dans la banlieue de Lyon, la ville de Pierre-Bénite “gravement contaminée” par des polluants “éternels” rejetés par l’usine Arkema

Le constat est sans appel. Une partie de la ville de Pierre-Bénite (métropole de Lyon), où se trouve une usine chimique Arkema, est “sévèrement contaminé par les perfluorés (PFAS)”, des polluants toxiques aux effets aussi graves que variés sur la santé. C’est l’analyse, présentée mardi 10 mai, du professeur de chimie néerlandais Jacob de Boer au terme d’une prélèvements d’air, de sol, de lait maternel, d’eau du Rhône et d’eau potable effectuée par le le journaliste Martin Boudot pour l’émission “Vert de rage” sur France 5, en collaboration avec “Envoyé spécial” dans un numéro diffusé jeudi 12 mai sur France 2. Le professeur de l’université libre d’Amsterdam recommande “La fermentation et l’assainissement de certaines zones racontent que le stade et un meilleur nettoyage de l’eau potable”Même ainsi, il y a une arrestation de rejets de PFAS.

Nommés “polluants éternels”, les PFAS, famille qui regroupe différents produits, se distinguent par leur capacité à persister dans l’environnement et leur toxicité. L’industrie chimique les utilise pour leurs propriétés anti-adhérentes, anti-collantes, ignifuges, hydrofuges ou anti-graisses. On retrouve dans des produits aussi divers que les poêles, les imperméables, le maquillage ou les boîtes à pizza. Ils sont au cœur du film Eaux sombresqui combattait un avocat américain contre la firme DuPont qui produisait du Téflon. “Chaque substance perfluorée a un effet toxique différent. Certains causent des cancers du foie, de l’intestin. Ils peuvent même avoir un effet sur la santé des enfants à la naissance. Mais le plus inquiétant, c’est qu’ils peuvent avoir un effet néfaste sur le système immunitaire”explique Jacob de Boer, favorable à une « interdiction totale des polluants ».

A Pierre-Bénite, l’usine d’Arkema, qui a différents propriétaires, qui utilise du PFOA depuis 1960 et seulement depuis 2016. Ce composant cancérogène perfluoré, dont la toxicité est décrite par l’Institut national de recherche et de sécurité, est interdit après 2020 dans l’Union européenne. D’autres PFAS, comme le PFNA et le 6:2 FTS, ont été ou sont encore utilisés sur le site de Pierre-Bénite. Dans cette même zone industrielle, une usine Daikin, installée en 2002, fait appel à du PFHxA pour produire ses caoutchoucs synthétiques.

“La contamination aux perfluorés est planétaire et particulièrement en Europe. Nous avons découvert des effets dramatiques de ces polluants sur l’environnement et les êtres humains.”

Jacob de Boer, professeur de chimie

à “Vert de rage”

Des produits retrouvés en quantité alarmante dans l’environnement du site industriel. Dans l’air, les taux mesurés par l’équipe PFOA sont jusqu’à huit fois supérieurs aux valeurs de référence de l’ONU. Dans les sols, les teneurs en PFUnDA dépassent de 83 fois les normes néerlandaises (249 microgrammes/kg contre 3 µg/kg), utilisé comme faute de réglementation française sur ce point. Dans les eaux rejetées par l’usine dans le Rhône, le taux de PFAS est de 36 414 fois supérieur à celui relevé dans le fluve en amont (364 144 nanogrammes/litre contre 10 ng/l).

L'usine Arkema rejette ses eaux directement dans le Rhône.  (PLTV)

Tous les échantillons d’eau du robinet rencontrent les normes européennes qui doivent bientôt entrer en vigueur en France (plus de 200 ng/l sur trois captages contre 100 ng/l). Et la moyenne des PFAS retrouvée dans le lait maternel est deux fois plus importante que chez les femmes hollandaises (160,7 ng/kg contre 70,7 ng/kg). Pour le professeur De Boer, cette situation, en particulier sur l’eau potable, “nécessite une attention immédiate des autorités”.

Les analyses sont alarmantes si la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a déclaré qu’il réagirait en personne. “Quand vous nous avez dit que vous aviaz fait ces prélèvements, tout de suite, nous avons diligenté une enquête sur cette entreprise”explique-t-elle au journaliste, en précisant que ce travail est “en cours”. Pour la ministre, il faut une “Trois interdictions rapides de la famille PFAS au niveau européen”. Elle s’engage également à “mettre à la place des normes”notamment sur la potabilité de l’eau.

L'usine Arkema de Pierre-Bénite, près de Lyon, le 21 novembre 2014. (MAXPPP)

Contactez les équipes de France Télévisions, l’usine Arkema minimise sa responsabilité. Certains ajouts perfluorescents ne sont pas majoritairement remis en cause par votre e-mail et nous sommes préoccupés par des activités anciennes sur la plateforme, différentes de la production actuelle du site de Pierre-Bénite, et pouvant provenir de multiples autres sources sans rapport avec l’activité industrielle du plateau”, répondez l’entreprise à l’émission. Avant la diffusion de l’enquête complète de “Vert de rage”, une version courtoise sera proposée jeudi 12 mai dans le magazine “Envoyé Spécial”.

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