Le savoir-faire de l’atelier niçois Morisse-Marini au chevet de Notre-Dame de Paris

Les vieilles pierres sont toujours chargées d’histoire. Certaines plus que d’autres.

Un avis partagé par Margot Morisse et Stefano Marini dont le métier est de redonner éclat et beauté à ce passé. Aujourd’hui, les fondateurs et directeurs de l’atelier éponyme de restauration et de conservation du patrimoine à Nice ont répondu à l’appel d’offres Rebâtir Notre-Dame de Paris “et nous avons été mandatés pour participer au chantier de reconstruction de l’édifice”.
L’Atelier Morisse-Marini interviendra plus précisément pour rendre sa splendeur au mobilier des treize chapelles de la nef centrale de la cathédrale dévastée par les flammes en 2019.

Pour les meubles, sous réserve “les autels, sculptures, gisants, pierres tombales, plaques commémoratives et fonts baptismaux”explique la Niçoise Margot Morisse, diplômée d’État qu’a fait ses classes au prestigieux Istituto Centrale per il Restauro (ICR) à Rome où elle a rencontré celui qui est devenu sa moitié dans la vie et dans le business, le géologue Stefano Marini.

Ce dernier s’est vite pris de passion pour une autre forme d’étude de la pierre : la pétrographie appliquée à la restauration. Tous deux travailleront une dizaine d’années de l’autre côté des Alpes avant de revenir à Nice en 1997 où ils ont créé leur atelier.

Chantiers Prestige

Pierre, stuc, fresque, revêtements muraux anciens (faux marbre, briques, enduits…), matériaux archéologiques comme la céramique ou les métaux et autres matériaux organiques, le couple est un habitué des chantiers prestigieux.

Ils sont actifs, la cour de marbre de Versailles, les autels de l’église de Saint-Germain-des-Prés, le château de Chambord, une restauration qui dure après vingt-deux ans : “On y est comme à la maison, résume Stefano Marini. Le travail y est très délicat car la pierre est fragile.”

Et aussi – et plus près de chez nous –, la grande étoile du CUM à Nice, le rez-de-chaussée du musée Massena, les sculptures de la cathédrale Sainte-Réparate, les peintures murales de celle de Sospel ou l’immense retable tout en stuc de Trets dans les Bouches-du-Rhône : “Un chantier très technique : sous les sept couches de peinture, on a réussi à retrouver les couleurs d’origine en stuc marbre”s’enthousiasme-t-il…
Les deux artisans qui emploient deux salaires pour un dénonciateur d’affaires de 300 000 € ont une technique de mémoire détaillant les protocoles d’intervention sur la chantry de Notre-Dame.

“Il a été validé pour la DRAC [direction des affaires culturelles qui dépend directement du ministère de la Culture, ndlr] encore de nouvelles et nouvelles attaques sur la restauration des cinquante meubles qui dureront”, précise Margot Morisse. Paradoxalement, ce n’est pas pour le feu que les plus abîmés “Les tonnes d’eau de la Seine qui ont été déversées pour l’éteindre. On enlèvera aussi les traces de suie, la poussière éliminere depuis des années et on en profitera pour enlever les morceaux de plomb. C’est à la fois un travaux de restauration et de dépollution.”

Si vous cet ouvrage qui rapportera près de 200k€ n’est pas le plus complexe – loin de là – que le couple a réalisé, “Le lieu est magique : on se sent vraiment investis et cela nous apporte beaucoup de satisfaction.”

De quoi en oublier les noms contraints : “Le site est classé sinistré. À l’intérieur, il y a une forêt d’échafaudages. La cathédrale est stabilisée mais pas encore hors de dangerr, explique Stefano Marini. La sécurité y est très forte, on perd beaucoup de temps à mettre des vêtements de protection et à prendre des douches à cause de la présence du plomb.”
a duré? “Deux à trois mois de travail réel mais en réalité, cela durera plus longtemps car nous sommes dépendants des autres lots comme la maçonnerie ou l’électricité.”

Pour autant, cette lenteur n’a pas découragé les deux restaurateurs puisqu’ils ont répondu à un autre appel d’offres concernant cette fois la façade extérieure et les gargouilles. En attendant de redonner de sa superbe au mobilier de Notre-Dame, ils sont sous les ors du foyer Campra de l’opéra de Toulon.

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