Inspiré de l’univers Harry Potter, le Quidditch est devenu un sport de compétition

Tout droit venu de l’univers de Harry Potter, le quidditch conquiert une quarantaine de pays mais cet ovni sportif à califourchon sur un bâton veut s’émanciper du célèbre sorcier pour devenir une discipline à part entière. Des étudiants américains en avaient créé une version pour eux “moldus” (non-magiciens) soumis à la gravité, en mélangeant des aspects du handball et du rugby, avec des jeux de cours d’école.

Dans les romans de JK Rowling, les joueurs de quidditch Virevoltent sur leurs balais pour lancer le “souafle” à travers des anneaux, éviter les “cognards” et catcher le “Vif d’or” pour mettre fin au match. Peu à peu, la discipline est codifiée et structurée au sein des fédérations nationales et des champions officiels, comme la coupe de France s’est disputée le week-end dernier à Angers (Maine-et-Loire).

Certains ont découvert le sport lors d’échanges universitaires à l’étranger, d’autres à l’occasion de rassemblements de fans de Harry Potter, d’autres encore sont tombés par hasard sur un entraînement dans un parc… Sur les terrains , les capes et les chapeaux de magiciens des premiers adeptes ont pratiquement disparu, comme on l’appelle dans le monde de la magie sur les maillots.

Au vent pour Harry Potter, au repos pour le sport“, Martèle Cédric Chillan, 38 ans, sélectionneur de l’équipe de France. Cet ancien joueur de hand, qui évolue avec les Frogs de Paris, vante ainsi le côté physique, l’ambiance bon enfant et la complexité des stratégies. Mais le le vocabulaire des sorciers est resté, tout comme les balais, sous forme de matraques en plastique.

Un tantinet ridicule ? Pas du tout, assure Tiphaine Pasquereau, 32 ans, chargée de communication de la fédération et vice-présidente des Eléphants de Nantes, arrivée au Quidditch après 15 ans de judo. “Ce n’est pas pour faire semblant de voler. C’est un handicap, de la même manière qu’il faut dribbler pour avancer au hand ou passer en arrière au rugby. obliger à manipuler les boules à un principal, à plaquer à un principal…“explique-t-elle.

Du bord du terrain, elle harangue son équipe : “Fabien, j’ai privilégié la souafle. Maëva, tu protèges ta pointe !“Comme les instructions, le jeu peut paraître confus aux non-initiés. D’ailleurs, pas moins de cinq arbitres et deux assistants veillent au respect des règles. Dans chaque équipe, quatre poursuiveurs cherchent à faire passer le souafle (a volley ball ) dans les anneaux adverses, deux batteurs essaient de les mettre momentanément hors-jeu en leur tirant dessus avec des cognards (des ballons de dodgeball ou balle aux prisonniers) et, au bout de 18 minutes, un attrapeur entre en jeu pour tenter de s ‘ match du Vif.

Faute de petite balle dorée aux ailes délicates comme dans les films, le Vif est une balle de tennis logée dans une chaussette et suspendue au short d’un coureur neutre vêtue tout en jaune. Les actions sont rapides, les cours constants, les chocs parfois grossiers, les changements fréquents. Particularité du jeu : les équipes doivent être mixtes, avec un maximum de quatre joueurs du même genre engagés dans le même temps.

Encore confidentiel en France, avec 200 à 300 adeptes au sein d’une douzaine d’équipes actives, la pratique est en plein essor aux Etats-Unis, en Australie, au Royaume-Uni, en Allemagne… Au point qu’un Le changement de nomenclature est à l’étude aux Etats-Unis, afin de pouvoir poursuivre le développement sans passer par la Warner, détentrice des droits sur l’univers Harry Potter.

Ce développement devra s’accompagner aussi de la création d’équipes de jeunes, pour ne pas laisser la discipline s’étioler au fur et à mesure du vieillissement de la génération biberonnée à Harry Potter. En présence, Cédric Chillan peaufine ses jours-ci sa sélection pour les championnats d’Europe organisés fin juillet en Irlande, après deux années d’interruption pour cause de covid. L’enjeu est réel : vainqueur en 2019, la France a un titre à défendre.

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