “Dans les coulisses « Les Petites Jupes de Prune »

  1. Melody
    25 octobre 2016 at 12 h 34 min

    Très intéressant, je viens de faire une belle découverte moi qui suis fan de jupes !
    Belle journée XxX
    http://www.laminutefashion.com

    • Mademoiselle Lilly
      1 novembre 2016 at 17 h 15 min

      Merci ma belle Mélody, et en plus elle fait des jupes sur-mesure, comme tu les aimes !
      Bisous !

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