critique du troisième type sur Warner TV

rétro-pédalage

Entre la série OVNI(s) et Infini Canal+ sud, parallèles sud Disney+, Les Sept Vies de Léa sur Netflix ou encore le film retour en arrière Sur Amazon Prime Video, une vague de productions françaises de genre différée depuis plusieurs mois sur les plateformes de streaming. Les oeuvres fantastiques et de science-fiction ne faisant toujours pas légion en France, la nouvelle création de Simon Astier se présente comme le dernier OVNI à passer en revue dans le catalogue de la série hexagonale. et oui la formule de Visiteurs s’avère moins originale qu’escomptée, elle n’en reste pas moins une balade pop-rétro amusante.

après choses étranges qui banalisé sont filtrés old school fantasmé, Visiteurs J’ai opté pour une tournée pour un habillage rétro ultra-référencé à visé nostalgique. Avec une approche moins méta et philosophique qu’OVNI(s)les épisodes compilés clins d’œil plus ou moins subtils aux classiques des années 80 et 90 qu’ils invoquent comme des totems et pastichent à des fins parodiques : ET L’extraterrestre de Steven Spileberg devient ainsi Fred L’extraterrestretandis que Fox Mulder et Dana Scully de Fichiers X laissent place au duo saugrenu de Muller et Scolla.

L’intrigue réprimande aussi les poncifs narratifs du genre, qui est avec la nocturne du vaisseau spatial écrasé en forêt, les disparitions de civils qui n’inquiètent pas grand monde, les phénomènes inexplicables qui touchent la population ou les éternelles manigances du bras moi

Le retour du Boys Band

Heureusement, la série ne se contente pas de combler les hommages parseux et les caricatures grotesques laissées par Les Nuls, Kad et Olivier ou Le Palmashow (d’ailleurs présents au casting). Plus délicat qu’il n’y paraît, Visiteurs prend le temps de soigner sa direction artistique et les morceaux de synthé de sa bande-son, peu coveruse, mais qui facilite l’immersion sans dénoncer l’économie de moyens. Simon Astier fait aussi partie d’un point de vente louable, notamment avec ses vieux spots publicitaires, les noms “easter egg” affichés à l’écran ou la reprise kitsch du logo Warner TV pour l’ouverture de l’épisode déroulant dans le passé.

Pour compléter la panoplie de la série SF vintage, les épisodes privilégiés ainsi que les prothèses et autres substances éblouissantes à effets numériques. En plus de revêtir un cachet artisanal de bonne facture, la série pioche in même temps dans l’imagerie dégoulinante et visqueuse de La Mouche ou alors La chosetout en présentant des créatures repoussantes proches des facehuggers d’Extraterrestre pour parfaire le décalque cinéphile. Motifs parfois différents, Simon Astier a donc confectionné un patchwork pop divertissant et parfois ludiquemais malheureusement pas toujours marqué ou pertinent.

Visiteurs : photo, Simon AstierLa fougue dans les yeux

la guerre des mondes

L’écriture du cadet Astier est moins corrosive et élégante que celle de son aîné, mais Simon Astier manie l’humour absurde et inepte avec adresse. Sans tomber dans la suite de gags lourdsauds et abrutissants, le scénariste a ciselé les dialogues, affûté les répliques et peaufiné son tempo comique, plus de compter sur un casting adapté à ce registre plus lunaire. A noter notamment Tiphaine Daviot, redoutable dans son rôle d’épouse insupportable, Julie Bargeton, géniale en ex blasée et je-m’en-foutiste, ou Vincent Desagnat, presque trop à l’aise dans sa combi de geek à cran.

ct humour pince-sans-rire qui frôle le surréalisme fait d’ailleurs écho à la trilogie Cornetto d’Edgar Wright (bien que le premier épisode fasse brièvement allusion). Visiteurs J’ai emprunté le cadre de Fuzz chaud avec un autre flic désabusé et des collègues décérébrés et peu accueillants dans une petite ville paumée, la dynamique du groupe de vieux potes used par la vie et l’façon extraterrestrial invasion Le Dernier Pub avant la fin du mondebien que la crise sans précédent soit gérée avec autant de gravité que dans Shaun des morts. Les événements se déroulent quant à eux à Pointe-Claire, une commune franco-américaine fictive qu’on croirait sortie du fin fond du Kentucky, notamment pour l’équipement et les véhicules de la police locale.

Visiteurs : photosEntre FBI : Portés disparus et Capitaine Marleau

Avec son format court de sitcom et seulement huit épisodes au compteur, la série évite de s’enliser dans son humour potache tout en se permettant d’enchaîner les événements sans temps mort, bien ça Le récit manque encore un peu d’euphorie et d’énergie pour être vraiment prenant. More the debut of the histoire refuse de se prendre au sérieux, le sixième épisode marque une rupture de ton bienvenue et assez surprenante. Les mouvements de caméra sont moins propres et sages, les cadres déstructurés, le montage s’emballer et la narration brise sa linéarité pour provoquer de la confusion et une paranoïaque et psychotique que les premiers épisodes et laissaient pas présager.

Malgré plusieurs retournements de situations convenues, voire attendues, la mi-saison est surtout l’occasion de dévoiler les véritables enjeux de l’histoire, de dépasser les caricatures des personnages, mais aussi de construire une vraie mythologie galactique (et pas seulement pour la blague). Saison 2, si elle est commandée, j’ai même promis pousser le délire apocalyptique encore plus loin et de trouver l’équilibre entre humour bas du front et épopée cosmique. Cette première fournée sert donc davantage à prendre la température avant que Simon Astier ne passe aux choses sérieuses.

Trois épisodes de la série Visiteurs chaque mardi soir sur Warner TV du 10 mai 2022

Visiteurs : photos

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