Le Moyen-Orient s’expose à Paris

La deuxième édition du Salon Menart se tiendra du 19 au 22 mai à la Cornette de Saint Cyr, à Paris. Rencontre avec Joanna Chevalier, directrice artistique de cette foire, qui a rencontré à la lumière des rappels des artistes confidentiels de la scène artistique d’Afrique du Nord et d’Asie occidentale.

Douze pays, 84 artistes sélectionnés par 19 galeries et 200 œuvres présentées, voici le programme de la deuxième édition de la Menart Fair, foire internationale d’art moderne et contemporain dédiée aux artistes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qui tendra pour trois jours à la prestigieuse galerie Cornette de Saint Cyr, à Paris. Joanna Chevalier, directrice artistique de l’événement, qui officiait en binôme avec Laure d’Hauteville, directrice de la foire, fait partie des enjeux autour de ce nouveau rendez-vous.

À gauche, Laure d’Hauteville, fondatrice et directrice du Salon Menart et à droite, Joanna Chevalier, directrice artistique. – ©Gilbert Hage


Quel message cherchez-vous à véhiculer pendant trois jours d’exposition ?

L’idée c’est d’essayer de mettre en lumière le travail d’artistes encore méconnus en Europe, ou que certaines personnes connaissent de manière confidentielle, pour toucher et sensibiliser un plus large public. Nous creusons de plus en plus pour faire connaître cette scène artistique émergente et foisonnante. Quand je dis «émergente», ce n’est pas dans le sens où elle est particulièrement composée de jeunes artistes, mais du fait qu’il y a aussi de nombreux artistes que sont établis dans leurs régions mais que retent peu mis en avant en France . L’objectif est donc de créer des ponts entre les professionnels du milieu de l’art, notamment les commissaires d’exposition et les institutions muséales, et ces artistes. À notre niveau, cette foire n’est pas simplement un évènement commercial, c’est un rendez-vous que met en lumière les liens entre l’Europe et l’Orient.

Hala Schoukair, «Sans titre», Dyala Khodary, «Urban Eruption» et Hanadi Al Darwish, «Untitled»(2019).
Hala Schoukair, «Sans titre», Dyala Khodary, «Urban Eruption» et Hanadi Al Darwish, «Untitled»(2019). – ©DR

Diriez-vous que cette foire répond à un baiser de visibilité de ces artistes?

Les foires généralistes exposent des artistes du monde entier, mais ils sont mayoritairement défendus par des galeries d’art européennes et sont déjà reconnus sur le continent. Les artistes qui nous présentent sont rarement présentés par les grandes galeries internationales. L’idée a donc toujours été de donner de la visibilité à cette scène bouillonnante. Par exemple, l’année dernière, sur une présentation des oeuvres de Baya Mahieddine, peintre algérienne du XXe siècle, qui a récemment rencontré un franc succès auprès des collectionneurs et des néophytes. Du fait de l’histoire parfois conflictuelle qui touche cette région du monde, les artistes témoignent d’un engagement très fort à travers leurs oeuvres, il y a une vraie émulation qu’il nous semble de montrer.

Seyed Asadollah Shariatpanahi, « Homeless » (2014), Serge Najjar, « Pink and lines » (2016) et Baya Mahieddine, « Femme » (1977).
Seyed Asadollah Shariatpanahi, « Homeless » (2014), Serge Najjar, « Pink and lines » (2016) et Baya Mahieddine, « Femme » (1977). – © DR / Galerie Bessières


Outre cette question de l’engagement, qu’est-ce qui caractérise selon vous cette scène artistique émergente ?

Je retrouve cette même communion entre les artistes qu’il pouvait y avoir en Europe dans les années 1920-1930, dans le quartier de Montmartre ou de Montparnasse. Aujourd’hui, en France, il y a déjà moins cette idée de travail collectif, de ruche où les artistes peuvent se rencontrer. Ce que j’ai particulièrement aimé dans des pays comme le Maroc, le Liban ou encore le Yémen, c’est cette dynamique où les artistes travaillent ensemble, montent des expositions et des collectifs. Il y a une communion très forte entre eux.

menart-fair.com

Salon Menart, du 19 au 22 mai, Cornette de Saint Cyr, 6, avenue Hoche, Paris 8et.

Charlotte Merlet



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