“La réforme des retraites va monter une tempête”, constate François Lenglet

La réforme des retraites, grand projet inachevé par le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, va soulever une tempête. La concertation doit s’engager au plus tard à la fin de l’été, en principe, alors que les vents se lèvent.

Tout d’abord, les vents sont économiques, avec la baisse immanquable du pouvoir d’achat cette année, sous l’effet de l’inflation, et cela, malgré le bouclier tarifaire sur l’énergie, la baisse des taxes sur le carburant et autres chèques ou compensation de l’inflation. Ça va mordre, surtout si la hausse des prix s’accélère, comme on peut le redouter en voyant l’emballage actuel de produits alimentaires.

Dans le même temps, la croissance au ralenti, après le vigoureux rebond post covid que nous avons connu. La monnaie de la zone euro est juste au-dessus de zéro, et Bruno Le Maire a prévenu jeudi : “le plus dur est devant nous”.

La réforme sur le plan politique

Sur le plan politique, Emmanuel Macron n’a pas un plan très clair. Avant la première tournée, l’annonçait déclaration d’âge légal à 65 ans. Le lendemain, il croisait ses skis en évoquant tout à la fois 64 ans, une clause de revoyure et événement référendum ? Ça n’est pas pareil.

Ensuite, le caravansérail de l’opposition sera uni sur ce sujet : Jean-Luc Mélenchon et ses nouveaux affidés même si Marine Le Pen veut tous le retour à 60 ans. Quand bien même ils n’auraient pas la majorité, ils vont taper sur des casseroles, et ça va faire du bruit.

Les opposants à la réforme avancée qu’au fond, il n’y a pas d’urgence, si l’on fie aux rapports d’experts. Sauf que ces rapports sont très pratiques, car ils se succèdent et se contredisent. On peut donc choisir celui qui convient à sa thèse. Quoi qu’on dise sur les retraites, il y a toujours un rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) qu’approuvé.

Le dernier en date nous explique en effet que toutes choses étant égales par ailleurs, il n’y a pas le feu. C’est évidemment le “par ailleurs” que c’est important dans cette phrase. Et un article récent de la revue Commentaires nous éclaire sur l’état réel des finances de notre système des retraites. On est très loin de l’équilibre.

Des sommes faramineuses envoyées

Les derniers chiffres du COR, qui montrent un 13 milliards de déficit pour 2020, ne font pas apparaître les subventions d’équilibre versées par l’État, comme des recettes habituelles. Alors qu’un Employeur privé de cotise pour 16% du salaire au titre de la retraite, l’État employeur cotise ainsi à 74 % pour les fonctionnaires, 126 % pour les militaires, et quelque 30 % pour le personnel des hôpitaux. Pour le dire autrement, pour 100 euros de salaire net versé à un fonctionnaire, l’état paye 77 euros de retraite en charge.

Pour partie au déséquilibre démographique, expliquez ces différences de versement. À la SNCF par exemple, il y a moins d’agents en activité que de retraités. Pour ne rien dire des Mines, qui n’a plus de nouveaux affiliésen complète extinction après 2010.

Ensuite, vous taxe de remplacement, c’est-à-dire le niveau relatif des pensions par rapport au salaire, c’est meilleur dans le public que dans privé. Si l’ensemble des subventions est entièrement réalisé, le déficit de prélèvements en 2020 est supérieur à 13, supérieur à 43 milliards au sud an an. Chiffre confirmé par l’excellent François Ecalle, de Fipeco. Le déficit des retraites de 2019, voire redressé si l’on peut dire, comptait tout simplement pour presque la moitié des déficits publics français.

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