Treize ans après l’accident du vol IY626, le procès de la Yemenia Airways s’ouvre à Paris

publié le lundi 09 mai 2022 à 04h03

Le procès pour homicides et blessures involontaires de la compagnie Yemenia s’ouvre lundi à Paris, près de treize ans après le crash d’un avion au large des Comores qui avait tué 152 personnes et laissé une unique rescapée 12 ans.

Des reportages de proches des victimes sont entendus à 13h30 depuis le tribunal correctionnel de la capitale et aussi à Marseille, ou une partie des débats est diffusée pour ceux, nombreux, qui résident dans la région.

Les parties civiles craignent de faire face à un banc des prévenus vide : aucun représentant de la compagnie nationale yéménite ne devrait être présent, selon la défense, à cause de la guerre qui déchire le pays.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 2009, Yemenia vol.

Seule une adolescente de 12 ans, Bahia Bakari, à survivre en restant agrippée en mer pendant une fois heures à un débris, avant d’être sécurisée pour un bateau de pêche.

Pendant quatre semaines, la justice française va examiner les soupçons de “manquements et négligences” de la Yemenia Airways, qui opérait le vol. L’entreprise, qui a répondu aux faits, a accordé 225 000 euros d’amende.

“Treize ans, c’est long : c’est épuisant psychologiquement et moralement et même physiquement”, déclare à l’AFP Saïd Assoumani, président de l’association des victimes. “Mais après treize ans d’attente et d’impatience, enfin le procès est là”.

– “Perte de contrôle” –

Les boîtes noires avaient été repêchées quelques semaines après ce crash, le plus grave de l’histoire de l’archipel des Comores, entre le Mozambique et Madagascar, mais l’enquête est longtemps restée enlisée.

Les autorités françaises ont un jour reproché aux homologues comoriens leur non-coopération, tant que les familles des victimes ont accusé le Yémen de justes pressions pour mettre la mise en cause de sa compagnie nationale.

L’instruction a finalement conclu que l’état de l’appareil, un Airbus sorti d’usine en 1990, n’était pas survenu en cause, ni la météo, le feu ou un missile.

Selon l’expertise, fondée notamment par les officiers de l’état civil, l’accident est dû à des actions inappropriées de l’équipe du cadre d’appropriation de l’aéroport de Moroni, menant à l’équipe de contrôle de l’avion”.

“Au-delà de ces dramatiques erreurs imputables aux pilotes”, cependant, la Yemenia à “failli à bien des prévues”, ont-ils estimé les magistrats instructeurs.

Je reproche à la compagnie le maintien des volumes de nuit pour Moroni, j’ai gâché les durées du vol feux de balisage de l’aéroport, voire des “insuffisances” dans la formation des pieux, qualifiés de “lacunaires”.

– “Avions-poubelles” –

“La Yemenia reste profondément marquée par cette catastrophe, en particulier pour les victimes, nous ne clamons pas leur innocence, indiquant qu’elles ne sont pas nullement responsables des actes qui interviennent”, selon Me Léon-Lef Forster.

“Il y a eu des dysfonctionnements, mais que ne lui sont pas imputables et qui apparaîtront lors de l’audience”, assure-t-il.

La jeune miraculée, qu’a perdu sa mère dans le crash, doit témoigner le 23 mai.

A travers les reportages et dans le livre, Bahia Bakari a décrit avoir ressenti, à l’approche de l’aéroport, des “turbulences”, avoir été comme “électrisée” puis avoir eu un “trou noir” avant de se retrouver dans l’ow.

Le procès sera aussi celui “des +avions poubelles+, le procès des manquements, de l’irresponsabilité, qui font que, avec la course aux profits, on arrive à des drames”, veut croire M. Assoumani.

Les passagers français avaient embarqué à Paris et Marseille avant de changer d’avion à Sanaa, au Yémen. Au moment de l’accident, les conditions de voyage entre la France et les Comores, via le Yémen, étaient entravées par les passagers.

L’absence d’un représentant de la société “ne pourra laisser aux familles et à la victime survivante qu’un goût amer”, estime Me Sébastien Busy, avocat de l’association Fenvac, partie civile.

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