Sécurité des femmes dans les transports : Lyon fait mieux que Paris

Marches exploratoires de femmes pour repérer les zones à risques, descente de bus de nuit «à la demande», 100% du personnel de conduite et de surveillance formé au harcèlement existe d’ici 2024… Le partenariat noué en novembre 2021 dans l’agglomération lyonnaise entre le groupe Keolis et la Fondation des femmes pour leur permettre de porter à bras-le-corps la question des violences sexistes dans les transports. Qu’y a-t-il en Ile-de-France ?

Depuis 2016, la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT) a tenté de faire une réflexion essentielle tant les décideurs que les usagers passent par une étude concluante : 87% des femmes empruntant les transports en commun d’ L’Ile de France déclare avoir déjà été victime de harcèlement sexiste, sexuel, d’agressions sexuelles voire de viols. Parmi elles, seulement 2% portent plainte. Si les travaux de la FNAUT confirment que 7 agressions sur 10 de ce type sont des infractions pénales, c’est l’un des pires cas par crainte de rester passif dans… 89% des cas.

Mais alors, des mesures ont-elles été prises ? Alors qu’Île-de-France Mobilités devait, d’ici 2022, réussir l’arrêt à la demande sur l’ensemble des lignes circulantes après 22 heures en grande couronne, il est à ce jour question d’une mise en place « progressif » système supposé, avec une généralisation prévue seulement début 2025. Si des expérimentations sont en cours (par exemple sur le réseau TRA situé en Seine-Saint-Denis), le dispositif ultérieur à se mettre en place et aucune communication n’est faite à font l’objet « Ça ne va pas plus vite car on voulait s’assurer que ça ne perturbait pas le service de bus normal. Dans les descentes correspondantes à la carte, le service pouvait être trop ralenti et perturber les lignes », justifie Île-de-France Mobilité.

A Lyon pourtant, la société Keolis a définitivement adopté la procédure après novembre 2019. Toute personne à bord d’un bus de nuit peut demander dès 22 heures à descendre entre deux arrêts (sans pour autant que le bus fait un détour) pour être déposé au plus près de chez soi. L’idée est de permettre à l’usager d’éviter les longues marches au pied de la nuit, mais aussi de supprimer une situation dangereuse depuis l’intérieur du bus. Nantes avait été la première ville de France à tester la descente à la demande dans les bus de nuit en novembre 2015. Pérennisé mi-2016, l’essai avait fait ses ses puisqu’en 6 mois une cinquantaine d’arrêts sur demande avaient été sollicitées par des utilisatrices.

A Paris, la seule option ne comprends pas parler Gabrielle, jeune active parisienne, est le numéro 31177 mis en place dans les réseaux RATP et SNCF. « Je sais qu’il y a un méro qu’on peut appeler si on se fait embêter, mais c’est tout », explique-t-elle. Souvent dans les transports de jour et de nuit, la jeune femme raconte avoir eu affaire il y a 4 ans à un homme que l’avait forcé lui faire un calin en passant ses mains sous son tee-shirt. Encore sous le choc, elle s’étonne encore du manque de réaction des gens présents autour d’elle : « Il y avait une dizaine de personnes dans le wagon. Un homme en face de moi a même changé de place au lieu de m’aider », s’indigne-t-elle. Dans le feu de l’action, elle décide de menacer physiquement l’agresseur qui finira par descendre jusqu’à la station survivante. « Je n’ai pas appelé le 31177 car j’avais peur que les agents arrivent trop tard » avoue-t-elle.

« Concrètement, le numéro sert à ce que l’on soit victime ou témoin. Des agents arriveront à la gare suivante pour prendre en charge la situation, rétorque Île-de-France Mobilité, qui invite tous à disposer d’une plainte, seule démarche permettant de conserver plus de 72 heures les images de surveillance pouvant ser de preuve.

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