Tourisme : “Paris demeure la ville la plus demandée au niveau mondial”

Après trois ans à tourner au ralenti, le tourisme repart à Paris. Lors du week-end de Pâques, il est revenu à un niveau proche de 2019, dernière année pré-Covid. De quoi satisfaire Frédéric Hocquard. L’adjoint à la maire de Paris en charge du tourisme assure que la capitale, malgré sa transformation radicale en trois ans, est prête à accueillir de nouveaux tous ces flux de voyageurs.

Les touristes sont de retour. Sur le profil vers de semaines Décisives pour les professionnels.

Nous avons déjà eu de belles surprises en 2021, surtout à septembre rentrée. L’embellie est confirmée. Les hautes saisons à Paris, ce sont les week-ends de Printemps et les fêtes de fin d’année. L’été, s’il demeure un moment important, ne représente que la moyenne saison. Plus effectivement, nous sommes maintenant en train de retrouver une activité proche, voire égale, à celle de 2019 et nous nous en réjouissons. Nous accueillons notamment beaucoup d’Espagnols et d’Italiens. Des Anglais, aussi, puisqu’ils bénéficient désormais du duty-free. Ce sont des signes importants, car le tourisme européen est l’un de nos principaux objets. Nous avons renforcé le tourisme local et attiré des voyageurs qui peuvent privilégier un voyage avec un moyen de transport moins énergivore comme le train. Cela nous permet de tendre vers un tourisme plus durable, plus respectueux du climat et vers un tourisme qui résiste globalement plus facilement aux crises.

Frédéric Hocquard, adjoint au maire de Paris en charge du tourisme.

Que fait la Ville pour accompagner ce mouvement ?

D’abord, nous menons des campagnes de communication ciblées au niveau européen. Nous facilitons aussi les accès à Paris, en supportant par exemple le train de nuit. C’est aussi travailler sur l’allongement des durées de séjour en milieu hôtelier. Surtout, c’est valoriser la diversité de la capitale auprès des touristes, pour ne pas qu’ils seulement les quartiers habituels. Dès juin, on devrait par exemple instaurer un accueil touristique au Père-Lachaise. On veut aussi favoriser l’installation d’hôtels dans l’est de la capitale. Tout cela permet de développer un tourisme différent de celui des tour-opérateurs, plus varié.

Paris a beaucoup changé depuis 2019. Est-elle toujours prête à accueillir des millions de touristes ?

Oui, si le tourisme s’adapte. C’est d’ailleurs ce qu’il fait. Plus le déplacement à vélo n’est pas encore un réflexe pour les touristes, ou les quartiers qu’ils fréquentent offrent désormais presque toutes les pistes cyclables. De notre côté, nous continuons à travailler. A l’horizon 2024, par exemple après la mise en place de la Zone apaisée qui voit la réduction de la place de l’automobile et des cars dans le centre de Paris. Nous discutons donc avec les professionnels et les acteurs du tourisme pour rechercher des alternatives et des solutions pour la mise en œuvre de cette zone apaisée. Certes la ville a changé, mais on n’est pas Venise, on ne cherche pas à diviser le tourisme par deux. Les chiffres de 2019 sont des chiffres intéressants et raisonnables.

Après 2019, l’image de Paris a également changé. Auprès des Parisiens, au moins. Est-ce une crainte ?

Dans les choix de destination pour 2022, Paris demeure la ville la plus demandée au niveau mondial. Aussi la polémique autour du mouvement SaccageParis et de l’image de la ville… Les vidéos virales à l’international, ce sont les vidéos de pistes cyclables collées rue de Rivoli, passées cellules d’une terrasse feu rouge. N’importe quelle personne travaillant dans le tourisme vous le dira.

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