pourquoi la série continue par cartonner

Les aventures ont beau s’être achevées dans l’Hexagone fin 2016, le manga le plus vendu Naruto continuez d’enthousiasmer les Français. Après l’épilogue, ce rappel s’est vendu à 8,5 millions de volumes, culminant avec des ventes totales de la série en France à 26,5 millions d’exemplaires. Quant au premier volume de Narutovingt ans après sa découverte en France, il reste l’album manga (et même l’un des livres) les plus vendus dans le pays en 2020 et 2021.

Des partitions que ne sont pas près de s’essouffler : l’éditeur franco-belge Kana, qui a importé le ninja twist, réédite son best-seller à compter du vendredi 6 mai dans une nouvelle édition dite « Hokage » (le terme qui désigne le chef du village de Naruto) : un double volume grand format contenant les pages couleurs de l’époque de sa sortie dans le magazine de prépublication japonaise Saut Shōnen hebdomadaire À partir de 1999. Les lecteurs redécouvrent ainsi l’épopée de Naruto Uzumaki, un maître qui deviendra le plus grand ninja et le chef de leur village, Konoha. Méprisé dès son plus jeune âge parce qu’un démon destructeur – Kyubi le renard à neuf queues – a été scellé dans son corps, le jeune shinobi va gagner l’amitié et le respect de tous par sa persévérance et sa loyauté.

Le nouvel objet, qui n’existe pas au Japon et se trouve toujours à Paris et à Bruxelles, est la majesté de l’œuvre du mangaka Masashi Kishimoto, qui n’est pas propriétaire de grandes scènes d’action, d’explosions et de dessins qui lui sont propres. planches doubles. Il n’éclipsera pas, pour autant, la version de poche originale que continue d’être produite : le format Hokage a surtout vocation à rallumer l’étincelle auprès d’un public déjà conquis, que connaît la série, et a pu peut- être autrefois s’en lasser.

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« Exception culturelle française »

Les nouveaux lecteurs, notamment le public encore en primaire, sont dragués depuis 2016, date à laquelle Kana a baissé de moitié le prix des trois premiers tomes, ce qui explique d’ailleurs ses partitions récentes. Un choix reconduit chaque année et dont se félicite Christel Hoolans, directrice générale des éditions Kana et du Lombard. « Dans le chairage de l’opération à trois euros, il se vendait plus de tomes 4, 5 et 6 qu’avant, ce qui montre que la série convainquait, et que lecteur était prêt à suivre au-delà de l’offre promotionnelle , ça c’est un manga addictif », explique-t-elle.

La même année, Boruto, le fils de Naruto, a par ailleurs pris le relais dans un feuilleton dessiné par Mikio Ikemoto, ancien assistant de Masashi Kishimoto, supervisé par le maître en personne. Sans afficher les partitions de son paternel qui figure, adulte, dans les nouveaux récits, Borutotoujours en cours de parution, s’est vendu à ce jour à 1,3 million d’exemplaires en France et sert de trait d’union entre les générations de ninjas et de lecteurs.

A l’inverse du monde entier et surtout du Japon – où c’est une pièceautre mastodonte et frère ennemi né dans le même magazine, que est le plus apprécié (et toujours en cours) – Naruto emporte encore souvent les concours de popularité en France. Un plébiscite que l’on retrouve également dans les classes des ventes pendant une décennie, auteur de la diffusion de l’adaptation animée à la télévision française au milieu des années 2000, faisant dire à l’éditeur Kana que Naruto constitue un « exception culturelle française ».

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A la fois archétypal et dissonant

Pour les confinements et la diffusion des séries animées Naruto et Naruto Shippuden Sur différentes plateformes de streaming, Netflix et ADN en tête, le ninja connu un sursaut d’intérêt. Avant cela, sur le web, nom de youtubeurs, de streameurs, de chroniqueurs et de personnalités ont régulièrement fait référence à Narutoportant aussi la série au rang d’une « Travail manga incontournable »comme la qualifiée Christel Hoolans. « On parle désormais de Naruto manger de Dragon Ball, à savoir d’un classique qu’il faut avoir lu si on aime le manga. Naruto aussi un côté rassurant, c’est une valeur que les parents et grands-parents donnent sans problème, transmettent. »

Illustration figurant en couverture du tome 1 de Naruto.

La longévité de Naruto enfin tient à ses qualités intrinsèques, qui ont enthousiasmé le public à ses débuts. Sur 700 épisodes hebdomadaires, pendant quinze ans, Masashi Kishimoto a non seulement raconté le récit initiatique d’un enfant vers son rêve et la découverte de ses origines, son parcours pour dompter son démon intérieur et sauver son village, mais aussi échafaudé toute une mythologie autour de la raison d’être et de se déchirer du monde ninja. La richesse des récits de vie de chaque personnage, même secondaire, des antagonistes, des clans, des pouvoirs surnaturels et des forces politiques permet à de nombreux lecteurs de s’attacher à une variété de passages et de protagonistes comme Sasuke, Itachi ou Kakashi .

Sans compter l’affection pour le héros, à la fois archétypal et dissonant : Naruto, braillard et bras cassés à l’uniforme orange, qui détonne dans l’univers ninja perclus de secrets et de conspirations et dont l’empathie force le respect de ses ennemis . Au cours de la série, Masashi Kishimoto a dit à Shikamaru, l’un des enfants ninjas, une phrase qui pourrait résumer ce ressentiment de nombreux lecteurs à l’endroit de Naruto : « Il est le meilleur atout du village. Quand on le croise on envie de marcher à ses côtés. »

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