la compagnie Yemenia Airways a joué à Paris

publié le dimanche 08 mai 2022 à 09h17

Le crash d’un A310 au large des Comores en 2009 avait tué 152 personnes, résulté d’une seule survivante de 12 ans. La compagnie nationale yéménite qui exploite l’avion est à Paris depuis lundi, 3 ans après les faits.

Lors de la soirée du 29 juin 2009, Yemenia vol. Vous partez de Paris ou de Marseille, ils ont changé d’avion à Sanaa, au Yémen.

A plus de quelques kilomètres de la côte, à 22h53 locales, il heurte l’océan Indien, moteurs à pleine puissance, avant de s’enfoncer dans l’eau. L’accident importera la vie de tous les occupants de l’appareil, à l’exception d’une miraculée.

Bahia Bakari a survécu en restant agrippée en mer pendant une fois heures à un débris, avant d’être sécurisée par un bateau de pêche le demain du crash.

Pendant quatre semaines, le tribunal correctionnel de Paris examinera les responsabilités, dans l’accident, de la compagnie Yemenia Airways, qui accordera 225 000 euros de dommages et intérêts pour homicides et blessures involontaires.

“Treize ans, c’est long : c’est épuisant psychologiquement et moralement et même physiquement”, déclare à l’AFP Saïd Assoumani, président de l’association des victimes. “Mais après treize ans d’attente et d’impatience, enfin le procès est là.”

Les familles ont fait face à une banque des prévenus vide : aucun représentant de la compagnie, qui a répondu tout “manquement”, ne devrait pas déplacer à cause de la guerre que fait rage au Yémen, selon son avocat.

– “Formation lacunaire” –

Les boîtes noires avaient été repêchées quelques semaines après ce crash qui reste le plus grave de l’histoire des Comores, un archipel situé entre le Mozambique et Madagascar, mais l’enquête est enrôlée de longue date.

Les autorités françaises ont un jour reproché aux homologues comoriens leur non-coopération, tant que les familles des victimes ont accusé le Yémen de justes pressions pour mettre la mise en cause de sa compagnie nationale.

Si l’âge des avions de la Yemenia était dénocée de longue date par des passagers, les investigations ont conclu que l’état de l’appareil, un Airbus sorti d’usine en 1990, n’était pas en cause – ni la météo , la foudre ou un missile.

Selon l’expertise, fondée notamment par les officiers de l’état civil, l’accident est dû à des actions inappropriées de l’équipe du cadre d’appropriation de l’aéroport de Moroni, menant à l’équipe de contrôle de l’avion”.

“Au-delà de ces dramatiques erreurs imputables aux pilotes”, cependant, les magistrats instructeurs ont estimé que la Yemenia avait “failli à bien des prévisibles”.

Il lui est reproché d’avoir maintenu les vols de nuit pour Moroni, malgré les pannes de longue date des feux de balisage de l’aéroport, même s’il donne des “insuffisances” dans la formation des pieux, qualifiées de “lacunaires”.

– “Trou noir” –

“La Yemenia reste profondément marquée par cette catastrophe, en particulier pour les victimes, nous ne clamons pas leur innocence, indiquant qu’elles ne sont pas nullement responsables des actes qui interviennent”, selon Me Léon-Lef Forster.

“Il y a eu des dysfonctionnements, mais que ne lui sont pas imputables et qui apparaîtront lors de l’audience”, assure-t-il.

Que 560 personnes se sont constituées parties civiles, dont beaucoup de la région de Marseille, ou résidaient des victimes nommées. La retransmission des débats est pendante au tribunal judiciaire de la ville de Phocéenne.

L’unique rescapée, qui a perdu sa mère dans le crash, doit témoigner le 23 mai.

A travers les reportages et dans le livre, Bahia Bakari a décrit avoir ressenti, à l’approche de l’aéroport, des “turbulences”, avoir été comme “électrisée” puis avoir eu un “trou noir” avant de se retrouver dans l’eau, où elle a entendu “des femmes crier”.

Les proches des victimes ont la « volonté de comprendre », souligne Me Claude Lienhard, avocat des parties civiles.

L’absence d’un représentant de Yemenia, qui a récemment omis de réprimander les vols commerciaux de Sanaa au profit d’une trêve dans la guerre, est “profondément regrettable”, poursuit-il, s’indigne d’un “procès tronqué”.

Parallèlement, après les années de “bataille judiciaire”, environ deux tiers des ayant-droits ont été indemnisés, selon l’association qui les représente.

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