Sur les traces de Molière, comédien et dramaturge de

Molière a déjà 400 ans. Comédien exilé en province, protégé du roi, père de la Comédie française… Les mythes et légendes qui entourent le personnage foisonnent. Découvrez-les par une balade dans Paris, la ville qui l’a vu naître et mourir.

Des secrets, Molière en des milliers, à commencer par son nom de scène, dont il n’avouera jamais l’origine, jusqu’à l’énigme de sa mort. De Saint-Honoré à Rivoli, Paris est devenu encore à la présence du comédien dans ses rues. Prêt à remonter le temps de 400 ans ?

Un Molière aux deux maisons

Nous sommes en 1622, le 15 janvier exactement. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, nait dans le quartier des Halles, au 96, rue Saint-Honoré (Paris Centre). La maison devant vous date de 1802, et se situe à l’emplacement de l’ancienne demeure familiale des Poquelin. Au rez-de-chaussée se trouve la boutique son père, tapissier du roi. C’est là aussi que meurt sa mère, lorsque le jeune Jean-Baptiste n’a que 10 ans. Une ronde de médecins déplacée au chevet de la femme souffrante, sans pouvoir la soigner. Il est dit que cet événement tragique doit inspirer au futur Molière la pièce du Malade imaginaire.

La fausse maison de Molière 31 rue du Petit pont

Encore aujourd’hui, de nombreux touristes s’arrêtent en face de la bâtisse du 31 rue du Pont-Neuf (Paris Centre), devant le buste du dramaturge, pensant se trouver devant sa maison. Mais cette fausse deuxième demeure n’est qu’une tromperie mise en place par un marchand du 18e siècle qui a vécu là. Il a apporté que le plaisir du buste de Molière lui a permis de la bonne publicité. Il n’avait pas tort…

Tapissier, avocat, ou comédien ?

Lycée Louis le Grand et le Panthéon sous le second Empire.  Lithographie de Bachelier.  BNF

Pour retracer l’adolescence dorée de Jean-Baptiste Poquelin, il faut se rendre au 123, rue Saint-Jacques (5e). En 1635, le garçon est élève du collège jésuite de Clermont, remplacé aujourd’hui par le lycée Louis-le-Grand. Molière et étudie le droit, bien qu’ils soient père l’imagine déjà tapissier, comme lui. Mais le jeune homme n’en fait qu’à sa tête : s’il est destiné à devenir un jeune homme cultivé de la Cour, il se passionne pour le théâtre. À 21 ans seulement, il choisira son destin : il sera comédien !

Les débuts de l’Illustre Théâtre ou les premières d’une vie de comédie

Georges Gaston Mélingue (1840-1914).

La vie théâtrale de Molière est intimement liée à une rencontre avec la famille bourgeoise des Béjart. Frères et sœurs rejoignent l’ensemble dramaturge et formation en 1643 leur première troupe, nommée l’Illustre Théâtre. La joyeuse tribu fait ses débuts dans la salle du Jeux de Paume des Métayers, autrefois située à l’angle de 13 rue de Seine et du 12 rue Mazarine (6e)à deux pas de la tour de Nesle (aujourd’hui disparue).

Devant le numéro 12, lez les yeux pour apercevoir la plaque qui témoigne encore de cet ancien lieu de culture. Molière lance sa carrière avec cette troupe et donne une première représentation le 1er janvier 1644. Mais son succès est bref et, très vite, la troupe est criblée de dettes.

Du théâtre à la prison, un détour par le Châtelet

Le Grand Châtelet du XVIIIème siècle.

Il semble que les raisons de cet échec ne proviennent pas de la qualité du jeu des comédiens, plutôt que de la gestion financière du lieu. L’Illustre Théâtre fait faillite, ce qui vaut à Molière un succinct passage… en prison. Il est enfermé au Grand Châtelet, lieu de détention situé sur l’actuelle place du Châtelet (Paris Centre), au bout du Pont au Change. Bien qu’hésitant, le père Poquelin rembourse enfin les dettes de son fils et le sort de prison. Ce dernier délaisse la capitale en 1646, pour un long périple d’une dezaine d’années, où il se produit sur les routes de France.

Le jour où Molière a fait rire le Roi

Theodor Josef Hubert Hoffbauer (1839 1922).  Le Louvre et le Petit Bourbon, 1583. Paris, Musée Carnavalet.

Le 24 octobre 1658, le retour de Molière sur les plateaux parisiens, et pas n’importe si demandé ! Aux commandes de la troupe de Philippe d’Orléans, frère du roi et nouveau protecteur de Molière, le comédien joue pour la première fois devant Louis XIV, au Palais du Petit-Bourbon, au sud-est de la Cour Carrée du Louvre, Rue de Rivoli (Paris Centre).

La représentation de la comédie « Le docteur amoureux » est un succès, et Molière atteint son apogée : il fait rire le Roi Soleil. Cette rencontre décisive propose un toit à la troupe, qui se sédentarise et s’installe dans une salle du Petit-Bourbon.

Entre critique et séduction du pouvoir royal

Devanture du Théâtre du Palais Royal

Après la destruction de la salle du Petit-Bourbon en 1661, la troupe de Molière s’installe définitivement au théâtre du Palais-Royal, au 38, rue de Montpensier (Paris Centre). En alternance avec les comédiens italiens, les pensionnaires de Molière produisaient les lundis, mercredis, jeudis et samedis.

C’est ici que les artistes jouent leurs plus grands classiques, dont Tartuffe, qui ne plaît pas à l’Église. La pièce, d’abord censurée, est remaniée avant d’être jouée devant tout Paris : c’est le plus grand triomphe de Molière. La nouvelle troupe royale se produit régulièrement à la Cour de France. Le Roi Soleil, grand amateur de théâtre, se lie d’amitié avec Molière, qui lui demande même d’être le parrain de son fils, également prénommé Louis.

Molière est-il vraiment mort sur scène ?

Dernière Maison de Molière, au 40 rue de Richelieu

Le 17 février 1673, Molière joue pour la quatrième fois Le Malade imaginaire, au théâtre du Palais-Royal. Pris de vertiges, ils lui ont donné un malaise à la fin du morceau. Il est vite transporté chez lui, au second étage du 40 rue de Richelieu (Paris Centre). Il y meurt, à 51 ans. Comme le veut la coutume, le défunt n’a pas droit à une cérémonie religieuse car il n’a pas renoncé à son statut de comédien. Grâce à la détermination de sa femme, Armande Béjart, et avec l’intervention du Roi, Molière évite de peu la fosse commune et est interré dans une petite sépulture à l’église Saint-Eustache, de nuit et dans le secret.

Tombeaux de Molière et La Fontaine.  Paris, Cimetière du Père-Lachaise, 1875.

Aujourd’hui, sa tombe est désignée au cimetière du Père Lachaise, 16, Rue du Repos (20e). Cependant, un autre mythe l’entoure : à la Révolution, alors que l’on souhaite célébrer les grands hommes décédés, les tombes de Molière et de Jean de la Fontaine sont changées d’endroits. More faute de documents écrits, rien ne prouve l’emplacement de leurs tombes initiales… Les corps aujourd’hui placés au Père Lachaise peuvent aussi bien être ceux d’inconnus.

La Comédie Française, la maison où Molière n’a jamais mis les pieds

La Comédie Française, Maison de Molière

émousser le Rue Molière (Paris Centre) pour vous rendre devant la Comédie française. Au carrefour des rues Molière et de Richelieu, il est temps d’admirer la statue de Molière qui date de 1844.

Patron de la Comédie, le comédien n’est en réalité jamais monte sur ses planches, en réalité créée en 1680. La naissance de ce théâtre marque l’union entre deux troupes parisiennes : celle de l’hôtel Guénégaud, qui la dirige le dramaturge , et celle de l’hôtel de Bourgogne. Autrefois rivaux, le roi décide de fusionner et de créer la Comédie Française, définie au 1, place de Colette (Paris Centre).

Portrait de Molière à la Comédie Française

Sept années après sa mort, Molière est tout de même considéré comme le « père » de la Comédie. Aujourd’hui, il reste l’auteur le plus joué de l’institution.

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