dans les pas de Rafael Nadal, Carlos Alcaraz, nouvelle étoile du tennis mondial, “impressionne tout le monde”

Ils sont nommés sur toutes les lèvres. L’Espagnol Carlos Alcaraz éblouit la planète tennis par sa fulgurante ascension. Inconnu du grand public il ya encore deux ans, l’Espagnol brun aux cheveux courts et yeux marron compte parmi les outsiders à Roland-Garros pour sa seconde participation, d’autant plus après son titre, dimanche 8 mai, à Madrid, son deuxième Masters 1000 en carrière. Avec 27 victoires à son actif cette saison pour trois défaites, dont des succès face aux géants Rafael Nadal et Novak Djokovic, le Murcien fait désormais partie des prétendants à la victoire à Paris.

Après leur première tournée sur le circuit principal en 2020, ils enchaînent les précédents records. En février, ils ont rapporté le premier ATP 500 à Rio de Janeiro et sont devenus, à 18 ans, 10 mois et le plus jeune tennisman à proposer un tournoi de ce calibre. En mars, il glane sont les premiers Masters 1000 à Miami. Là encore, il est le plus jeune joueur à reporter le titre en Floride, et inscrit même son dans l’histoire en devenant le premier espagnol à et soumis le trophée. Cinq fois finaliste, Rafael Nadal n’a en effet jamais réussi à s’imposer.

Seuls deux hommes ont fait mieux dans l’histoire des Masters : l’Américain Michael Chang à Toronto en 1990 (18 ans, 5 mois et 7 jours), et Rafael Nadal à Monte-Carlo en 2005 (18 ans, 10 mois et 14 jours), rappelait en avril le compte Jeu, Set et Maths sur Twitter. Vous en voulez encore ? Lors du dernier Open d’Australie, alors sorti des qualifications, Alcaraz est devenu le plus jeune joueur espagnol à remporter un match au Grand Chelem après Nadal en 2003.

Encore 318e au classement ATP le 16 mars 2020, 114e place déjà an an, il est ce lundi 6e mondial. Où s’arrêtera-t-il ? alcaraz “C’est un joueur qui progresse à une vitesse phénoménale, a expliqué mi-avril Patrick Mouratoglou, consultant pour France Télévisions dans “Tout le sport”. Quand un joueur brûle les étapes comme lui, en général, c’est très bon signe. Il impressionne tout le monde par la qualité de sa frappe, par ses qualités physiques et sa capacité à gagner.”

“Il deviendra probablement le meilleur joueur du monde. Je crois qu’il va brûler les étapes très vite”, àvançait quant à lui Rafael Nadal, le 5 mai 2021, devant les journalistes, après sa victoire expéditive face à Alcaraz à Madrid (6-1, 6-2) au deuxième tour. En effet, le jeune homme fait sauter les marches quatre par quatre : un an plus, tard, c’est lui qui a pris le meilleur sur son aîné en quarts de finale du tournoi espagnol (6-2, 1-6, 6-3 ).

Carlos Alcaraz et Rafael Nadal postent avant leur match au Masters 1000 de Madrid, le 5 mai 2021. (MAXPPP)

Évidemment, on ne peut s’empêcher de comparer les deux Espagnols. Ils ont commencé sur le circuit professionnel à 15 ans et ont remporté leur premier tournoi à 18 ans. C’est aussi maintenant qu’Alcaraz est devenu le plus jeune du Top 10 mondial après… Rafael Nadal en 2005.

Au-delà des chiffres, le jeune prodige partage avec le Majorquin son coup droit dévastateur, ses prédispositions sur la terre battue, son mental d’acier, ainsi qu’une attitude et une humilité suscitées de tous. Pour beaucoup, une telle comparaison aurait été étouffante et paralysante. Carlos Alcaraz lui a réussi à transformer en moteur pour gagner. “Grâce à ‘Rafa’, j’ai appris l’importance de jouer avec une grande énergie et de tout donner de la première à la dernière balle. Le défi d’essayer d’aller là où ‘Rafa’ est there est aussi une grande motivation pour moi, même si je sais que c’est presque impossible”, confiant en avril lors d’une conférence de presse après sa victoire au Miami Masters 1000.

Cependant, Alcaraz sait aussi se démarquer de l’ombre du géant, comme le rapportait le Corriere della Sera (article en italien). “Je suis de Murcie, lui de Majorque. Il est gaucher, pas moi. Moi, quand j’étais petit, j’étais tout sauf un guerrier : petit, maigrichon et peu puissant. L’opposé de Nadal…”

Sur le court, son style se rapproche d’ailleurs plus d’un Roger Federer ou d’un Novak Djokovic. Ce sont des tennis efficaces aussi sur le terrain que sur dur et plus offensif que celui de “Rafa”. Sa palette de coups, déjà très complète, allie des coups puissants et à plat à d’autres plus délicats, en passant par un jeu grisant au filet. “J’aime être agressif, marquer beaucoup de points directs. Msur le style ressemble plus ou moins à celui de Federer”estimée en février 2020 sur le site de l’ATP.

Carlos Alcaraz au filet lors de la finale du Masters 1000 de Miami, le 3 avril 2022, affronte au Norvégien Casper Ruud.  (MAXPPP)

Comme les joueurs du “Big 3” historique, Carlos Alcaraz a appris vite, signe d’une maturité étonnante vu son âge. Sa défaite en novembre 2021 face à Hugo Gaston en huitièmes de finale au Masters de Paris-Bercy, devant un public totalement remis à la cause du Tricolore, constituant un des exemples les plus frappants. Carlos Alcaraz, qui s’est imposé 5-0 dans son deuxième set, a complètement perdu le match avant son tilt 6-4, 7-5. “J’ai connu un véritable blocage mental. J’ai été submergé, je ne savais plus jouer”, racontait-il en février dans L’Equipe (article pour les abonnés). “En sortant, j’ai pleuré, j’avais un sentiment d’impuissance. (…) Après un ou deux jours, ça avait bien refroidi. Je me suis alors dit que c’chouette d’avoir vécu cette situation , afin d’emmagasiner assez d’expérience pour que ça ne reproduise pas, al tout cas pas de la même façon.”

c’est “De loin le match qu’a le plus servi à Carlos en 2021, Assurait Juan Carlos Ferrero. L’ex-numéro un mondial et vainqueur de Roland-Garros en 2003, est entré à Alcaraz après six 15 ans.

“Lors du dernier NextGen Masters (qu’il gagne), en novembre 2021 à Milan, ce que Carlos souhaitait le plus au monde, davantage même que le titre, c’était de pouvoir rejouer tout de suite contre Hugo Gaston, et ça dit énormement de sa personnalité.”

Juan Carlos Ferrero, entraîneur de Carlos Alcaraz

à L’Equipe, en février 2022

Son élève ne semble pas du genre à prendre la grosse tête. “Je suis en train de faire de belles choses, je gagne des titres. Alors forcement, dans ces moments-là les gens parlent de toi, j’essaie de prendre cela simplement et de continuer sur le chemin que je me suis fixé”, soulignait à Monte-Carlo au micro de “Tout le sport”, celui qui “Je suis là pour un jour, je numérote une coupe du monde” et “gagner tous les tournois du Grand Chelem”. modeste donc, plus ambitieux.Je peux gagner un Grand Chelem cette année. Et je n’ai pas peur de le dire”confiait-il du reste en avril au quotidien sportif espagnol Marquer (articles en anglais).

Carlos Alcaraz et son entraîneur, Juan Carlos Ferrero, ont célébré la victoire du jeune Espagnol à Barcelone, le 24 avril 2022.   (MAXPPP)

Ils sont les premiers de carrière en fanfare à impressionner aussi les autres joueurs du circuit. “C’est incroyable, ce qu’il fait. A son age, je ne sais même pas si j’avais un point ATP. A chaque match, il prouve un peu plus son énorme potentiel”, J’ai déclaré l’Italien Matteo Berrettini après sa victoire au jeu décisif du cinquième face à Alcaraz au troisième tour de l’Open d’Australie. “Il n’est pas le futur du tennis, il est déjà le présent”, Je me suis assuré par Gaël Monfils, impressionné après sa défaite contre lui en huitièmes de finale à Indian Wells, en mars.

Même Tony Nadal ne tarit pas d’éloge à son sujet. “Au cas où quelqu’un aurait des doutes, il n’y en a plus : le tennis espagnol n’a pas seulement un horizon prometteur, il a Carlos Alcaraz. Il n’est pas seulement le joueur actuel plus probablement le mieux placé pour succéder aux membres du ‘Big 3’ sur la scène mondiale”at-il écrit en septembre 2021 dans une chronique parue dans Le pays (Contenu en espagnol pour les abonnements). En Espagne, il est déjà la nouvelle coqueluche de la presse nationale. Quand Le Pays (article pour les abonnés) partie de diamant brut à polir avec le temps”, Monde du sport écrivez: “Carlos Alcaraz, d’ailleurs ils sont jeu et sa personnalité sur le court, est déjà à seulement 18 ans le nouvel et irrésistible aimant du public, où qu’il joue.”

Continuera-t-il sur sa lancé à Roland-Garros ? Il figure en tête de liste des candidats, avec Nadal, Djokovic et Tsitsipas. L’histoire est déjà prête à lui faire sa place. En juin 2005, Rafael Nadal, à seulement 19 ans, revient comme son premier tenant du titre à Roland-Garros. On imagine sans mal Alcaraz connait une destination comparable porte d’Auteuil.

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