2022 sera une année charnière pour Sanofi, avec des précisions sur la mise en place de Europe, Consignes et comptes-rendus d’AG

C’est au parc des Expositions, dans le quinzième à Paris, une première pour le laboratoire pharmaceutique jusqu’ici habitué du Palais des Congrès à la Porte Maillot que s’est tenue l’assemblée générale de Sanofi. Elle s’est déroulée sans remous. Les actionnaires ont eu à se prononcer sur dix-sept projets de résolutions à titre ordinaire et un projet de résolution à titre extraordinaire. La troisième résolution, qui porte sur le verdict d’un dividende à caractère complémentaire pour la distribution d’actions Euroapi à celle-ci largement adoptée. Elle marque un événement majeur : la scission du pôle manufacturier des mandants actifs de Sanofi, entrés en Bourse ce vendredi. Les actions Euroapi ont également été distribuées, représentant environ 58 % du capital de la nouvelle entité.

Investir s’est vu confer plus des centaines de procurations représentant 50 135 actions.

Arrivez à l’entrée de la salle 1, beau point de documentation au sud du site de Sanofi pour chercher des résolutions. Ce qui n’a pas manqué de mécontenter des actionnaires dépasse ce « tout numérique ».

Le président Serge Weinberg ouvre la séance : « Notre groupe a annulé en 2021 malgré des vents mauvais. L’activité a progressé de 7 % à changements constants et Dupixent, notre traitement d’immunologie multi-indications a affiché une progression impressionnante de 52 % l’année dernière. Il place le groupe au premier rang mondial dans le domaine de l’immunologie. Toutes les autres divisions ont également échoué, permettant au résultat net par action de gagner 15,5 %. Au-delà de ces chiffres, nous avons mené une politique d’investissement soutenue en consacrant 6,4 milliards au rachat de biotechs. Cela a été aussi l’année qu’un permis de poursuivre les miracles de la science. »

Le président est ensuite après la performance boursière de Sanofi : « L’action, après le 2 janvier, a augmenté de 13,3% contre une baisse de 9,9% du Cac 40 et une quasi-stabilisation des pharmaceutiques européennes et américaines. Ce qui montre que Sanofi a réussi à se décoreller du marché ».

Pas moins de 5,7 milliards ont, par ailleurs été dépensés en R&D.

C’est au tour du directeur général, le britannique Paul Hudson. Il a été lancé pendant quelques minutes en français, un effort applaudit l’assemblée, pour expliquer le nouveau logo du groupe, qui rend hommage au passé et reflète la cellule de Sanofi en 1973.

Il revient sur son plan stratégique « Play to win », estimant tout d’abord que le laboratoire est bien parti pour atteindre ses objectifs pour l’année en cours. 2022 sera une année d’inflexion avant une nouvelle ère en 2023 qui sera marquée par le lancement de plus d’innovateurs et de transformateurs médicaux.

Les ambitions du plan “Jouer pour gagner”

Les trois piliers de la stratégie sont expliqués : un chiffre d’affaires de 13 milliards en vitesse de croisière pour Dupixent mais ” qui pourrait n’être qu’une étape » précise-t-il, « Au-delà de Dupixent, nous visions une multiplication par quatre des revenus en immunologie d’ici à 2030 avec 13 médicaments transformateurs. » Le doublement des ventes de la division vaccins d’ici la fin de la décennie est confirmé, sachant que sur 10 nouveaux vaccins que devraient voir le jour d’ici 2025, six seront basés sur l’ARN messager. Disposer enfin d’un portefeuille de 90 projets de premier plan essentiellement en immunologie, neurologie et vaccins faisant également partie des grands axes du plan.

L’intervention suivante de John Reed, le directeur monde de la recherche, reçoit également des applaudissements nourris. A rapporté que 7 études cliniques sont positives en 2021, Sanofi a obtenu 8 approbations majeures et 28 désignations “fast track”.

Dix nouvelles molécules sont entrées en phase clinique dans la recherche interne l’année dernière. C’est inédit.

John Reed a détaillé ensuite quels sont les médicaments sur lesquels il fonde de gros espoirs : un trait de la bronchite pulmonaire obstructive (BPCO), un contre le rejet de greffon contre l’hôte (rezinock) médical, un trait des épisodes hémorragiques de l’hémophilie A (efanesoctocog) et dans les maladies rares, xenpozyme contre les surcharges lysocomales et fin le vaccin Nirsuvimab.

Après la synthèse des engagements RSE de l’entreprise par Sandrine Bouttier-Streff, la parole est au directeur financier, Jean-Baptiste de Chatillon, qui détaille les comptes et s’estime très confiant dans l’atteinte de l’objectif de réaliser 2, 5 milliards d’économie de coûts d’ici 2022. Le retour sur la situation financière trois solides de Sanofi, où la génération de cash-flow libre a doublé après 2018 pour atteindre 8 milliards, et dont les fonds propres s’établissent à 69 millions euros pour 10 millions de dettes nettes.

Les salaires des administrateurs sont détaillés. Concernant celle de Paul Hudson pour la partie fixe soumise au vote, elle passera de 1,3 million à 1,4 million à partir de 2022.

Au titre de 2021 (vote ex-post), le variable est de 2,31 millions d’euros contre 2,21 au titre de 2020. D’un montant de 1,3 million, le montant total est également de 3,61 millions et une progression de 2,7% pour le rapport à l’ année précédente.

Le fameux « Golden Hello », l’indemnité de prise de fonction versée en deux tranches en cash, représente 2,2 millions de versés en 2021 et à peu près 2 millions de versés en 2022.

Le renouvellement des mandats de quatre administrateurs, dont le directeur général Paul Hudson, Christophe Babule, directeur financier de L’Oréal, Patrick Kron et Gilles Schnep, président de Danone, a fait l’objet de commentaires appropriés.

Trois nouveaux administrateurs en renforcement (ou remplacement de membres partants) du conseil sont présentés depuis longtemps. Il s’agit de Carole Ferrand, directrice financière chez Capgemini, d’Emile Voest, Docteur en médecine et administrateur du Cancer Core Europe, et d’Antoine Yver, Docteur en médecine et chef du développement médical de Centessa Pharmaceuticals, Inc. (États -Unis). Il conseille comptera 16 membres à l’issue de l’AG.

Présentation d’Euroapi

Jean-Baptiste de Chatillon explique ensuite comment sera réalisée l’entrée en Bourse de la division de production d’Euroapi. Les stocknaires de Sanofi ont reçu une action Euroapi pour 23 actions Sanofi, sous forme d’un dividende complémentaire. La distribution aura lieu le 10 mai, soit 4 jours après la première du groupe à la Bourse.

L’Europe est le meilleur fabricant au monde de principes actifs pharmaceutiques (comprenant les petites molécules de synthèses et les molécules brutes qui leur disent peptides et oligonucléotides). Le groupe vise un chiffre d’affaires d’environ un milliard en 2022.

L’Etat français exige l’acquisition de 12% du capital pour un montant maximum de 150 millions d’euros. Sanofi conserve 30% du capital de l’Europe, le laboratoire représente 49% des facturations de la société de production médicale en 2021.

Ouverture de la séance de questions/réponses.

Interrogé sur les salaires exorbitants que j’incarnais Paul Hudson, Serge Weinberg a répondu : « Nous avions le devoir de recruter le meilleur sur le marché mondial de la direction d’entreprises pharmaceutiques très compétitif. C’est aujourd’hui le moins payé des DG du marché. Seul celui du directeur de Bayer est en alors dessous que leur performance est loin d’égaler celle de Sanofi. »

Sur le sujet de la dépakine, le président a répondu qu’il était très complexe avec une multitude de procédures au civil, au pénal, aux tribunaux administratifs et en class action. « Dans le droit français, il n’y a aucune possibilité d’avoir un accord comme dans le droit américain » at-il précisé, « les procédures se poursuivent et le produit continue d’être prescrit à certains patients atteints d’épilepsie qui en ont vraiment kissin ».

Interpellé par le vaccin contre le covid qui n’est jamais revenu à l’époque, l’un des experts du leader mondial de la vaccination, Serge Weinberg, a reconnu qu’il est désormais extrêmement austère. « Nous avons compris que nous étions éloignés sur l’ARN messagera ajouté Paul Hudson. Par ailleurs, notre plateforme vaccinale contre la grippe est à trois lentilles. Il faut 5 ans pour développer un vaccin recombinant plus classique. C’est déjà un miracle que nous soyons arrivés à mettre au point un booster universel avec une très forte réponse immunitaire et que peut être conservé à température ambiante. Il se trouve dans la salle d’examen de l’EMA et peut être utilisé automatiquement si un rappel est nécessaire. »

Serge Weinberg a dit par ailleurs que le prix du vaccin de Sanofi était de moitié inférieur à celui du vaccin américain de Pfizer. Ce ne sont pas les plus privés pour indiquer que le monopole temporaire ne se reflète pas dans la valorisation du laboratoire américain…

Passage au vote : toutes les résolutions ont été largement adoptées.


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