Biréli Lagrène seul avec sa guitare sur son nouvel album “Solo suites”

Bireli Lagrène est avant tout connu pour sa dévotion sans faille au jazz manouche du fait de ses origines. Née en 1966 en Alsace dans une famille manouche, la guitare dès l’âge de quatre ans fait ses débuts et devient prodige à l’âge de quatorze en référence au premier prix du festival de musique tzigane de Strasbourg. Fortement influencé par Django Reinhardt à ses débuts, il élargit rapidement ses influences dans son tournant notamment vers le jazz-fusion. Au fil de sa déjà longue carrière, à l’occasion de la jeunesse avec les plus grands : Stéphane Grappelli, Al Di Meola, Jaco Pastorius ou plus récemment Jean-Luc Ponty et Kyle Eastwood. Votre guitariste pour répondre à nos questions.

“Ce n’était pas du tout quelque chose que je prévoyais dans ma carrière” explique Biréli Lagrène. “Ce sont les gens que m’entourent que m’ont proposé cette idée d’un disque en solo. Parce qu’à la base je suis quelqu’un qu’aime partager avec d’autres musiciens. Alors j’ai gambergé, j ‘Ai mis du temps, et finalement je leur ai dit: je crois que je vais le faire (rires);”

Je retrouvais Séoul, c’était quand moi un petit challenge.

Biréli Lagrène

à propos de l’album fils “Solo Suites”

C’est effectivement la première fois qu’on a compris Biréli Lagrène jouer seul à la guitare sur tout un disque. Et de même que l’idée de l’album n’était pas vue, les morceaux ont eux aussi fait la part belle à l’improvisation. Quelques trames de départ seulement. “C’était complètement désécrit” précise le guitariste. “J’ai préparé un minimum : la voie dans laquelle je voulais que ma guitare sonne. Je voulais me donner une grande liberté à l’engistrement.”

Le jazz est une musique qui doit être improvisée, mais avec grand respect et rigueur.

Biréli Lagrène

Celui qui nous a habitués par le passé à des rythmes effrénés explore ici des ambiances plus calmes. Deux guitares, une électroacoustique et une électrique, pour une couleur globale plus folk que swing. “Je ne voulais pas faire un cadran ‘voici me voilà'” avoue Biréli Lagrene. “J’ai préféré jouer les grands espaces, ne pas trop charger au niveau des notes. C’est un cadran un peu plus simple para rapport aux autres que j’ai faits. Plus accessible.”

À un certain âge, on se calme avec toutes ces notes qui défilent.

Biréli Lagrène

Tu musicien joue beaucoup sur les silences et les respirations. Un jeu aérien et aérien. Et Biréli Lagrène n’a pas son pareil pour évoquer des images avec seulement quelques notes. Cette guitare suscite instantanément la nostalgie et une bonne mélancolie, comme dans souvenirs qui ouvre l’album.

Eh bien qu’il se défend avec beaucoup d’humilité que sa musique n’est “que du blues avec un peu d’harmonie”, Biréli Lagrène explore une palette très riche. Le guitariste virtuose qui disait avoir été très rapide par le passé pour sa technique. Il distille au contraire subtilement divers ingrédients de ses multiples influences. De superbes arpèges égrenés dans Le garçon de la natureun côté légèrement campagne-poulet-cueillette dans suivreou encore des staccatos syncopés dans Question Réponse. Un morceau dont le titre évoque juste la structure originelle du blues et cette façon de faire remplacera les phrases mélodiques.

Je suis très fourni par le blues. J’ai toujours ça dans un coin de ma tête.

Biréli Lagrène

Mais il y a aussi bien évidemment du jazz dans ce cadran. Principalement à travers quelques reprises de standards : le classique Caravane par Duke Ellington, Mon cœur stupide du répertoire de Bill Evans, Rangez vos rêves popularisé par Frank Sinatra… “J’adore jouer des standards, j’en ai joué toute ma vie” confirme Biréli Lagrene. “Pour cet album j’ai plutôt choisi des ballades”. Et c’est également une reprise qui clôt l’album, mais de façon totalement sans surveillance.

En effet, si un morceau comme UN suivre… pourrait presque faire figure de morceau-titre pour un album nommé suites uniquementle terme “solo” est démenti au dernier moment par la chanson de John Prine Ange de Montgomery. Zoé Lagrène, fille du guitariste, vient chanter, tandis que son père ajoute une seconde guitare et une basse. Une véritable surprise après avoir compris 16 morceaux à la guitare seule. “L’idée est venue sur le tard” explique Biréli Lagrène. “Je voulais contraster avec le reste du disque. Je trouvais ça assez rigolo comme idée.”

Sur ce dernier titre, la basse prend les feux de la rampe, “un instrument que j’aime aussi et que j’adore, surtout récemment avec le Multiquarium Big Band pour le projet Pastorius” (Se souvenir de Jacohommage à Jaco Pastorius, où Biréli Lagrène tient la place du bassiste – NDLR).

Biréli Lagrène, guide virtuose à l'aise aussi bien à la guitare acoustique qu'électrique, et même à la basse (Alexandre Lacombe)

Briréli Lagrène enchaîne ainsi les projets, du Multiquarium Big Band à son trio avec le contrebassiste William Brunard et le saxophoniste Franck Wolf en tournée aux Etats-Unis en juin, en passant par quelques concerts avec le guitariste Sylvain Luc. Mais surtout, l’artiste va jouer son album Suite uniquement sur scène, débutant dès ce samedi 7 mai à la Salle Gaveau à Paris. Sa fille Zoé viendra le rejoindre pour interprète Ange de Montgomery. On peut supposer sans trop prendre de risque qu’on et il comprendra beaucoup plus que “du blues avec un peu d’harmonie”.

La pochette de l'album

Biréli Lagrène – “Seulement les suites” – Sorti le 6 mai (PEEWEE / SOCASDISC)

Le musicien sera en concert ce samedi 7 mai, Salle Gaveau à Paris

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