Klarna à la conquête du marché français du paiement fractionné

JEUDI PRO // Présente en France après juin 2021, la fintech suédoise Klarna a bénéficié de l’engorgement du paiement fractionné pour devenir auprès des commerçants et des consommateurs. Les Numériques J’ai échangé avec Eric Petitfils, le patron de Klarna France, à cause de notre éclairage sur le phénomène.

Oubliez le crédit à la consommation, voici le paiement fractionné. De plus en plus populaire, ce mode de paiement n’a cessé d’être spectaculaire pendant la pandémie de Covid-19. La marche mondiale du paiement a ainsi quadruplé entre 2018 et 2020 pour atteindre 80 milliards de dollars, selon le cabinet Kaleido Intelligence. Le pourrait encore tripler d’ici 2025 pour s’établir à 250 millions de dollars. L’engouement pour les solutions BNPL (Achetez maintenant, payez plus tard) Gagne aussi la France, où le secteur devrait malgré près de 25 milliards d’euros à l’horizon 2025, soit un dixième du marché mondial, alors qu’il atteignait 6 milliards d’euros en 2019, selon les chiffres du cabinet Xerfi .

Des noms utilisés start-up se positionne sur ce marché en plein essor et compte bien en tirer profit. C’est le cas de la fintech suédoise Klarna, référence mondiale du secteur, qui quittera l’Hexagone en juin 2021. Une arrivée coïncidente avec une tournée spectaculaire de table à 639 millions de dollars, qui a propulsé sa valorisation à 46 milliards de dollars.

Si l’entreprise scandinave est également bien valorisée, il semble qu’elle donnera son capitalisateur sur le paiement fractionné afin d’en faire un levier de croissance pour les commerçants. Klarna a aujourd’hui développé une application mobile conçue pour permettre aux consommateurs de planifier et de prochains achats. Et toutes les données découlant de ces derniers peuvent également servir de base à Klarna pour aider les commerçants à mieux anticiper le comportement d’achat des consommateurs.

C’est avec cette stratégie B2B2C que Klarna a popularisé le paiement lisse (souple), parvenant même à le rendre glamour avec des investisseurs aussi prestigieux que les rappeurs Snoop Dogg et ASAP Rock. En dehors de ces approches qui se limitent à leur paiement fractionné, la fintech suédoise bénéficie d’un contexte favorable. “Les consommateurs se tournent de plus en plus vers les cartes de débit et rechignent à utiliser des cartes de crédit car ce sont des produits plus lourds à contracter avec des engagements plus longs. Par conséquent, ils se désintéressent des solutions lourdes et recherchent des solutions flexibles qui répondra à un baiser en un instanta analysé Eric Petitfils, le patron de Klarna France.

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Pour étoffer son offre, l’entreprise a bouclé plusieurs acquisitions l’a passé, à l’image d’Inspirock, qui cherche à séduire les voyageurs, ou de Stocard, qui propose des solutions de fidélisation. “Notre vision, c’est d’aller au-delà du paiement et d’être contributeur des relais de croissance à nos partenaires”, a assuré Eric Petitfils. De plus si les investissements de Klarna alimentent sa croissance, comme à temoigne sont un volume d’affaires brut qui est passé de 42% en 2021, à 80 millions de dollars, ils présentent aussi sur sa rentabilité.

La fintech a également fait état de bénéfices d’exploitation de 748 millions de dollars en 2021, contre 150 millions en 2020. Plus que cela, le prix du payeur tient à sa présence sur le marché international et contre l’appétit de la concurrence. Preuve de l’euphorie que gagne le secteur, Block (ex-Square) na pas hésité à poser 29 milliards de dollars sur la table pour s’emparer d’Afterpay. En France, la start-up Alma tente elle aussi de tirer son épingle du jeu, notamment sous l’impulsion d’une levée de fonds de 115 millions d’euros annoncée en février dernier, tandis que La Banque Postale a levé une filiale dédiée au paiement fractionné en mars.

La dynamique du secteur attire l’attention des régulateurs

Aujourd’hui, Klarna revend 1,3 million d’utilisateurs actifs en France et 2 200 partenaires commerciaux. A l’échelle mondiale, la société scandinave assure toucher 147 millions d’acheteurs et compter 400 000 commerçants partenaires. Plus la croissance de la fintech suédoise et des autres acteurs du secteur attire l’attention des régulateurs, que craignent que les solutions BNPL n’entraînent une augmentation de l’endettement, principalement chez les jeunes consommateurs.

Pour la France comme pour les autres pays du Vieux Continent, tout devrait se jouer à Bruxelles dans le cadre de la révision de la directive européenne sur le crédit à la consommation. Le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, avait d’ailleurs laissé, comprendra d’ici fin 2021 que le gouvernement profitera de la présidence tricolore de l’Union européenne pour soutenir une directive européenne adaptée aux nouveaux usages du crédit aux consommation. “La réglementation est un gage de confiance”, estime Eric Petitfils. Un cadre plus réglementé sera également l’occasion de faire gagner le marché du paiement fractionné en maturité, ce qui pourrait accélérer la consolidation du secteur.

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