20 femmes accusatrices PPDA de violences sexuelles témoignent ensemble pour la 1ère fois

Pour la toute première fois, 20 femmes qui accusent PPDA de violences sexuelles et de comportements problématiques prennent la parole ensemble sur Mediapart.

Des témoignages accablants. Ce mardi soir sur partie média20 femmes ayant témoigné contre le journaliste et présentateur Patrick Poivre d’Arvor ont pris la parole pour raconter les violences sexuelles ou les comportements problématiques dont elles ont été victimes.

Dans le même temps, le site d’investigation précise que “Patrick Poivre d’Arvor n’a pas donné suite” à sa demande d’entretien “dans des conditions similaires à celles proposées” aux témoins. Pour la voix de they are avocat, il “conteste toute violence, sexuelle ou non, à l’égard des femmes qui l’ont accusé”.

Lors de cette émission de plus de deux heures, les suspectes âgées de 28 à 63 ans ont raconté tour à tour et avec émotion leurs malheureuses expériences en compagnie de PPDA. Certaines ont décrit des faits de harcèlement sexuel, d’autres des agressions, et d’autres encore des violes. Dans leurs témoignages, le nom de l’un d’entre eux décrit un “mode opératoire” commun à un journaliste : des invitations à discuter dans des chambres d’hôtels, ou encore dans son bureau à TF1.

“Je n’ai pas honte, il faut que la honte change de camp”

Marie-Laure Eude Delattre, conseillère commerciale sur la Somme, est l’avant-première du récent arrivé en mai 1985, qui avait 22 ans et qu’on a retrouvé au Festival de Cannes. “Je n’ai pas honte, il faut que la honte change de camp”, commence d’abord cette femme.

“Moi j’étais une petite stagiaire toute guillerette (…) je me suis retrouvée devant un homme qu’était célèbre, qui en imposait, qui était moche. Je le dis carrément, ça n’était pas du tout mon type de bonhomme “.

Cette femme, qui affirme “l’avoir beaucoup dit mais ne pas avoir été écoutée”, raconte avoir été victime d’un “viol par surprise” après avoir été emmenée à l’hôtel par le présentateur star après une projection un soir.

“Jusqu’au bout, j’ai cru que j’allais sur une terrasse boire un verre”, confie-t-elle, soutenue par les autres femmes sur le plateau de Mediapart. “C’est un homme qui sert”, décrit-elle, encore.

Stéphanie Khayat, elle, raconte s’être rendue dans son bureau à la tour TF1 “pour un entretien professionnel”. “J’étais anorexique, je pèse 30 kg”, se souvient-elle, la voix chargée d’émotion, avant d’ajouter, au bord des larmes : “cinq minutes après être entrée dans son bureau, j’avais son sexe dans ma bouche”.

Le site d’information a également diffusé le thème vidéo d’Armelle Hervieu, journaliste et vidéaste, qui décrivait “un comportement de prédateur” chez PPDA, qui tentait de l’embrasser après l’avoir invité dans son bureau pour évoquer l’anorexie de leur fille respective.

“Ça n’est pas allée plus loin mais ça aurait pu si je n’avais pas trouvé la force de lui dire ‘non’. (…) Il y a vu une opportunité facile”. Aux accusations de vouloir nuire à cette star du monde des médias, Armelle Hervieu rétorque : “Quel intérêt j’aurais à sortir du silence pour dire ça ? J’ai, en fait, beaucoup plus à y perdre”.

“On est des objets, des bouts de viande”

Parmi les temoignages, il y a déjà aussi celui de Camille, conseillère administrative de 28 ans dans le Nord de la France, qui évoquait les agressions sexuelles qu’elle disait avoir en 2013 alors qu’elle travaillait au Club Med. “Après une discussion, je propose à discuter après l’avoir relu. Je ne voyais pas le mal parce que je ne lui imagine même aucune vie sexuelle, il était tellement vieux pour moi”, raconte la jeune femme qui avait 23 ans .

Malgré de nombreux refus, elle a expliqué que le journaliste l’a suivi jusque dans l’ascenceur de l’hôtel, puis dans le hall. “J’ai dû insister pour dire que j’allais voir des collègues. Non seulement il est dans la contrainte, mais c’est prémédité. Lui, son objectif, c’était d’être seul dans l’ascenceur avec moi”, se souvient-elle.

17 plaintes, n’en faites pas 8 pour viol

Une autre femme, Nora Arbelbide raconte avoir été suivie jusque dans sa chambre d’hôtel en Martinique par le journaliste alors qu’elle avait refusé se avances. Désormais employée de la bibliothèque, elle nie qu’il y ait eu une “onze de séduction” dans l’approche de Patrick Poivre d’Arvor à son contraire, contrairement à ce qu’avance le présentateur dans sa défense. Pour lui, “on est des objets, des bouts de viande”, analyse-t-elle.

“C’est sûr qu’il ne rappelle même pas de moi. Il a joué avec le fait que j’étais basque, que j’avais un accent. Il y avait quelque chose de la fétichisation.”

Dix-sept femmes ont porté plainte contre PPDA, dont huit pour viol. Saisi d’entre eux, dont les plaintes ont été classées en juin pour prescription, sont actuellement visées par un PPDA plainte pour “dénonciation calomnieuse”.

Une information judiciaire est portée devant le tribunal de Nanterre à la suite de la plainte avec constitution de partie civile par la journaliste Florence Porcel, qui avait fait éclater l’affaire en février 2021. En parallèle, le parquet mène une autre enquête sur trois autres plaintes. Au total, au moins 27 femmes ont témoigné contre PPDA dans la presse ou devant la justice, dont deux qui étaient mineures au moment des faits présumés.

Jeanne Boulant Journaliste BFM TV

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