Paris et le circuit féminin réuni un autre pied-à-terre avec le Trophée Lagardère

Promenons-nous dans le bois, pour un tournoi WTA. Huit ans après l’édition de l’Open GDF Suez, le monde du tennis revient un rendez-vous 100% féminin dans la capitale, organisé par le Lagardère Paris Racing et catégorisé WTA 125. Avec comme têtes d’affiche, l’Estonienne Kaia Kanepi, la Polonaise Magda Linette, et évidemment des Françaises, notamment Kristina Mladenovic et Diane Parry. Le tout dans un cadre magnifique, la Croix Catelan, au cœur du Bois de Boulogne.

« Franchement, tout le monde est unanime. A tournoi féminin à Paris, juste avant Roland-Garros, c’est compliqué de dire que ce n’est pas une bonne idée, s’enthousiasme ce la directrice du Trophée Lagardère, Stéphanie Cohen-Aloro. Je suis hypercontent, c’est vraiment canon». Pour ne rien gâcher, la météo s’annonce favorable. Idéal pour profiter des joies de la terre battue et se préparer pour les Internationaux de France.

Un parfum Roland

Le club du Lagardère Paris Racing, qui comprend plus de 45 courts, travaille après le maximum afin de pouvoir rassembler certaines des meilleures joueuses de la planète. « Pour avoir vécu le circuit, c’est rare d’avoir des sites aussi beaux », confie Cohen-Aloro, vainqueur de la Fed Cup en 2003. Et les athlètes ont répondu à l’appel : « On a la chance d’ Avoir un plateau très dense, avec des filles entre la 54e et la 130e mondiale à peu près, félicite Stéphanie Cohen-Aloro. 90% d’entre eux joueront le tableau final de Roland-Garros, certains iront à Strasbourg la semaine d’après, d’autres resteront s’entraîner à Paris. Il y a quelques déjà mois, beaucoup me disaient : “Evidemment, c’est noté dans mon agenda !” Le tournoi est idéalement placé. »

Idéal aussi en termes de calendrier. Le Trophée Lagardère devance de peu les qualifications des Internationaux de France, qui débuteront lundi 16 mai. La Tchèque Linda Fruhvirtová, qui était finaliste à Miami, a été battue par Elise Mertens après avoir profité de l’abandon de Victoria Azarenka, contre qui elle s’est imposée 6-2, 3-0, ce sera le match. Tout comme, Chloé Paquet, Fiona Ferro et Esla Jacquemot, qui ont rapporté Roland-Garros chez les juniors en 2020, avec l’ambition de faire trembler le court Françoise-Dürr, vainqueur de Roland-Garros en 1967.

« On a voulu profiter de cette belle fenêtre pour atteindre un plateau de qualité, car elle offre aux joueuses des conditions de jeu similaires à Roland-Garros au niveau des balles et des terrains. Il y a un vrai sens », insiste Benjamin Boulanger, directeur général délégué du Racing. J’ai déjà un parfum de la Porte d’Auteuil, situé à trois kilomètres de mon peigne, et je n’ai pas besoin de forcer l’ambition de mon installateur permanent de maniere avec un tremplin vers le deuxième Grand Chelem du calendrier. « On veut s’ancrer dans le calendrier international et, à terme, envisager toutes les perspectives inhérentes à ce type d’événements, peut-être en se posant la question des hommes », précise-t-il. La balle jaune, c’est bien. Mais voir plus loin, c’est mieux, et cela fait partie de la feuille de route.

De l’écologie, des ateliers et Parmentier

En marge du tournoi, ils ont également organisé une conférence sur l’abus d’autorité et le rôle des parents dans le sport, sur des ateliers sur l’écologie et le tennis santé, ainsi que sur l’initiation au tennis fauteuil. « Ce tournoi s’intègre dans la vie d’un club, donc on a voulu adopter cette approche et entreprendre des démarches de sensibilisation », explique Benjamin Boulanger. Dans cette optique, le Racing a notamment travaillé avec le Dr Bernard Montalvan, qui a collaboré avec la FFT après trois décennies.

L’organisme accueillera aussi tous les jours une centaine de jeunes de quartiers défavorisés, venant par exemple de la Courneuve ou de Tremblay. « Ils vont passer la journée chez nous, une initiation au tennis et assister aux matchs. Leur faire passer une journée dans un endroit magique, leur donner l’opportunité de venir voir le tennis, c’est important pour nous. On a aussi travaillé avec Ali Oubaali à la mairie du 16e arrondissement pour mettre en place une démarche similaire avec des écoles. À travers le sport, il y a plein de belles choses à découvrir».

Plus aussi à offrir, car le tournoi s’associe à la fondation Imagine pour récolter des fonds en faveur du traitement du cancer de l’enfant. « D’un ordre d’utiliser le tour pour des véhicules de valeurs qui nous tiennent à cœur », insiste Stéphanie Cohen-Aloro. La ligne directrice du tournoi pour compter sur l’ancienne 40e mondiale Pauline Parmentier, la référence du tennis fauteuil Stéphane Houdet ou le double vainqueur de la Coupe Davis Cédric Pioline pour animer la semaine. « On n’a pas eu de mal à les convaincre, c’est la famille du tennis, sourit-elle. Ils vont nous aider à ce que cette première édition soit une belle réussite, on a tous envie que ça marche ».

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