Hérault : Christophe Moynier a vendu ses fraises lansarguoises jusqu’à Paris

Avec plusieurs hectares à Lansargues et à Mauguio, ce producteur de père en fils fonctionne uniquement avec les supermarchés et les grossistes. Une autre façon de promouvoir la consommation de fruits français.

“Il faut bien qu’on puisse approvisionner les zones où il n’y a aucune production.” Christophe Moynier est producteur sur la commune de Lansargues après plus de 30 ans. A bord spécialisée dans les melons, elle a été lancée ensuite sur la marche de la fraise, avec sept.

Si toute l’activité de cueillage, de tri et de mise en barquettes s’effectue aux abords du village héraultais, au sein d’une exploitation familiale qui emploie près de 70 saisonniers en pleine saison, il n’est pas rare de lire son nom sur les barquettes de supermarché, de Montpellier jusqu’à Paris, en passant par Lyon.

Une vente stratégique. “Le circuit court que passe par les marchés ou les particuliers, c’est super, mais ça crée beaucoup de concurrence, surtout par chez nous où il y a beaucoup de zones de production. Et puis ça n’écoule pas notre production de l’ annee.”

En supermarché, plus que de la qualité

Christophe Moynier alors fait le choix, comme les cinq autres familles du groupement de producteurs Force Sud, de vendre essentiellement aux supermarchés et grossistes, offrant également l’opportunité de se procurer des fraises produites sur le territoire, aux quatre pièces de France. Une aubaine pour les citadins que n’ont pas des choix aussi multiples qu’en milieu rural. “Je pensais par exemple à la région parisienne, où il n’y a pas de production. C’est l’occasion de leur proposer des fruits de qualité”assure le producteur.

La qualité des phrases qu’il produit, Christophe Moynier la définit comme son point fort. “Sur cette force en concurrence avec des fraises d’Espagne, et nous serons toujours plus chers. C’est pour qu’il faut se démarquer sur le goût et proposer des fruits de grande qualité.”

Tout se fait à Lansargues, de la cueillette à la confection des barquettes.
Midi libre – RICHARD DE HULLESSEN

Une saison particulière

Un travail quotidien, alors que les producteurs jonglent entre des récoltes tardives et le prix des matières premières qui augmentent. “Nous avons eu des mois de mars et d’avril très nuageux, alors nous avons connu un pic de fraises très important après Pâques, en même temps que tous les autres producteurs de la région, ce que ne nous est pas très favorable pour le Marché. Résultat, des frais sont allés un euro moins chères que l’année dernière. Et puis le prix du carburant a augmenté, comme celui des emballages ou encore des paniers en bois dans lesquels nous vendons les fruits.”

Mais la saison n’est pas encore terminée, et Christophe Moynier compte sur “le fort puissant” collections en cours. D’autant plus que le producteur a racheté une exploitation sur Mauguio, et réfléchit désormais à l’avenir de son entreprise. Fils de producteur, il réfléchit à sa succession. “Mes enfants n’ont pas du tout choisi cette voieraconte-t-il avec le sourire. Sur quelques pistes, mais on commence à chercher un repreneur. Malgré les difficultés qu’on peut connaître, c’est un domaine qui marche bien.” Un métier qui la passionne, et des produits qu’il exporte jusque dans le nord du pays, en prônant le Made in France.

Force Sud, l’avenir du métier ?

Il y a déjà 20 ans, le groupement de producteurs Force Sud se formait. Rassemblant cinq familles engagées dans la production de melons, cette société a permis d’alléger les entrepreneurs avec toute la partie commercialisation de leur travail. Christophe Moynier n’a pas hésité à se lancer dans cette aventure qu’il a qualifiée de sinueuse au départ. “Ca n’a pas été facile, il y a beaucoup de réunions, beaucoup d’échanges, parfois des désaccords.”

Aujourd’hui, les cinq familles sont toutes propriétaires de Force Sud et y participent activement et sont fonctionnellement et évolutivement. “Nous donnons notre avis sur tout, notamment sur toutes les stratégies de vente. Une fois que tout est réglé, on laisse les commerciaux se charger de la vente en elle-même.” Un soutien-gorge non négligeable pour les producteurs. “Je fais déjà un travail que je ne faisais pas avant, comme réfléchir aux emballages ou éviter les ruptures de stock de certaines matières premières. Alors le fait qu’on peut parer la production de la merchandising, ça permet un meilleur travail des deux côtés C’est l’avenir de la profession, on en est persuadé.”

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