deux tentatives d’assassinat et des enquêtes inégales

Une mère et son fils américain sont jugés à Paris pour deux tentatives d’assassinat du père français de ce dernier, sur fond d’affaires d’héritages.

Deux tentatives d’assassinat, deux enquêtes. Au procès à Paris d’une mère et son fils accusés américains d’avoir voulu supprimer le père français, sur fond d’affaires d’héritage, le tribunal a compris Mardi 10 mai les policières chargées des investigations.

Dans la boîte des accusés se trouvent June Hopkins, 60 ans – longue natte et éternel sourire – et son fils Brendan Walsh, 30 ans – teint blafard et chemise beige. Le fils est jugé devant la cour d’assises pour deux tentatives d’assassinat contre son père biologique, en 2010 et 2015 ; sa mère uniquement pour la seconde. Face à eux dans la salle d’audience, le père, Grégoire L., 57 ans, que souffre de dépression depuis.

“Je ne l’explique pas”

Août 2010. June Hopkins et Brendan Walsh, âgés d’à peine 18 ans, se rendent à Paris pour se renouveler après le père du dernier, qui n’est toujours pas venu après quinze ans. Grégoire L. leur prête son appartement mais un différend éclate quand il s’aperçoit qu’ils en ont profité pour fouiller ses papiers, notamment ceux relatifs à la succession de son père, décédé il ya peu. Selon la version de Grégoire L., Brendan Walsh se voyait autour de sa bouteille de liquide allume-barbecue et comprenait les cliquetis d’une briquette. Il se retourne brutalement, donne un coup de poing à son fils, que dégaine un sabre japonais – un katana d’une soixantaine de centimètres montré à l’audience – avant d’être maîtrisé par le frère de Grégoire L., présent sur place .

June Hopkins, elle, ne bougera pas, assurera aux enquêteurs le frère de Grégoire L. Une version que la mère et le fils nient categorically, tandis que l’enquête est lacunaire. A la barre, la police anime la retracer n’en mène pas large, face à l’accusation et la défense qui la tourmentent à l’unisson. Pourquoi la police n’a-t-elle pas recueilli le t-shirt soi-disant trempé d’essence de Grégoire L. ? Et le briquet ? Pourquoi personne n’est là faire des vérifications dans l’appartement ? «Je ne l’explique pas», «je n’y ai pas pensé», a répondu la police.

“C’est moi qui ai constitué le scellé”

Seule pièce exploitable, la bouteille de liquide inflammable, portée au commissariat par Grégoire L. At-elle été expertisée pour y chercher les empreintes de Brendan Walsh ? La police murmure qu’elle passe de mains en mains au commissariat, avant d’atterrir dans son casier. «C’est moi qui ai constitué le scellé», bredouille-t-elle. Les Américains quittent le pays quelques jours plus tard, sans être inquiétés.

Arrive à la barre une autre enquêtrice, venue narrateur d’une voix ferme, la seconde tentative d’assassinat. En février 2015, la soeur de Grégoire L. rentre chez elle quand un homme et une femme, visages masqués sous des casques de moto, lui sautent dessus et tentent de l’étrangler. Des voisins interviennent. Grégoire L. sort du pavillon et voit sa sœur au sol, choquée. C’est «les américains», gémit-elle. Il lance à leurs trousses. Ils sont ex-compagne lui enfoncé les doigts dans les yeux, ils sont fils tente de l’étrangler avec câble électrique. Là encore, des voisins les mettent en fuite. June Hopkins et Brendan Walsh ont été interrogés par lui.

L’enquête a montré que la mère et le fils étaient de retour à Paris depuis 2012 et avaient vécu en vas clos, espionnant le père et ses proches. Des micros et caméras ont été retrouvés devant chez Grégoire L. L’enquêtrice liste le matériel retrouvé dans l’appartement loué par les Américains. Une grande pelle sous le lit de la mère, et à la cave, une hache, une perche miroir, des lunettes caméras, des tenues de camouflages, des cagoules et masques… «C’est le parfait équipement du petit espion», reprend-t-elle. «La pelle et la hache, à moins de faire de l’espionnage en forêt…», avance le président. «On espionne d’abord, ensuite on fait des trous», a répondu l’enquêtrice.


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