Joel Embiid avec les Bleus : six questions pour une naturalisation intrigante

Un dossier qui apporte, enfin, le souffle d’une bombe. Lundi soir, le panier français est là se coucher avec des rêves et des interrogations plein la tête. RMC Sport annonce que Joël Embiid a lancé les démarches administratives pour obtenir la nationalité française, débouchant sur une participation aux grandes compétitions (Coupe du monde 2023, JO 2024) avec l’équipe de France. L’hypothèse avait déjà fait son chemin en 2018, avant de retomber comme un soufflé.

Plus récemment, les intentions du pivot des Philadelphie 76ers, actuellement en plein play-offs, semblent plus concrètes, comme l’a confirmé le manager des Blues Boris Diaw. Le fantasme de disposer d’un des meilleurs joueurs du monde avec la tunique tricolore pourrait donc voir le jour, si les procédures aboutissent, et si les contacts entre le joueur et l’encadrement de la sélection restent dans le positif. Beaucoup de si, et au moins autant de questionnements pour ce qui pourrait emmener les vice-champions Olympiques dans une autre dimension.

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Joel Embiid peut-il un jour jouer avec l’équipe de France ?

Oui, tout cas ne l’empêche pas de parler réglementairement. Si le pivot camerounais obtient bien la nationalité française, Embiid sera disponible pour jouer avec la sélection tricolore. L’intérieur n’a encore n’a jamais évolué avec une sélection nationale. Son pays natal, le Cameroun, le drague depuis plusieurs années et espérait en faire une tête de gondole pour sa sélection, et plus largement pour le panier africain. Le joueur lui-même a dit en 2018, date des premières rumeurs sur son choix d’équipe nationale, “Je veux jouer pour mon pays“.”S’il y a un choix à faire, ce sera le Cameroun en avant-première, c’est déjà un homme bon, il parait que c’est ce qui s’en vient“Clamait-il à BasketUSA. L’événement de rejoindre Team USA existe aussi, lui que pourrait bénéficier d’un passeport pour avoir vécu sur le territoire depuis plusieurs années.

La Fédération internationale de basketball autorise une sélection chaque pour aligner un joueur naturalisé en compétition officielle.

Quels sont les liens entre Joël Embiid et la France ?

A ce jour, ils restent plutôt hachés. Le natif de Yaoundé n’a jamais joué dans l’Hexagone, que ce soit en professionnels, ou durant sa formation. L’INSEP aurait pu accueillir Embiid dans sa jeunesse, mais le joueur avait finalement pris la direction des États-Unis à l’âge de 16 ans. Le pivot parle français et a de la famille en France. “Il aime la France» Avait assuré le président de la Fédération française de basket, Jean-Pierre Siutat, en 2018. Preuve en este, les premières discussions entre la FFBB et le All-Star de Phily remontant à 2016 avait précisé Patrick Beesley, l’ancien DTN du basket français.

Pourquoi cette naturalisation fait débat ?

La question même des joueurs évoluant avec des passeports obtenus en cours de carrière fait jaser après depuis de nombreuses années dans le panier européen. De sélections de noms, j’ai bénéficié de la réglementation pour aligner des joueurs qui, pour certains, n’avaient jamais mis les pieds dans le pays en question avant d’en porter les couleurs. Meneur Bo McCalebb avait la Macédoine en demi-finale de l’Euro 2011, même si la sélection n’avait jamais mieux que le tour principal de la compétition. La Slovénie a décroché le titre 2017 à la surprise générale avec dans ses rangs l’Américain Anthony Randolph. L’ex-joueur NBA avait obtenu son passeport quelques semaines seulement avant la compétition”pour avoir plus d’exposition dans un tournoi majeur” avait-il expliqué à The Undefeated.

L’équipe de France avait d’ailleurs longtemps déploré de tomber sur l’Espagne complétée par l’intérieur congolais Serge Ibaka, puis par Nikola Mirotic, d’origine monténégrine, dans les années 2010.

Serge Ibaka avec l’équipe d’Espagne, contre l’équipe de France de Florent Pietrus, a eu un match amical le 10 juillet 2012

Crédit : Getty Images

Qu’en ont pensé les joueurs de l’équipe de France ?

S’il venait compléter l’effet de Vincent Collet, le premier qui a été présenté à Joël Embiid serait la cellule de leur intégration. Ils sont cas est loin de faire l’unanimité dans les rangs des doubles médaillés de bronze mondiaux. En 2018 déjà, les réticences s’étaient déjà largement fait entendre. Florilège :

Pour moi, jouer pour un pays avec lequel tu n’as pas d’attaches, c’est dérangeant. Ça me dérange quand les autres sélections le font, c’est donc valable pour les Bleus.” Evan Fournier

Dans les fédérations, on travaille dur pour faire travailler les jeunes par exemple et je trouve que ça manque un peu d’authenticité quand tu fais des trucs comme ça. En équipe nationale, il faudrait jouer avec les joueurs du pays, qui ont grandi là-bas.” Tony Parker, à l’Equipe

Je suis contre les naturalisés.Nicolas Batum

Quatre ans plus tard, les langues sont tout autant déliées. Si Evan Fournier, jamais au courant de ses opinions, réclamait un peu de patience pour avoir son avis à son retour de vacances, d’autres joueurs ont emboîté le pas du scepticisme.

J’ai invité de la première équipe, le meneur Andrew Albicy n’a pas masqué son avis. “Je parle en mon nom mais je pense qu’il y a beaucoup de gens dans l’équipe qui pense pareil : on n’aimerait pas qu’Embiid come dans l’équipe parce qu’il ne représente pas la France, “notre France” . Il n’a pas été formé en France, il n’a rien de français à part de la famille et le fait qu’il parle français. […] On peut aller vraiment loin avec cette équipe sans avoir besoin d’aller chercher un Américain, un Camerounais ou un autre pour décrocher le titre mondial.

En bon capitaine, Nicolas Batum était monté plus mesuré. Le joueur des Los Angeles Clippers malgré le pour et le contre dans les colonnes de L’Equipe. “Je peux comprendre que cela dérange éthiquement, mais d’un point de vue basket… Je me mets des deux côtés : joueur-capitaine, mais aussi fan ! Et une raquette Embiid-Gobert, putain ! Donc voilà, éthiquement, je comprends, plus de “baskettement”…“Tout en ajoutant une condition sine qua non :”Il faut que le groupe soit ok.“Ce, alors qu’un des joueurs présents lors des dernières campagnes comme Guerschon Yabusele ou Amath M’Baye pourraient devoir laisser leur place, et Rudy Gobert voir son rôle amoindri.”Le respect pour Rudy, il est où ? Et les autres qui font des sacrifices tous les étés pour l’équipe de France ?” s’était interrogé (insurgé ?) Evan Fournier en 2018.

Qu’est-ce que Joel Embiid pourrait apporter aux Bleus ?

Sans vouloir renier la glorieuse histoire de la balle orange bleu-blanc-rouge, l’hypothèse de voir Joel Embiid sous le maillot tricolore a de quoi faire salive so much le talent du joueur est énorme. Jamais les Bleus n’ont compté un joueur d’un tel niveau dans leurs rangs, d’un MVP calibre NBA et meilleur marqueur de la saison (30.6 points par match).

Dans une équipe dans laquelle la marque est surtout alimentée par ses lignes arrières, avec Evan Fournier en fer de lance, l’apport d’Embiid près du cercle offirait des options offensives dont rêveraient n’importent quelle sélection. Technique, qualité de tir, puissance, intelligence de jeu… Le joueur de 28 ans est un spécimen rare.

S’il s’est avéré à évalué pour l’équipe de France, son utilisation deviendra néanmoins plus épineuse qu’il n’y paraît. Embiid a évolué au même poste Rudy Gobert, clé de voûte de la sélection depuis plusieurs années et sa plus belle carte de visite individuelle. Si les deux joueurs ont un style très différent, les faire cohabiter pourraient poser des problèmes d’espace sur le parquet, tout comme de mobilité dans un panier qui tend de plus en plus vers des cinq plus petits.

Rudy Gobert (Utah Jazz) et Joel Embiid (Philadelphie 76ers), futurs coéquipiers chez les Blues ?

Crédit : Getty Images

Serait-ce une première pour l’équipe de France ?

Avec l’affaire Embiid, certains refusent de procéder aux mêmes stratagèmes dont bien d’autres nations ont profité ces dernières années. C’est aussi un peu vite oublier que la situation du pivot des Sixers est loin d’être inédite. L’équipe de France s’appuie régulièrement sur des joueurs naturalisés après l’année 1970 et les changements de loi quant aux nationalités, mais aussi des règlements du basket international.

Du pionnier togolais Firmin Onissah en 1973 à Joakim Noah (qui a déjà participé à l’Euro 2011), les Bleus ont eux aussi bénéficié de ces doubles passeports. Et certains noms comme Appolo Faye ou le médaillé d’argent de Sydney 2000 Crawford Palmer ont trouvé une vraie place dans l’histoire de la sélection française. Dernièrement, les évolutions du dossier Joël Embiid ont poussé la FFBB à créer le morceau Youssoupha Fall, finalement plébiscité par l’actuel gérant de l’ASVEL avait évolué avec les sélections jeunes du Sénégal.

L’équipe de France féminine elle aussi bénéficie de la naturalisation, des Américaines Bria Hartley ou Gabby Williams, des Américaines aux racines françaises, ou de la Béninoise Isabelle Yacoubou. Sans que le sujet ne se divise autant. C’est aussi ça l’effet Joel Embiid.

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