six douaniers ont joué à Paris à partir du 9 mai

Ils sont soupçonnés d’avoir gonflé artificiellement les chiffres de leurs saisies, en pactisant secrètement avec un trafiquant : six ans responsables des douaniers du Havre sont jugés du lundi 9 mai 2022 pour répondre d’un scandale révélé par la découverte d’un trafic de contrefaçons café.

L’affaire du “café contrefait” du Port du Havre Il a refait surface un problème que beaucoup de gens avaient ébranlé les douanes ou la police antidrogue ces dernières années : la gestion de certains informateurs.

Elle amène sur le banc des prévenus l’ex-employeur de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), cinq de ses subordonnés, deux indics et un entrepreneur du Havre.

Tout commence avec une saisie record à le 2015lorsque les « gabelous » ont découvert 43 tonnes de café contrefait en région parisienne. « Une première sur le territoire national », s’enorgueillit alors Bercy, leur ministère de tutelle.

Plus vite, le prix historique est devenu suspect. Qui pourrait vraiment écouler en France des milliers de paquets de ce robusta de piètre qualité ?

Quel rôle a joué Joué le Serbe Zoran Petrovic ?

Selon l’enquête, l’opération a en réalité été intégralement montée par la puissante Direction des opérations douanières (DOD), les bras armés de la DNRED, à l’aide d’un « aviseur » – un informateur dans le jargon – “haut niveau”
: Zoran Petrovic.

En échange des « tuyaux » de cet ancien militaire serbe, qui organise lui-même le transport et le stockage des marchandises, la hiérarchie douanière lui aurait permis d’importer ses propres conteneurs au port du Havre sans contrôle.

Les 43 tonnes de café sont également écorcées avec une charge de 120 tonnes. Pour la juge d’instruction Aude Buresi, les 77 tonnes restantes, jamais restituées, contenaient probablement des cigarettes de contrebande au profit du trafiquant, proche de la mafia chinoise.

Les douaniers en cause « Ont infreint la loi dans l’unique mais de réaliser des saisies avantageuses pour l’image médiatique de la DNRED mais sans aucun résultat concret sur le plan de la lutte contre la contrebande »tacle le magistrat dans son ordonnance de renvoi, en fustigeant leur “déloyauté totale à l’égard de l’autorité judiciaire”.

Relations incestueuses

De lourds soupçons de corruption pèsent sur Pascal Schmidt, le chef de la DOD au Havre et l’agent traitant de Zoran Petrovic. Ils sont bureau dissimulait près de 800 000 euros en espèces et autres montagnes de luxedont une offerte par le Serbe.

Mais au-delà des incestueuses de ce duo, l’instruction de révélé un système trouble autour de ce «tonon» joué dangereux et inscrit sur «liste noire» des 2009, moins d’un an après son recrutement par l’ancien directeur du DOD, Vincent Sauvalère.

Sa radiation ne l’a pas empêché de devenir une pièce maîtresse de l’administration : selon le juge d’instruction, Zoran Petrovic a été réimmatriculé sous plusieurs autres identités, avec l’accord de M. Sauvalère, numéro 2 du renseignement douanier, et de son adjointe Magalie Noël, afin de masquer la poursuite de sa collaboration.

Le processus est avant jusqu’au 9 juin

Entre 2011 et 2015, les douanes ont ainsi organisé 32 saisies – contraception, médicaments, café, cigarettes – grâce à ces « informations », pour lesquelles il a été rémunéré près de 400 000 euros sous divers pseudonymes.

Des sommes indues par un informateur infréquentable, que valent à la plupart des prévenus d’être jugés pour détournement de fonds et escroquerie en bande organisée, plus d’une complicité dans l’importation du café contrefait.

“Chacune des accusations qui pèsent contre Vincent Sauvalère, toutes pavées d’incohérences et de contradictions ahurissantes, seront désignées combattues tout au long de ce procès”, déclarés à l’AFP sont l’avocat, Matthias Pujos.

Autre cadre épinglé, Erwan Guilmin, le successeur de M. Sauvalère à la tête du DOD, est soupçonné d’avoir modifié une note classée « secret défense », pour masquer la présence de Zoran Petrovic sur liste noire.

Vidéo. Le récap du 2 au 6 mai 2022

L’enquête va jusqu’à mettre en cause l’ex-grand patron du renseignement douanier, Jean-Paul Garcia, dont la juge pointe la « désengagement » et le « négligence », malgré plusieurs alertes concernant le cas Petrovic.

“En tant que directeur national, ils ont le rôle c’était le stratégique, pas l’opérationnel et donc pas les aviseurs”, fait valeur fils avocat, Patrick Tabet, tout en rappelant que le Serbe n’était «Quel conseiller pour les 1 250 travailleurs de la DNRED».

Le procès doit durer jusqu’au 9 juin 2022.

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