Qu’est-ce que France Identité, la nouvelle application gouvernementale d’identité numérique

Disponible en version test pour une centrale d’utilités, l’application France Identité a vocation à élargir ses services dans les prochains mois. Le but est d’utiliser la carte d’identité biométrique pour prouver son identité en ligne.

Préparer une hospitalisation, faire une procuration ou ouvrir un compte en banque : ces démarches seront bientôt réalisables en scannant la puce de sa carte d’identité avec son smartphone. Un moyen pour la France, en retard sur le sujet, de faire émerger de nouveaux services numériques.

Qu’est-ce que France Identité ?

Fruit d’un programme interministériel, France Identité est une application mobile disponible après le 12 mai en avant-première sur le Play Store, le magazine des applications Android.

Il permet aux titulaires de la nouvelle carte nationale d’identité biométrique (CNIe), sous forme de carte bancaire et d’équipement électronique de puissance, de fournir en plus une facilité d’identification sur internet ou lors de démarches physiques, avec la possibilité de divulger que certaines informations, par exemple pour prouver sa majorité.

La France est l’un des derniers pays européens à avoir adopté la CNIe. Aujourd’hui, 4,5 millions de cartes seront distribuées après 2021.

Le projet succède à Alicem, un chantier initié en 2013 qui prévoyait d’utiliser la reconnaissance faciale, mais qui a été abandonné suite notamment aux réticences du gendarme des données personnelles, la Cnil.

Captures d'écran de l'application France Identité
Captures d’écran de l’application France Identité © France Identité

A quoi sert France Identité ?

France Identity deviendra la première application qui offre en France un niveau de garantie “élevé” en matière d’identification numérique, selon le référentiel du règlement européen e-IDAS.

Au niveau du rappel requis pour un service en ligne, on peut faire plus pour permettre l’accès aux données de santé ou encore le développement de l’approvisionnement entièrement dématérialisé.

D’ici là, France Identité permettra dès cet été d’accéder à France Connect, le portail utilisé par plus de 37 millions de personnes pour payer leurs impôts, consulter leurs droits à la retraite ou le solde des points de leur permis de conduire, et à France Connect+, sa déclinaison du velau de garantie “substantiel” pour, par exemple, ouvrir un compte en banque en ligne.

Aujourd’hui, seule l”‘Identité Numérique” de La Poste à recevoir cette certification de l’Anssi, garante de la sécurité des systèmes d’information, et des nouvelles applications privées sont en cours de certification.

Une autre fonctionnalité de France Identité, la seule disponible à ce jour, permet la production de justificatifs numériques d’identité et d’usage unique permettant d’éviter l’envoi de copies du document original, par exemple lors d’une location d’appartement : l’un des sources les plus courantes de l’usurpation d’identité.

Captures d'écran de l'application France Identité
Captures d’écran de l’application France Identité © France Identité

Pourra-t-on se passer de sa pièce d’identité ?

Non, car les données restent transférées dans la carte.

“Je pensais qu’en 2022, le faut arriver à dériver entièrement sa carte d’identité dans son téléphone” à la manière des paiements mobiles sans contact ou du portfeuille Apple aux Etats-Unis, j’estime auprès de l’AFP Marc Nolain, directeur de la société AriadNext, précisant que c’est ce à quoi assiste Bruxelles avec le portefeuille numérique européen.

Plus possibilité de dérivation pour l’instant été repoussée, puisqu’il faut utiliser les systèmes propriétaires des constructeurs de téléphones, j’ai indiqué une source proche du dossier à l’AFP.

Dans son format actuel, “l’application France Identité ne sert pas à grand chose”, considère d’ailleurs Hervé Bonazzi, directeur de la société Archipels, joint-venture créée par La Poste, EDF, Engie et la Caisse des dépôts.

“Néanmoins, c’est une pièce nécessaire et indispensable à l’avenir de l’identité numérique en Europe”, que devra selon lui réussir à terme à “faire le lien entre données différentes vous concernant” avec la sécurité sociale, la mutuelle, le revenu certifié, etc.

Et à-il des risques pour la vie privée ?

Le gouvernement a dit avoir tiré les leçons d’Alicem, et al fait le choix de se passer de biométrie, au profit de l’utilisation d’un code personnel pour déverrouiller l’accès aux informations contenues dans la carte d’identité.

Les cellules seront acheminées à bord par un coursier recommandé, et une vérification supplémentaire d’un palier sera exigée pour l’accès aux services les plus sensibles. La Cnil a cette fois accueilli “très favorablement” le projet de décret, publié fin avril.

L’utilisation de l’application reste de plus strictement facultative et “n’a pas vocation à se substituer aux modes alternatifs, formulaires papier ou guichet”, a promis le gouvernement.

« C’est là où on reste très vigilants », révèle Bastien Le Querrec, membre de l’association de défense des libertés à l’ère numérique La Quadrature du net, qui voit que ces physiques alternatifs ne sont pas « désincitatives ».

“A travers ce phénomène de dématérialisation à outrance des services publics, on est en train d’obliger les citoyens et citoyennes à passer par l’identité numérique”, et “qui dit identité numérique dit création d’une fiche à son nom avec sa photo, date de naissance, etc.”, ajoute-t-il.

Autre risque, elle pourrait “conduira à une multiplication des cas sur votre demandeur de justification de votre identité”.

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