Bienvenue à la coupe d’Europe d’Afrique du Sud de rugby

La saison prochaine, trois franchises sud-africaines se disputaient la Champions Cup. Au détriment des provinces galloise et écossaise. Au risque d’user un peu plus les joueurs et de détourner les fidèles.

La saison prochaine, en Champions Cup, aura donc déjà, potentiellement, une affiche Stormers-Stade Toulousain, Bulls-Montpellier ou Sharks-Bordeaux. Pour ceux qui n’avaient pas suivi, l’ancien Pro 14, lui-même ex-Ligue celte, est désormais le United Rugby Championship en intégrant quatre franchises sud-africaines aux côtés des provinces irlandaises, galloises et écossaises, sans oublier les deux italiens clubs.

Un melting-pot avec 16 équipes qui rendront un verdict prochainement. De plus, à un jour de la fin, il est abandonné ici par les Sharks (actuellement 3et), les Stormer (4et) et les Bulls (6et) terminant parmi les huit premiers, qualifiés pour la «grande» coupe d’Europe (seule la franchise des Lions, 11et, ne franchira pas le coupé). Il y aura donc des affiches contre des adversaires sud-africains la saison prochaine.

Avec un seul représentant, Écossais et Gallois vont marquer le pas, régresser.

La mondialisation version ballon ovale. Avec ses victimes et ses dommages. Les victimes sont déjà connues. Il n’y aura qu’une province galloise en Champions Cup la saison prochaine (les Scarlets ou les Ospreys). Une seule équipe écossaise également (le vainqueur de la confrontation brûlante entre Glasgow et Edimbourg lors de l’ultime journée). Et, à nouveau, plus aucun représentant Italien. Si l’Irlande s’en sort bien dans les qualifications de ses trois provinces-phares (Leinster, Munster, Ulster), Le Connacht est aussi une victime collatérale.

C’est évidemment une mauvaise nouvelle pour le rugby européen. La coupe d’Europe est l’échelon intermédiaire entre les compétitions nationales et les cellules de sélections nationales. Avec un seul représentant, Écossais et Gallois vont marquer le pas, régresser. Quant à l’Italie, elle a perdu toute perspective de progression. Dans le même temps, le rugby sud-africain va en profiter, lui, pour se renforcer un peu plus. Il est également possible d’évoquer la frustration, voire le sentiment d’injustice, que peut nuir des équipes géorgiennes, espagnoles ou portugaises dont le sort, une promotion au moins en Challenge Cup par exemple, n’a meme pas été évoqué.

Douze heures de vol, du temps en moins pour la récupération

Dommable pour les nations européennes. Et fort préoccupant pour les joueurs concernés. Dans des saisons à rallonges, sans temps mort, où les corps sont de plus en plus sollicités, les blessures de plus en plus fréquentes, ils vont accumuler un peu plus de fatigue encore. Certes, et c’est l’argument le plus avant par l’EPCR, l’organisateur de ce tournoi qui n’a plus grand-chose d’européen, et la fédération sud-africaine, il n’y a pas de décalage horaire. C’est encore heureux. Il existe déjà un double vol entre la France et Pretoria (Bulls), Le Cap (Stormers) ou Durban (Sharks). Du temps en moins pour la récupération active ou le repos complet. Des voyages supplémentaires pour une lassitude mentale aussi, les joueurs professionnels passant déjà beaucoup de temps loin de leurs chez-eux et de leurs proches…

Dernier point à trancher. Cet ajout, s’il fait le bonheur des actionnaires de l’EPCR et du trésorier de la fédération sud-africaine, va-t-il séduire les supporters ? Le public viendra-t-il en masse, par exemple à Deflandre ou à Gerland, pour une rencontre franco-sud-africaine ? Les fans sont-ils passionnés par cette compétition de plus à plus dévoyée (poules de 12 équipes et système de qualification alambic) ? Ou ce énième arrangement incongru va-t-il définitivement les eloigner de cette Champions Cup ? Qui a d’ailleurs depuis longtemps abandonné le vocable de coupe d’Europe. Prémonition…

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