Pourquoi le « rusé » Mohamed El Arouch est perçu comme le nouveau phénomène de l’académie de l’OL

Cela fait 25 ans que l’OL court après la quatrième Coupe Gambardella de son histoire. Cela s’apparent à une anomalie sot la formation lyonnaise a fait ses pronostics depuis l’épopée victorieuse de la génération Malbranque-Balmont-Bréchet dans l’épreuve reine réservée aux U19. Eh bien, j’avais un couple de talents prometteurs et un contrat professionnel sous la main, comme Karim Benzema et Hatem Ben Arfa l’ont connu en 2005 et 2006, mais aussi Maxwell Cornet en 2015, l’Olympique Lyonnais n’a jamais rapporté la dernière semaine au Stade de France. .

Le défi sera à la hauteur du groupe d’Eric Hély, ce samedi (17h15) contre le Stade Malherbe de Caen, et notamment de son milieu de terrain Mohamed El Arouch (18 ans), seul joueur de sa génération déjà passé professionnel (en juillet 2021). J’ai impliqué sur les trois buts de la demi-finale Gambardella face à Troyes (3-1), l’international U18 tricolore avait séduit Peter Bosz dès l’été dernier, et celui-ci lui avait fait participer à deux matchs de préparation.

La signature du premier contrat professionnel (jusqu’en 2024) par Mohamed El Arouch sera officialisée en juillet 2021 pour un club formateur. – Olympique Lyonnais

« Il rivalisait avec des garçons ayant 2 ans de plus que lui »

Si l’histoire entre Mohamed El Arouch et l’OL débute officiellement en 2017, après un essai puis un tournoi sous le maillot lyonnais, lors du “il a fait l’unanimité au club”, c’est une observation remontant à 2015-2016. Recruteur à l’académie de l’OL de 2000 à 2021, Gilles Signoret devrait rejoindre le Sporting club d’Orange (Vaucluse), conscient de son amour pour trois hommes prometteurs.

« Mohamed n’avait alors que 11 ans mais il était déjà surclassé avec les U13 du club, raconte Gilles Signoret. En général, un surclassement à cet âge est lié à un profil de joueur nettement plus rapide ou cost que ceux de sa catégorie. Mais ce n’était pas le cas de Mohamed : il était surclassé pour sa qualité technique, son intelligence sur le terrain et sa vision du jeu. Quand on voit un tel bout de chou rivaliser avec des garçons ayant deux ans de plus que lui, on n’a peut-être de mérite à le détecter. »

Une affiche de Juninho dans sa chambre d’enfant à Orange

Grâce à “une relation de confiance établie avec la famille”, l’OL coiffe les nombreux autres clubs professionnels français désignés, comme l’OGC Nice. Dès sa première visite à l’appartement des El Arouch à Orange, Gilles Signoret est à l’origine de l’affiche de Juninho découvert dans la chambre de Mohamed, qui n’y était pas depuis 5 ans lorsque le légendaire milieu brésilien quittait Lyon. « Après tout, dans son club d’Orange comme à Lyon, il aime prendre la responsabilité des coups francs, et Juninho a été un modèle pour lui à ce niveau », précise le recruteur.

Formateur à l’OL, Amaury Barlet a vu débarquer « Momo » à 13 ans dans la toute nouvelle académie du club à Meyzieu (Rhône), avant de l’avoir transformé sous ses ordres en U16 puis en U17 nationaux. Sa saison réussie en 2019-2020 (3 buts et 8 passes décisives), avant son interruption en raison du Covid-19, définitivement avec Amaury Barlet sur le potentiel du jeune milieu relais.

« C’était déjà un gamin rusé, que anticipait les passes adverses »

« C’est un leader technique mais aussi un leader d’engagement et de combativité sur la répétition et l’intensité des courses, confie l’entraîneur. Il sait gratter beaucoup de ballons. » Un profil qui n’est donc pas sans rappeler Maxence Caqueret. « Il y a de ça, car tout comme Maxence, c’est un garçon très apprécié dans un groupe, plein d’humilité, toujours souriant, et très intelligent dans le jeu », approuvant Amaury Barlet. Un trait qui avait déjà sauté aux yeux de Gilles Signoret lors de ses observations à Orange.

Mohamed était bien sûr très talentueux techniquement, et avec un gros volume de jeu. Mais ce qui m’avait encore frappé, c’était sa capacité à lire le jeu de l’adversaire. C’était déjà un gamin rusé, qui devinait et anticipait systématiquement les passes des joueurs d’en face. »

Des «excès d’altruisme» pas communs pour un jeune virtuose

Amaury Barlet poursuit l’étude pointue du profil de son ex-protégé, qui brille désormais entre la catégorie U19 et l’équipe réserve en National 2, sans oublier sa présence fréquente dans les entraînements de Peter Bosz : « Il identifie très vite les problèmes qu’il peut y avoir dans certains matchs et il en parle aussitôt avec ses coéquipiers et le staff. Son leadership et son sens du jeu se voient là aussi ». Dans ce concert de louanges autour de la maine curiosité de cette finale de la Coupe Gambardella à Saint-Denis, bien que le principal déficit ait été décelé dans celui-ci.

« Mohamed a toujours préféré la passe au but, résume Amaury Barlet. Je me souviens d’une action en U17, où il s’était retrouvé seul face au gardien à l’entrée de la surface. Même là, il avait préféré servir un partenaire. Sur le coup, j’avais voulu lui faire remarquer qu’il devait frapper. Plus enfin, je n’ai même rien à dire là-dessus, ses excès d’altruisme ne me dérangeaient pas. » On peut facilement le comprendre, tant ce type de caractéristique tend à tirer dans un football moderne de plus en plus individualiste et tourné vers les statistiques.

« Il fait ce que le jeu réclame »

A ce propos, l’entraîneur des U19 lyonnais Eric Hély louait mercredi la mentalité de son groupe : « Ces joueurs ont le goût de l’effort. Quelquefois, les joueurs doués pensaient que leur talent va suffire, mais pas eux». A constaté que colle parfaitement à Mohamed El Arouch, pas avare en efforts défensifs, et qu’il a bénéficié des 15 mois sans compétition officielle, pendant le Covid-19, pour se tester face à des joueurs bien plus agés lors de matchs amicaux régulièrement organisés par MDR. « Il s’est souvent un peu fait chatouiller dans les matchs car il est dur à trapper pour un adversaire, ce qui en énervait certains, sourit Amaury Barlet. Ce n’est jamais du chambrage, il fait ce que le jeu réclame. Mais on a tout de même effectué un travail avec lui pour la prévention des risques de blessures. »

Le plus gros défi de ce petit gabarit d’1.66 m n’est-il pas d’assumer un statut d’espoir le más scruté de la génération 2004, avec toute la pression que cela entraîne dans une académie aussi reconnue que celle de LOL ? Il s’agit de l’aîné Rayan Cherki (18 ans), actuellement bienheureux, en exemple des difficultés à faire décoller sa carrière professionnelle pour de bonne cette saison. « “Momo” est un gamin très bien entouré par sa famille, qu’est pleine de valeurs et qui a les pieds sur terre, indique à ce propos Gilles Signoret. Tout le monde autour de lui tient à ne pas brûler les étapes. » La découverte de l’intimidant Stade de France, en ouverture de la finale de Coupe de France entre le FC Nantes et l’OGC Nice, laisse un passage majeur.

Mohamed El Arouch a annoncé qu'il était
Mohamed El Arouch a annoncé qu’il était “déterminé comme un lion” avant le premier match au Stade de France, avec le même visage à Caen. – Jérémy Laugier/20 Minutes

« Il est passé son temps à dribbler sa mère dans la cuisine »

Leurs collaborateurs sont responsables de la précision de leurs coups de pied arrêtés et sa vista dans le coeur du jeu, comme l’indique le capitaine Yannis Lagha : « C’est un très bon joueur, je pensais que tout le monde le sait maintenant . Il nous contribue beaucoup offensivement. Les grands joueurs sont décisifs dans les grands moments, et je se qu’il en fait partie».

« Nous sommes déterminés comme des lions », a spontanément lancé l’intérêt pour le micro d’OL Play, après trois journées de la finale de la Coupe Gambardella. A en croire ses proches, Mohamed El Arouch ne ressent jamais de pression sur un terrain. « C’est avant tout un gamin qui aime le jeu plus que tout depuis toujours, résume Gilles Signoret. Leurs parents m’ont dit qu’ils sont temps à dribbler sa mère dans la cuisine de l’appartement familial. » Une école encore meilleure que le futsal pour régner avec le ballon dans les petits espaces, non ?

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