Pourquoi Transilien SNCF recrute-t-il 600 personnes cette année ?

En 2022, Transilien embauche par wagons entiers. En tout, « 600 agents et agents ont été recrutés par SNCF Voyageurs chez Transilien SNCF », indique le communiqué de l’entreprise. Dans le détail, on recherche « 200 conducteurs et conducteurs de train et tram-train, 150 commerciaux et commerciaux en gare, 150 techniciennes et techniciennes de maintenance des trains et agents-agents de manœuvre des trains, 40 agents et agents de production et 60 cadres “. Et si certains postes exigent un niveau CAP/BEP ou Bac+2, ils ne nécessitent pas de diplôme privé.

Pour Transilien SNCF, ce volume d’embauche s’explique par « des ambitions d’améliorations constantes des services aux voyageurs ». Plus précisément, dans son contrat 2020-2023 avec Ile-de-France Mobilités, Transilien est jugé sur deux indicateurs principaux, la ponctualité et la qualité et l’offre de service. Il doit donc faire en sorte de disposer de suffisamment de personnels pour répondre à ces indicateurs. De manière plus conjoncturelle, de nouveaux agents(e)s sont requis pour « la préparation de la mise en service d’EOLE, le prolongement à l’ouest de la ligne du RER E », indique Transilien. C’est également le cas pour le renouvellement des matériels roulants « nécessaires aux forces en compétences techniques » et le « rendez-vous en place de la nouvelle offre de services Transilien SNCF dans les gares d’Ile-de-France ».

Fermer des guichets pour mieux embaucher

Or cette nouvelle offre de services, qui a suscité une intense mobilisation syndicale au début de l’année, prévient la fermeture de nombreux guichets en Ile-de-France, 133 selon le syndicat SUD-Rail. Et de l’autre côté, on embauche, 150 commerciaux en gare ? « Ce n’est pas du tout contradictoire, assure Transilien. Les agents dont les guichets sont supprimés intégrésont des équipes mobiles effectueront maisont le même travail. Et nous avons besoin de nouveaux agents pour améliorer le service. »

Évidemment, côté syndical, ce n’est pas la même chanson. Selon SUD-Rail, la réorganisation des services dans les gares doit aller jusqu’à la suppression de 338 postes, chiffres démentis par Transilien. Pour Fabien Villedieu, chef de train et représentant de SUD-Rail au conseil d’administration de la SNCF, il explique avoir endommagé les suppressions de poteaux, “il manque du monde”. “Le mode de fonctionnement normal qui manque aux commerçants avec 100 à 200 postes ne tient pas que Transilien essaie de compléter avec sa réorganisation”, plaide le syndicaliste. Il dénonce également «beaucoup de chiffres d’affaires et de démissions» consécutifs à la nouvelle offre de services.

En revanche, Fabien Villedieu considère que le volume des embauches chez les conducteurs et techniciens est lié à la disparition du statut des nouveaux entrants. « Le statut et la retraite à 50 ans, c’était la carotte que faisait malgré les horaires décalés et le travail pendant les vacances, estime-t-il. C’était un levier d’attractivité et de fidélisation qui n’existe plus. Et aujourd’hui on a du mal à recruter et il y a beaucoup plus de démissions qu’il faut remplacer. » Il s’inquiète également des conséquences de ce chiffre d’affaires. « Si un conducteur formé et rémunéré par la SNCF pendant un an, démissionne au bout de deux-trois ans, c’est une catastrophe économique. »

Transilien SNCF est beaucoup moins alarmiste. « La fin des recrutements au statut et semble pas avoir affecté l’attractivité des métiers au sein de la SNCF, que continue de générer des flux réguliers de candidatures », assure-t-il. Il vante « un package (rémunération/avantages) qui reste attractif ». Pour le militant SUD, le salaire net d’un chauffeur tourne autour de 1 900 euros (primes) et n’est pas jugé attractif. On saura néanmoins dès la fin de l’année si la SNCF, malgré la fin du statut, est encore attractif et si elle a réussi à trouver ses 600 nouveaux agent(e)s.

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