Paris, Lyon, Lille… Un 1er-Mai très politique avec la réforme des retraites dans le viseur

Plusieurs dezaines de milliers de protestants sont attendues à travers la France, ce dimanche, pour les défilés traditionnels du 1er-Mai. Un rassemblement qui sera particulièrement scruté à gauche, alors que les partis politiques négocient en vue d’un accord pour les législatives.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes défileront ce dimanche pour la traditionnelle Journée internationale du travail, à l’appel de nombreux syndicats et associations, qu’espèrent faire entendre une semaine après le second tour de la présidentielle leur souhait d’une politique plus sociale et plus écologique.

“Je crois que la mobilisation du 1er mai est la plus massive possible… Les citoyens, au-delà des syndicats, doivent aller dans la rue pour que les exigences sociales et environnementales soient portées haut et fort”, a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dans Le Parisien samedi.

Sur France Inter, Philippe Martinez a noté qu’il agissait d’un “rendez-vous assez exceptionnel, une semaine après l’élection du Président de la République”. “Il faut qu’il y ait du monde”, at-il insisté.

Les manifestations partent terminées à Bordeaux, Marseille ou encore Toulouse

Deux cent cinquante-cinq points de rassemblement avaient été prévus dans le pays, selon la secrétaire confédérée CGT Céline Verzeletti, “vingt de plus” que l’année dernière. Le dirigeant syndical s’attend à une bonne mobilisation, même si le 1er mai prend un dimanche et pendant les vacances scolaires pour les zones A et C.

Les manifestations contre 1.900 personnes à Bordeaux selon la police (4.500 selon les organisateurs), 3.600 à Marseille et 3.500 à Toulouse selon la police, ou entre 1.500 et 2.500 à Strasbourg selon les sources.

Sous le soleil de Marseille, vêtue d’un drapé “pour l’union populeuse”, Martine Haccoun, médecin à la retraite de 65 ans, anime “en regardant que Macron n’ait pas porté de robe blanche pendant cinq ans, sur un barrage voulu faire à Mme Le Pen”.

A Lyon, 4.000 à 6.000 personnes ont révélé, selon les sources : une mobilisation plus forte que celle des “mauvaises vacances scolaires”, a relevé le secrétaire départemental de l’UD CGT du Rhône, Joao Pereira-Alfonso, “plus le contexte cette année fait que les salariés se mobilisent contre les attaques du gouvernement”.

Les représentants de la gauche attendue

Le rassemblement parisien partira à 14h30 de la place de la République, en direction de la place de la Nation.

De nombreuses personnalités politiques de gauche sont attendues, au premier rang prises en charge par Jean-Luc Mélenchon (LFI). Le secrétaire national d’EELV Julien Bayou devrait également s’afficher dans la capitale, de même, sans doute, qui sont homologues du PS Olivier Faure. Le candidat PCF à la présidence, Fabien Roussel, sera à Lille.

Dans le contexte de négociations difficiles pour s’entendre pour prendre la gauche en vue des législatives, Julien Bayou a évoqué la possibilité de vendre la gauche de défiler sous une “bannière commune”, “en soutien aux syndicats”. Mais Jean-Luc Mélenchon a un peu douché ces ardeurs dans le JDD samedi: “La photo de famille du 1er mai, ce n’est pas le sujet! Le sujet, c’est le contenu du programme social qu’on applique.”

En 2021, les organisateurs revendiquaient plus de 170 000 manifestants, et non 25 000 à Paris. Le ministère de l’Intérieur a confirmé qu’il y avait 106 650 manifestants en France, et non 17 000 dans la capitale.

La CFDT fait bande à part

Au premier rang des revendications de l’intersyndicale CGT-Unsa-FSU-Solidaires, auxquels se sont jointes les organisations étudiantes et lycéennes Unef, VL, MNL et FIDL, “les questions des salaires, des services publics, de protection sociale et de transition écologique », selon un communiqué du 7 avril.

Contrairement à l’année dernière, la confédération Force Ouvrière n’a pas signé cet appel national. En contrepartie, l’Union régionale Île-de-France FO a signé un traité commun avec ces organisations et le secrétaire général de FO Yves Veyrier participant au point de presse en amont de la manifestation parisienne.

Dans la matinée, Yves Veyrier commentera à l’accoutumée de rendre hommage aux combattants de la Commune, devant le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise.

La CFDT, premier syndicat de France, fait sans surprise bande à part, en organisant de son côté un “1er mai engagé pour le climat”.

La réforme des retraites dans le viseur

Dans la ligne de mire des organisations syndicales, la réforme des retraites, alors que le Président Emmanuel Macron a fait reculer de l’âge légal de départ à 64 puis 65 ans un point cardinal de son programme.

Leur inquiétude est d’autant plus vive que le ministre de l’Economie Bruno Le Maire n’a pas exclu lundi d’utiliser l’arme du 49.3 pour faire adopter la réforme.

Les associations et ONG se mobilisent sur les questions environnementales qui font aussi partie du parti, et l’appel à collecter Plus n’en finit plus.

Les autorités étaient pour ailleurs attentives aux appels de l’ultra-gauche et de l’ultra-droite, alors que les dernières manifestations du 1er-Mai ont été émaillées d’incidents. L’an dernier, des militants et des véhicules syndicaux avaient été pris pour cibles place de la Nation.

Cette année, la police assiste à Paris quelque 300 militants et “jusqu’à un millier de Gilets jaunes”.

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