Premier League – Manchester City : Pep Guardiola, le prix de la perfection

Quand l’impossible se répète et se répète encore, c’est qu’il ne l’était pas.

Le PSG, Chelsea, et maintenant Manchester City ont donc succombé au sortilège madrilène, comme si le fameux ‘ADN européen’ du Real existe bel et bien au-delà des statistiques, des raccourcis journalistiques et du fait que la génétique devait être tout de même sacrément aidée par la fait que ce club, dès qu’il se lance à la conquête de l’Europe, avait eu les moyens de s’offrir ce qui faisait de mieux sur le marché pour y parvenir, de Di Stefano à Zidane, de Kopa à Ronaldo, par Puskas à Benzema.

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Ce ne doit pas être un hasard non plus si le Real n’a jamais enlevé le top 3 des Liste enrichie Deloitte et si aucune de ses concurrentes n’a occupé la première place de ce classement aussi fréquemment que lui : douze fois sur dix-sept depuis que le cabinet comptable londonien a été publié dans le premier Top 20, en 2004-05. Le tour de magie, si c’en est un, n’est pas des plus subtils. Cela ne l’empêche pas de produire en effet. Il en va autrement pour Manchester City, et encore davantage pour son entraîneur. Au vu du milliard investi par Sheikh Mansour pour offrir à cet entraîneur les apôtres que possible le mieux porter la parole du Jeu selon Saint Pep, ce nouvel échec suggère qu’un autre type de magie est à l’oeuvre en leur cas, presque une malédiction.

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Pour quelques-uns, la capitulation de Manchester City au Bernabeu, également en retard qu’elle fût, ‘prouvait’ que Guardiola, qui perd désespérément six demi-finales de Ligue des Champions, un record qu’il partage avec José Mourinho, n’ était peut-être pas le génie que j’ai proclamé par d’autres. Cette chanson-là, on la connaît, car on nous l’avait chantée à Munich avant de nous offrir un rappel à Manchester. “Sans Messi…” – vous connaissez la suite. C’est excessif. Ce n’est même pas loin du ridicule. Ce n’est pas dénué de toute vérité pour autant.

Huit effondrements

Car ce qu’on a vécut à Madrid était bien dans la droite ligne d’un narratif amorcé depuis longtemps : pas celui du Real, celui de Pep Guardiola et de ses équipes en Espagne, en Allemagne et en Angleterre, qui n’ont pas que Ils ont un style en commun, mais aussi une propension inhabituelle à s’écrouler face à certains obstacles, presque toujours alors que le bout de la route se fait proche. Guardiola a participé à la treize Ligue des Champions en qualité d’entraîneur. Il en gagna deux, en 2009 et 2011, avec le Barça. Les onze autres fois, huit éliminations sont directement liées à des effondrements aussi inattendus que subits. En voici le détail.

  • En 2009-10, ce sont deux buts concédés par Barcelone en trente minutes en demi-finale face à l’Inter (1-3 score final).
  • En 2013-14, trois en dix-huit avec le Bayern, face au Real Madrid, encore en demies (0-4).
  • En 2014-15, trois en dix-sept. L’adversaire, cruellement, était le Barça ce soir-là (0-3). C’était encore une demi-finale.
  • En 2016-17, deux en huit. Monaco s’inclinait 5-3 en huitièmes contre City, mais ces buts-là feraient la différence au bout du compte.
  • En 2017-18, trois en dix-neuf contre Liverpool en quarts (0-3).
  • En 2018-19, deux en trois, toujours en quarts, face à Tottenham cette fois (4-3, élimination en raison de la règle des buts marqués à l’extérieur).
  • En 2019-20, deux en huit, et l’OL sortait City en quarts (1-3).
  • Et 2021-22 pour finir. Trois buts en six minutes pour Madrid (1-3).

Commentaire Guardiola a perdu la bataille de l’entraînement

Comme on le disait plus haut, quand l’impossible se répète et se répète encore, c’est qu’il ne l’était pas. N’importe qui peut sombrer de temps à autre. L’ancien joueur de Manchester City Nedum Onuoha, à qui on venait de rappeler cette série de catastrophes vécues par Guardiola sur le podcast du Gardien, rétorqua qu’une équipe n’était jamais plus vulnérable que lorsqu’elle venait de concéder, notamment à l’étranger. Sans doute était-ce vrai, tout comme il est vrai qu’une équipe est aussi vulnérable lorsqu’elle-même vient de marquer et, qu’elle le veille ou non, se relache juste ce qu’il faut pour connaître un moment d ‘oublie.

Néanmoins, cela n’explique pas pourquoi et comment des équipes construites qualifiées pour exercer un contrôle aussi total que possible sur le ballon et sur le jeu autorisé perdre pied de la sorte, aussi régulièrement, presque aussi prévisible, lorsqu’elles s’approchent de l’objectif rêvé. Non, parmi les ‘grands’, il n’y a pas que le PSG qui sachet savoure ainsi.

Pour Guardiola, il y a une vérité dans le jeu

Certains managers aiment le chaos, comme les deux finalistes de cette Ligue des Champions 2021-22, Jürgen Klopp et Carlo Ancelotti, peuvent-être les deux techniciens les más inspirés et les plus efficaces de nore temps en termes de coaching, que ce soit pour Modifier une mise en place tactique ou pour effectuer des changements décisifs en cours de jeu. Guardiola ? Non. Pour lui, il est bien une vérité du jeu. Pour lui, on peut atteindre le pied de l’arc-en-ciel, à tout le moins s’en approcher suffisamment pour être consommé dans sa lumière. La meilleure façon de le faire est à travers la répétition des séquences et des enchaînements. Mais répéter, encore et encore, est-ce toujours progressé ? Ou devient-il une sorte de Pénélope, défaire sa tapisserie pour le refaire, et la refaire pour la défaire, sans qu’Ulysse arrive jamais à la porte de l’atelier ?

La quête de la perfection est payée. Quand la machine s’enraye, ceux qui la font fonctionner en sont si surpris qu’ils en oublient des gestes qu’ils accomplissaient sans penser à quelques instants antérieurs, comme le mille-pattes du conte allemand à qui on demand it comment il arrivait à faire fonctionner tous ses annexes en même temps et qui, réfléchissant à la question et étant incapable d’y répondre, paralysé retrouvant.

Pep Guardiola – Manchester City

Crédit : Getty Images

C’est comme si résister à cette machine était un outrage à la raison, et quand la raison déraisonne, rien ne peut la sauver. C’est le regard de Phil Foden après Rodrygo avait marqué le second de ses buts. Rien ne l’avait préparé à ce scénario, et ses partenaires pas plus que lui, au vu de leur absence de réaction, au-delà de l’incompréhension. Manchester City a complètement cessé d’exister pendant la prolongation après le penalty de Karim Benzéma. La fatigue n’en était pas la seule cause, pas plus quelque chose de mystérieux enchantement que le Real exercerait sur ses adversaires.

Dans l’esprit des Cityzens, c’est comme si une loi immuable avait été devant. C’est comme s’il appartenait à d’autres qu’eux de punir ceux qui l’avaient bafouée. Plongés dans le chaos, des footballeurs aussi doués et imaginatifs que Bernardo Silva et Riyad Mahrez avaient perdu leurs dons d’improvisateurs ; et Man City craqua, une, deux, trois fois, pas pour la première fois. Et c’est ainsi qu’à force de jouer en triangles, on peut tourner en rond.

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