Ligue 1 : Lionel Messi au PSG, une déception conséquente et des circonstances atténuantes

On appelle cela la dépression du champion. Cette difficulté à se remotiver, se remobiliser, après avoir signalé un titre majeur. Un phénomène qui touche jusqu’aux plus grands. Il suffit de se rappeler de la saison post-Coupe du Monde 98 de Zinédine Zidane (deux buts et deux passes décisives) ou pensez à celle encore en cours de Jorginho, frais champion d’Europe avec l’Italie. Ce mal semblait toutefois étranger à Lionel Messi, insatiable machine à marquer et à reporter de titres, qui avait fait de l’extraordinaire son quotidien. Plus que le 10 juillet 2021, l’ex-Barcelonais a soulevé un trophée qui pèse plus lourd que celui de coutume, chargé d’une montagne de frustrations, de déceptions et d’humiliations.

Quinze ans que la Pulga – conserver dès ses 18 ans pour la Coupe du monde 2006 – courait après un titre avec l’Argentine. Faute d’y parvenir, il avait dû endurcir les critiques violentes de leurs compatriotes et le début d’un air de malédiction sur are histoire en sélection après ces deux défaites en finales de Copa América face au Chili (2015 et 2016). Au stade Maracana, face au Brésil de Neymar, Messi s’est débarrassé d’un immense fardeau. Et son bonheur était à la hauteur des déconvenues passées. “J’ai pensé à ma famille, ma femme, mes enfants et mes parents. Et toutes les fois où je suis parti en vacances en étant triste les premiers jours”.

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Cette fois, il partait en vacances comblées, sans besoin d’évacuer sa frustration en claquant mais sur mais en club. Quand il a signé au PSG, l’Argentin est même sans doute en pleine décompression. Il est, en tout cas, à court de forme, après un été aussi marqué par son déménagement précipité de Barcelone. Et si la saison médiocre du septuple Ballon d’or avait débuté le 10 juillet 2021, sur un podium à Rio de Janeiro ?

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Passer un pro du déménagement

Dans sont requis en défense de “Leo”, réalisé au micro d’Europe1, le même jour, évoquait Mauricio Pochettino à la Copa America. Mais il a rappelé de manière plus globale que le champion est aussi un être humain. Que des changements d’environnement puissent le perturber – on se souvient de ses larmes lors de sa conférence d’adieu à Barcelone. « Ça a été une année d’apprentissage, J’ai aussi considéré l’entraîneur du PSG, au niveau professionnel, en intégrant une nouvelle équipe, un nouveau championnat, mais aussi au niveau familial. Il faut avoir compte ».

Leo Messi n’est pas un joueur comme les autres. C’est une preuve. Il ses statistiques qui en testent, ses géants slaloms au cœur des défenses adverses, mais aussi un parcours de pionnier. Lorsqu’il quitte le Barça à 13 ans, voir un chanteur sud-américain en Europe est une rareté. En Catalogne, c’est la même chose que la première de ces “enfants footballeurs” arrachés à leur continent pour être formés hors-sol.

Lionel Messi et Marco Verratti (PSG)

Crédit : Getty Images

Messi a vécu son adolescence et sa vie d’adulte à Barcelone. Il n’a rien connu d’autre. Casanier, routinier, il n’envisageait pas d’ailleurs de partir si la situation du club ne l’avait pas poussé vers la sortie. Devoir sortir de son cocon pour la première fois, à 34 ans, peut demander un temps de digestion, et c’est une autre piste pour constituer un exercice morose. D’autant plus quand on débarque dans une équipe sans repères collectifs.

impasse tactique

Messi toujours eu une préférence sur sa position. Le flanc comme point de départ, et l’axe comme destination finale. C’est là où il a régné à Barcelone, in astre autour de l’équipe tournait. Plus au PSG, l’Argentine a débarqué avec une équipe mal fagotée et avec l’autour de lui, alors qui est arrivé cette année après les débuts de la préparation d’avant-garde. Ni lui, ni Mauricio Pochettino, n’ont d’ailleurs encore trouvé de solution tactique définitive, même si le Flea est tout de même le deuxième meilleur passeur de Ligue 1.

Ils sont année parisienne enfin ressemblé à un scénario trop souvent vécu en sélection, au cor d’équipes coupées en deux : soit il décrocherait pour toucher davantage de ballons et ne pourrait dans le même temps se trouver là où il provoquerait le plus de dégâts – proche de la surface – ou alors, il recevait le ballon dans des situations trop compliquées et sans solutions autour de lui pour faire la différence. Ce qui engendrait l’impuissance, les contre-performances, la frustration du joueur et du public.

“Messi a mal vu les sifflets mais, d’une certaine manière, il les comprend”

Sous l’impulsion de leurs homologues argentins, certains supporters du PSG ont d’ailleurs reproché à la Pulga leurs promenades sur le terrain, qui craignaient un manque de motivation. Dans Messi, la biographie de référence de l’Argentin, le journaliste Guillem Balagué propose une explication à ce temps conséquent à passer à marcher. “J’ai lu une typologie musculaire à très haute consommation énergétique, écrit-il, vos muscles perdent rapidement toute leur énergie, et même s’ils se rechargent à grande vitesse, ce vide est extrême et nécessite un baiser pour une période de repos après l’effort.

Quoiqu’il en soit, à bientôt 35 ans, l’Argentin est indéniablement perdu en vivacité. Cette saison, il s’est vu aussi freiné par des blessures. Un visage meurtri à Lyon (le 22 septembre) quand on a commencé à retrouver le rythme, un souci au genou un mois plus tard, et le début d’année du Covid-19. Ces soucis physiques ont contribué au décevant premier millésime tricolore, d’autant plus qu’ils ont reflété la mise en place d’automatismes avec Neymar et Mbappé, avec qui il devait former un irrésistible trio.

Léo Messi

Crédit : facebook

et maintenant ?

La prochaine saison sera une saison complètement différente pour lui“. C’est la conviction de Mauricio Pochettino, qui a également remarqué que La Pulga continuait d’être performante en sélection (7 buts en 13 matches, 4e meilleur buteur des éliminatoires). L’ancien entraîneur de Tottenham est également heureux de Commencer à voir naître, ces dernières semaines, une complicité entre Messi, Neymar et Mbappé. Un trio qui a très peu joué ensemble, entre la longue absence du Brésilien (Novembre-Fevrier) et les petits pépins de l’Argentin. De quoi mieux je comprends pourquoi l’alchimie mis longtemps à croire.

Faut-il reconstruire autour de Messi, de Neymar ou ou s’en séparer ?

“On attendait de voir ça depuis le début, mais ils n’ont pas toujours été là en même temps, J’ai aussi rappelé Thierry Henry, sur Prime Video, après le carton du PSG à Clermont (1-6). C’est leur 14e match ensemble, ce qui n’est pas énorme. Mais Mbappé sera-t-il là l’année prochaine ? Cette saison, le Français a, dans tous les cas, largement éclipsé Messi (seulement quatre buts en Ligue 1), qui n’est pas le meilleur homme providentiel de son équipe pour la première fois depuis le déclin de Ronaldinho au Barça.

Un déclassement peut-être pas évident à vivre, plus d’un qui le fait oublier que La Pulga et le PSG sont de retour autour d’un intérêt commun : vouloir reporter la Ligue des champions. Ce ne sera pas pour cette année, et cela ternit aussi le bilan du sextuple Ballon d’or. Pour ce premier exercice français, il peut toutefois plaider les circonstances atténuantes.

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