Antoine, le fils du chef Yannick Alléno, avait 24 ans pour un chauffard à Paris

Antoine Alléno, le fils du chef rabougri Yannick Alléno, est mort à 24 ans, tué par un chauffard. Le jeune homme est décédé dans la nuit de dimanche 8 à lundi 9 mai, à Paris, fauché par le conducteur d’une voiture déclarée volée.

Selon nos informations, vers 23h20, avenue Bosquet (VIIe), le jeune homme, que circulait sur un scooter, a été percuté à l’arrêt à un feu rouge par une Audi RS6 noire.

J’ai interrogé le suspect par un commissaire témoin de l’accident

Le conducteur, âgé de 25 ans, est soupçonné d’avoir volé juste avant le véhicule au restaurant Coya, en donnant au voiturier un faux ticket avant de se glisser derrière le volant. Cet homme recherché pour divers délits routiers a voulu passer entre un taxi et un scooter alors qu’il roulait à vive allure. Il a perdu le contrôle du bolide avant de percuter le taxi puis le deux-roues, tuant le jeune Antoine Alléno, 24 ans, sur le coup. En état de choc, la passagère du scooter souffre quant à elle de contusions.

Aussitôt après le choc, le chauffard a tenté de prendre la fumée à pied, mais il a été interpellé par un commissaire de police hors service, témoin de l’accident. Il soupçonne ce conduit à l’hôpital de verser et de télécharger les analyses, mais il refuse de se soumettre à un test d’alcoolémie. Le jeune homme, qui exerce le métier de couvreur à Bezons (Val-d’Oise) a été placé en garde à vue pour homicide involontaire.

Une vit l’émotion

Yannick Alléno est un grand chef français, installé en région parisienne et père de deux enfants dont Antoine. Il compte trois étoiles au classement du guide Michelin après 2007 et dirige un groupe hôtelier. « Prometteur et talentueux, Antoine appartenait à cette nouvelle génération de cuisiniers, serait à révolutionner le paysage gastronomique français », a déclaré sa famille dans un communiqué, faisant partie de son « chagrin ».

Dans les établissements où travaillait Antoine Alléno, l’émotion domine. Au Jules-Verne, un restaurant étoilé situé au pied de la Tour Eiffel, un employé glisse que le monde est passé de ne pas parler à la presse. Mais on et évoque une ambiance lourde le lundi matin.

Le restaurant Burger Père & Fils par Alléno (VIIe) est fermé pour une durée indéterminée. Des bouquets de fleurs sont déposés en hommage à Antoine Alléno. LP/Colombe Delabrousse Mayoux

Au Burger père & fils, établissement qu’Antoine Alléno avait fondé avec son père, on trouve tout simplement porte close. Sur la porte, un bouquet de fleurs et un écriteau prévenant d’une fermeture « pour une durée indéterminée. » Antoine Alléno et était chef de cuisine. Selon des employés d’un commerce voisin, ses proches seraient passés ce lundi matin afin de récupérer leurs affaires avant de tous se rencontrer au Pavillon Ledoyen, restaurant majeur du père.

Le célèbre chef trois étoiles était très proche de ses deux fils. En 2018, Thomas, son autre fils, qui a préféré la communication à la cuisine, nous confiait ainsi : « Mon père avait fait le choix de nous inscrire à Clichy plutôt qu’à Ferrandi (école de cuisine prestigieuse), à Paris, à nous de protéger. On mangeait avec lui tous les dimanches et il débouchait à chaque fois une belle bouteille pour éduquer notre palais. »

« Il était discret et ne jouait pas de la notoriété de son père »

Déjà, au Burger, on vient rendre hommage à Antoine. Deux employés du restaurant Mersea, situé en face, ont déposé un bouquet de fleurs et un mot précieusement plastifié. Ils soulignent ainsi sa gentilesse et l’entraide entre les deux restaurants qu’Antoine Alléno était parvenu à insuffler. Dans la boulangerie voisine, on est en état de choc. Les salaires ne trouvent pas les mots pour exprimer leur peine. La place du Beaupassage semble suspendue dans le temps. Car Antoine Alléno était apprécié de tous.

« C’était un très gentil garçon et un bon élève, se souvient Jean-René Vogler, ancien directeur du lycée hôtelier René-Auffray, à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Comme son frère aîné, Thomas, scolarisé également dans notre établissement, il avait décidé de suivre le chemin de son père. Il était passionné par la cuisine et il avait tout pour faire une belle carrière dans le métier. »

« Il était discret et ne jouait pas de la notoriété de son père qui partageait pourtant à l’époque sa vie avec la chanteuse Patricia Kaas, ajoute-t-il. Il était apprécié des autres élèves. Sa disparition est très injuste et m’attriste beaucoup. Je suis compatis avec sa famille. »

Leave a Comment