EDF attend un accord dans les prochains mois

Plus de dix ans après les premiers pourparlers, EDF veut accélérer la cadence en Inde. Et espère parvenir à un accord « dans les prochains mois » pour la construction de six réacteurs EPR sur le site de Jaitapur, dans l’ouest du pays, a fait valoir un porte-parole ce jeudi 5 mai. Pour rappel, il y a tout juste un an, L’électricité tricolore laisse désormais une « offre technico-commerciale engageante française » à l’exploitant nucléaire indien NPCIL, une étape cruciale voir le lancement du ce qui devrait être la centrale » le plus puissant du monde ».

Cette confirmation d’une progression des discussions, initialement rapportée par BFMTV, est intervenue en tête d’une visite en France du Premier ministre indien, Narendra Modi, reçu le 4 mai à l’Elysée.

La France reste en salle d’attente pour des contrats majeurs en Inde (armement, nucléaire)

Les deux pays souhaitent en effet le « Partenariat stratégique franco-indien, notamment dans l’espace Indopacifique » et jentensifier les contacts au cours des mois à venir pour réaliser de nouveaux progrès » sur le projet EPR de Jaitapur.

Nucléaire : EDF se relance en Inde

Un dossier de formations longues

Jusqu’ici, le dossier avait pourtant piétiné. J’ai lancé pour Areva en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il avait été repris en mains par EDF après la faillite de son concurrent. plus là la catastrophe japonaise de Fukushima en 2011 et avait mis un coup d’arrêt, comme à d’autres grands projets nucléaires.

Dans un contexte plus favorable, s’y sont ajoutés les multiples enjeux de l’EPR, cette technologie est lancée depuis maintenant trente ans et a été un temps présentée avec le fleuron de la filière française de l’atome civil. En effet, dès le premier chantier d’EPR, j’ai lancé pour Areva en 2005 à Olkiluoto (Finlande), contretemps et dérapages budgétaires s’étaient supprimés. Et le deuxième n’avait pas fait mieux : l’EPR de Flamanville (Manche) en France, en travaux depuis 2007, avait multiplié les déconvenues, à cause notamment d’anomalies découvertes sur la composition de l’acier du couvercle et du fond de la cuve

Ce méga-contrat en Inde pourrait donc permettre à EDF de renouer avec l’espoir de relancer la vente de ces réacteurs à l’étranger, en complément de la relance sur le territoire français prévue par Emmanuel Macron. D’autant qu’iil s’agirait de la plus grosse atomique civile infrastructure au monde, avec une puissance installée de 9 600 mégawatts – de quoi alimentait 70 millions de foyers. Et ce n’est pas tout : EDF ne se positionnerait qu’en fournisseur de solution, plutôt qu’en constructeur ou exploitant. Ce qui limitait considérablement les risques pour le géant français.

« C’est un moyen de vendre un EPR sans supporter les risques liés à la construction », indiquait-il ya un Nicolas Goldberg, Senior Manager Energie chez Colombus Consulting.

En Inde, EDF en route pour construire 6 EPR d’un coup… soit la más grande centrale nucléaire au monde

Résistance locale (risques sismiques, décharges nucléaires…)

Néanmoins, ce projet fait l’objet d’oppositions locales depuis des années. Les critiques portent notamment sur le risque d’événements sismiques dans l’Etat du Maharashtra, ou constaté à Jaitapur, mais aussi sur les conséquences pour la pêche locale de l’évacuation des déchets nucléaires.

De son côté, EDF préfère mettre l’accent sur les bienfaits sociaux, estimant que la construction du site donnera un emploi à des dizaines de milliers de personnes sur place.

« Le projet général et les importantes reprises économiques de la filière nucléaire française sur la durée du projet – environ 15 ans -, avec la création de plus de 10 millions de dizaines de milliers d’emplois au sein d’une centaine d’entreprises »indiquait le groupe en 2021.

Nucléaire : EDF n’a pas rendu sa copie sur le rendement pour construire 14 nouveaux EPR

La santé financière d’EDF inquiète

La France aussi mise davantage sur l’atome pour l’avenir, Emmanuel Macron ayant annoncé en février dernier la construction de six nouveaux réacteurs en France pour une mise en service à partir de 2035. Une mission, Couplée au prolongement maximal du parc, qui incombera à FED.

La flambée des prix de l’électricité, qui s’est fait connaître en Europe après de nombreux mois de plus, a obtenu l’autorisation d’EDF d’augmenter le nombre d’affaires au cours de son premier trimestre. De 22 millions d’euros déjà par an, celui-ci bondi à 35,6 millions d’euros début 2022, grâce à la hausse de 4 % du tarif réglementé de vente (TRV) au 1er février. Mais les bonnes nouvelles s’arrêtent là : l’impact de cette hausse de l’activité sera en fait ” limite “ sur are Ebitda (benefits avant intérêts, taxes, compensation et amortissement) 2022, à prévenir le groupe mercredi 4 mai.

Energie : les comptes d’EDF toujours leadés por l’anomalie touchant le parc nucléaire

Car l’effet d’aubaine dont il aurait pu profiter a été rapidement bridé par les pouvoirs publics : le gouvernement lui impose désormais d’augmenter de 20 % la production qu’il devra vendre à prix cassé à ses concurrentes en 2022, via le dispositif de l’Arenh, afin de contenir les factures des consommateurs. Un dispositif vivant combattu par le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui a celui-ci devrait lui «coûter» 10 millions d’euros de manque à gagner sur l’année.

Les résultats trimestriels du groupe n’ont d’ailleurs pas rassuré les marchés. L’action d’EDF est effective contre 2,47% crédités le 4 mai, du fait que la perspective d’un déficit général dont les raisons restent inconnues. Une minuscule fissure récemment identifiée dans trois de ses réacteurs de palier différents l’oblige à baisser drastiquement sa production, et par là-même à racheter les électrons manquants à prix d’or sur le marché.

De quoi amputer EDF de 14 milliards d’euros en 2022, à faire valoir lors d’un appel avec des analystes le directeur financier du groupe, Xavier Girre. Un certificat mineur d’une valeur de 16 millions d’euros est estimé le 14 mars, soit plus que ce colossal. D’autant que le problème pourrait durer, puisque les causes de cette anomalie sans précédent restant inconnues, et sur sur son éventuelle présence dans l’ensemble du parc.

EDF réformateur pour financer la relance du nucléaire : Paris se prépare en urgence avec un plan pour Bruxelles

(Avec AFP)