La Biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France 2022 imagine la ville de demain

11 h 25, le 10 mai 2022

Comment vais-je construire la ville de demain dans un contexte d’urgence climatique et de crise sanitaire ? C’est la question à laquelle tentera de répondre au deuxième Bap, la Biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France, du 13 mai au 13 juillet à Versailles. Conçue à la fois pour les professionnels et le grand public, la manifestation, lancée en 2019 par la présidente LR de la Région, Valérie Pécresse (200 000 visiteurs alors), pour le commissaire général François de Mazières, maire de Versailles et ancien président de la Cité de l’architecture et du patrimoine. « Terre et villes », tel est le thème de la deuxième édition qui attend 250 000 visiteurs.

« La crise du Covid a rebattu les cartes, elle a donné envie aux citadins de vivre autrement, d’avoir plus d’espace, plus de nature en ville, moins de béton », observe François de Mazières. Le défi écologique aussi aussi la terre au coeur des réflexions, force fertiles, que l’on parle de la préservation des zones agricoles et forestières – et donc de la biodiversité – grignotées par l’urbanisation, du recyclage des terres d’excavation ou encore du retour de la pleine terre en ville, et même de la terre comme matériau de construction. La Bap 2022 s’appuie sur une douzaine d’expositions, constituant « la plus grande concentration d’intelligences en France en matière d’architecture et de paysage »assure l’édile.

« Elément terre » s’intéresse à l’épuisement des ressources naturelles

« Element terre », proposé par l’Institut Paris Région dans l’ancienne poste centrale, s’intéresse à l’épuisement des ressources naturelles grâce à une immense maquette faite de terres franciliennes, de mousses et de lichens figurat les paysages, assortie d’A coupe géologique du Bassin parisien. La «Presse du vivant» C’est un jardin participatif qui a commencé il y a six mois pour le Potager du roi : j’ai imaginé par le paysagiste Gilles Clément, avec l’agence Coloco, la présentation des réalisations des élèves de l’École nationale du paysage, et il m’a expliqué son commentaire « prendre soin du sol ».

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La Petite Écurie héberge deux expositions : l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles entend « faire émerger de nouvelles formes architecturales à des matériaux et énergies disponibles localement » ; la Cité de l’architecture arbore trois pavillons rendus par des lauréats du Global Award for Sustainable Architecture (prix récompensant les constructions durables), dont le Théâtre de l’éléphant, du Thaïlandais Boonserm Premthada, bâti en bouse de pachyderme séchée. De son côté, Dominique Perrault est commissaire de deux rétrospectives : l’une à l’Espace Richaud, sur le Grand Paris Express (ses 68 gares, ses tunnels, ses trains…), à travers un film à 360 degrés et des maquettes ; l’autre, dans l’ancienne poste, sur la conception du village olympique de Paris 2024.

Zones humides et sèches

A ne pas rater : l’exposition de Michel Desvigne, l’un des paysagistes les plus prolifiques du monde, dans le quartier de Gally (avec Icade), qui s’appuie sur la reconversion des mini basses françaises et belges en “chaînes de parcs « ». Découvrez aussi la liste du campus Paris-Saclay, que j’ai connu après 2009 : « Aujourd’hui, dit-il, la campagne a besoin d’être clairement séparée – et protégée – de la ville, non par les grillages que délimitent les lotissements en plein champ mais par des lisières que récoltent les eaux de pluie, accueillent des zones humides, des forêts de la compensation écologique, du maraîchage, des vergers, etc. À Saclay, nous développons ainsi près de 200 hectares sur 7 km de long, ouverts à la promenade. Bien avantagé qu’un simple parc d’ornement, comme vocation à être dupliqué. »

Enfin, l’agence Chartier-Dalix – lauréate de la nouvelle tour Montparnasse – a construit un pavillon pour le compte de la Métropole du Grand Paris, avenue de Paris, face au château de Versailles. Cet ouvrage circulaire de 14 mètres de diamètre et 2,30 mètres de haut, surmonté d’une toiture courbée, « posée sur deux points, comme en lévitation », a ouvert les expos photo des Ateliers Médicis de Clichy-Montfermeil.

La façade en pierres sèches – récupérées de la déchetterie de la Ville de Paris – est constituée d’un « mur biodiversitaire ». Celui-ci est empli de substrat et percé de cavités où poussent, de façon autonome, “Les plantes locales qui demandent peu d’entretien et d’arrosage : origan, lierre, orpin, armée des sables”, détail Frédéric Chartier : « Plutôt qu’un mur végétalisé classique, tenu à bout de bras par des engrais et beaucoup d’eau, nous avons imaginé et breveté – avec le Muséum national d’histoire naturelle et l’école d’architecture Paris-Malaquais – ce paysage foisonnant vertical destiné à être habité par la faune et la flore de ville. »Un démonstrateur poétique et fertile.

Biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France. Du 13 mai au 13 juillet à Versailles, ouvert tous les jours le lundi, de 12h à 19h ; dès 11 heures les samedis et dimanches. Entrez gratuitement. Pour l’exposition « La Préséance du vivant » au Potager du roi : 4 euros, gratuit pour les – de 26 ans, et les week-ends du 14-15 mai et 4-5 juin. Rens. : bap-idf.com

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