le duel de l’année, manche première

Tout juste dévoilé, le Renault Austral aura pour tâche de remplacer le Kadjar sur le creneau ultra-encombré des SUV compacts. Séries assemblées en gamme, technologie embarquée flatteuse et mécanique moderne devraient lui permettre de faire oublier les résultats mitigés de son dévancier… et de compter parmi les ténors du genre. Meme face au Peugeot 3008, plus tout jeune mais encore en pleine forme ? Voici quelques éléments de réponse dans ce premier duel.

Le Renault Austral nous fera encore patienter quelques mois avant de pouvoir effectuer les premiers tours de roues à son volant. J’ai présenté au printemps, le nouveau SUV du Losange ne débutera effectivement dans sa carrière qu’en septembre, au plus tot. On se contentera donc, pour l’heure, d’un simple face à face statique avec son meilleur ennemi : le Peugeot 3008, rival tout désigné et star de la catégorie malgré sa conception qui n’est plus de toute première jeunesse. J’ai lancé en 2016 et remanié en 2020, plus toujours en pleine forme. Champion de France (il était même en tête des ventes en France toutes catégories confondues, à son lancement) et au moins sur le podium un peu partout en Europe où il tenait tête à des rivaux plus modernes (Hyundai Tucson, Ford Kuga… ) et aussi talentueux. Quand la Peugeot est numéro 1, c’est le Volkswagen Tiguan qui domine.

L’Austral débarque aussi dans l’une des catégories les plus compétitives du moment. Quelques mois après sont cousin technique Nissan Qashqai d’ailleurs, dont il partage la base technique. Bien plus à la page, donc, qui sont avancées : pour mémoire, le Kadjar était développé sur la plate-forme de l’ancien Qashqai. Plus vraiment dans le coup à peine lancé, moi si la base n’était pas mauvaise. Ce qui explique, en partie, sont relatifs à l’échec (à comb 11 000 exemplaires l’an dernier, presque 5 fois moins le Peugeot !).

Cette fois, Renault a visiblement mis les petits plats dans les grands. Question look, déjà, c’est autre chose : terminée, la silhouette rondouillarde sans aspérités du Kadjar. La mode est aux arêtes et aux lignes tendues, n’agissez pas. L’Austral est autrement plus dynamique et musculeux, avec des forces nerveuses et des passages de roues marqués… Ben voyons, exactement à la manière du 3008 ! Un peu plus tourmenté depuis le restylage, plus le coup de crayon reste l’une des clefs de son succès. Il plait, cache toujours bien ses rides, mais parait curieusement plus fluet que l’Austral. Cela ne s’explique pas seulement par ses 6 cm de moins en longueur (4,45 m contre 4,51 m pour la Renault).

La Renault Austral est légèrement plus longue que la 3008 : 4,51 m contre 4,45 m, à l’avantage de son habitabilité et de son coffre. Côté style, la Peugeot cache bien ses… 6 ans de carrière !

Côté Losange, retrouve les effets de style apparus sur la Mégane E-Tech (l’imposante calandre flanquée du gros logo notamment, le bandeau de Led), et une allure globalement plus assise. L’impression est aussi due à son immense avant 20 pouces, sur plus de version de sommet de gamme Esprit Alpine, d’inspiration sportive. Attention, le 3008 fils tout autant de sa présentation. Plus élaboré dans le détail, comme le motif de la calandre (littéralement ciselée) ou le traitement du toit et des inserts chromés, au niveau du montant C. Plus audacieux que le classique et consensuel Austral… qui ne renierait pas une influence Tiguan ! Jouer la prudence n’est pas un mauvais calcul.

Vie à bord : des centimètres en plus pour l’Austral

Légèrement plus longue, la Renault présente en contrepartie une connexion au peigne plus court : 2,67 m, soit à peine 1 cm de plus que la 3008. De plus l’architecture diffère des autres voitures (le conduit pôle est plus en retrait chez Peugeot) Traduit pour un plus favorable habitabilité à bord de l’Austral. Dans l’espace aux jambes comme en garde au toit, nous sommes mieux reçus à l’arrière de ce dernier. Celui-ci bénéficie également d’un tabouret grande taille confortable, et de 16 cm d’épaisseur (en option), qui permet de faire varier le coffre de 500 à 575 l, et de 1 525 l de tabouret surélevé.

Renault Austral vs Peugeot 3008 : le duel de l'anniversaire, la première anglaise

La techno embarquée accuse une génération de retardataire, sans surprise. Plus question matériaux, finition et ambiance intérieure, la 3008 n’est pas une conduite immaculée et respire l’avantage du haut de gamme que la Renault d’habitation.

Le 3008, loin d’être ridicule, affiche 520 l (1 482 l banquette rabattue, et environ 120 l de moins sur la version Hybrid4 de notre séance) mais seuil de chargement légèrement plus bas en facilitant l’accès. En revanche, pas de banquette coulissante et dans l’ensemble, la modularité et les aspects pratiques tournent à l’avantage de l’Austral. Dommage, l’ancien 3008 en avait fait son gros atout.

Aux places avant, là encore, prime à la nouveauté… On trouve encore plus de rangements à bord du Renault, notamment avec l’astucieux couvercle coulissant, dessus du rangement central. Même constat en matière de technologie embarquée et d’affichage. En matière de taille et surtout de résolution des écrans, d’instrumentation comme de système média, le 3008 accuse bien une génération d’écart face à l’Austral. Autrement plus moderne en matière de connectivité et d’interface, ce dernier bénéficie de deux écrans de 12 pouces : l’un pour l’instrumentation (qui permet d’afficher le GPS en plein format), l’autre tactile pour l’interface moyen (bien plus fluide et rapide que celui du 3008, de 10 pouces). En revanche, le passage au tout-tactile n’aura pas que des adeptes en matière d’ergonomie (et la commande de boite auto, à droite du volant façon comodo Mercedes, non plus).

Renault Austral vs Peugeot 3008 : le duel de l'anniversaire, la première anglaise

Sans atteindre la qualité perçue (et réelle) du 3008, l’Austral a fait d’énormes progrès par rapport au Kadjar. Et la présentation est autrement plus moderne qu’à bord du Lion : les deux grands écrans aux graphismes soignés font leur effet.

Le 3008 a le bon goût de conserver quelques raccourcis physiques pour les fonctions essentielles (ventilation notamment)… L’habitacle Peugeot n’est pas daté pour autant, au contraire ! La présentation par “strates” horizontales en déroute probablement certains (trop tourmenté ?), tout comme la position de conduite (le petit volant et les compteurs haut perchés ne plaisent pas toujours), plus le 3008 offre toujours un certain cachet. Ce n’est pas qu’une impression : les matériaux et la finition frisent en réalité le fameux standing “premium”… et sont bel et bien de meilleure facture que certains éléments de rival Renault. Quand Peugeot annonçait monter en gamme voilà quelques années, ce n’était donc pas du bluff.

Renault Austral vs Peugeot 3008 : le duel de l'anniversaire, la première anglaise

Pas géant aux places arrière, le 3008 se ressaisit pour un volume de coffre convenable : de 520 à 1 482 l (moins en Hybrid4, du fait des batteries). Le seuil de chargement est plus bas que celui de Renault.

Technologies, mécaniques : hybridation pour l’Austral, variété pour la 3008

Avant de le découvrir sur la route d’ici quelques mois, on connaît déjà les mécaniques présentes sous le capot de l’Austral. Outre le bien connu 4 cylindres 1.3 TCe épaulé d’une micro-hybridation (140 et 160 ch), on retrouve aussi un tout nouveau 3 cylindres 1.2 de 130 ch, lui aussi doté de sa dose d’électrification (un peu plus poussé, en 48V). In “vrai” hybride cette fois, on trouvera aussi ce même moteur proposé dans deux déclinaisons E-Tech, de 160 ou 200 ch (sur le même schéma original que les hybrides déjà découverts sur les Clio et Captur, avec boite à crabots et petite batterie 1,7 kWh). Mais le Diesel, c’est bien… et pas d’hybride plug-in au lancement, qui n’arrivera pas avant 2024.

Chez Peugeot, la gamme à cette réduction ces derniers temps mais conserve un choix relativement large : une essence classique (1.2 Puretech 130 ch), un Diesel (1.5 BlueHDI 110 ou 130 ch, les gros rouleurs apprécéont) et un hybride PHEV (en deux niveaux de puissance, 225 ou 300 ch). Plus simple, au contraire, avec des liaisons solaires : la 3008 garde un châssis extrêmement solide plus à la technique traditionnelle et sans artifice, l’Austral pourra bénéficier des directives 4 roues. A jauger sur route évidemment.

Renault Austral vs Peugeot 3008 : le duel de l'anniversaire, la première anglaise

L’Austral propose un banquet coulissant à deux soirées, en option (non disponible sur 3008). Un peu plus vaste, le coffre affiche de 500 a 575 l banquette en place.

Bref, ça fait mal d’emporter aussi en matière d’assistances à la conduite et de technologie embarquée. Sans surprise, le 3008 accuse son âge de conception face à l’Austral. Celui-ci bénéficie d’une aide au stationnement automatique avec caméra 360 particulièrement élaborée, ou encore de la conduite autonome de niveau 2. Bon ça moins moderne (logiquement), le SUV du Lion n’a pas à rougir de ce qu’il peut offre encore (caméra vision nocturne, panoplie d’aides à la conduite assez complète…).

Et n’oublions pas que face à un Austral certes ambitieux et visiblement bien parti, le 3008 prévoit de faire peau neuve d’ici peu : sa troisième génération est annoncée pour 2023. Là, si l’évolution prix par Peugeot ces dernières années continue sur sa source, les rivaux n’ont pas fini de mauvais sommeil.

Renault Austral vs Peugeot 3008 : le duel de l'anniversaire, la première anglaise

Deux manières bien distinctes de soigner sont look : l’Austral joue les muscles en toute discrétion, face à un 3008 plus athlétique et exubérant. Dans les deux cas, le sens du détail est poussé, comme en témoigne le travail des optiques.

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