Après Kol, Zapp ferme ses magasins, la fin d’une “bulle” ?

A la barre, les deux avocats ferraillent. Ils ont tous les deux la même robe, mais à leurs chaussures, on devinerait presque qu’ils ne sont pas du même camp. L’une, hauts talons dorés, défend la société britannique Zapp, un « dark store » qui a débuté ses activités de cours gratuits en mai 2021, et souhaite déjà licencier tous ses salariés et salariées. L’autre, paniers blancs usés, parle au nom des employés parisiens, représentés par le syndicat Sud commerces et services Ile de France.

Mi-mars, les 139 salariés de Zapp, tous en CDI, ont reçu l’annonce comme un coup de masse : l’entreprise va fermer, pour économiques. La branche française de la jeune pousse qui promettait de livrer en moins de 20 minutes, 24 h/24 et 7 J/7 pour 1.80 euro boissons ou collations, ne décolle pas, affirment les patrons. Les salaires et salariées sont dans la stupeur : commentaire d’une entreprise qui a levé 200 millions d’euros en janvier peut-elle fermer tous les magasins d’un pays aussi vite ?

Maître Nicolas Collet-Thiry (à droite) et les salariés de Zapp, avec leurs représentants syndicaux, le 12 mai, au TGI de Paris. – Aude Lorriaux / 20 Minutes

Phase d’apurement du marché

Ces hommes et ces femmes font les frais de la surenchère d’investissements dans la livraison rapide de cours. To Paris, quelques 60 « dark stores », en français « magasins de l’ombre », ont poussé ces dernières années, appartenant à une dizaine d’enseignes, selon une étude de l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme). « Est-il fort probable que son nom soit réduit, je l’ai laissé pas tant qu’important pour autant de candidats » note le cabinet d’études en février, visionnaire. Avant Zapp, la start-up Kol a fermé son service de livraison aux particuliers en janvier, après un placement en redressement judiciaire début décembre.

“Sur ces enseignements pour mobiliser les fonds pour financer l’expansion, ils sont déployés trois rapidement au profit de l’absence d’un cadre juridique, et maintenant, sur ce en phase d’expertise du marché” explique Pascal Madry, économiste et urbaniste et directeur de l’institut pour la ville et le commerce. Qui ajoute : « Ce critère de la livraison à courte durée, en 10 ou 20 minutes, n’est qu’un moyen de pénétrer plus rapidement le moi. Ce temps-la va nécessairement se rallonger à une heure, que est le bon temps économique. »

« Dessus c’était simplement une vitrine »

Chez Zapp, l’aventure aura duré à peine plus d’un an. Les salaires n’auront même pas eu le temps d’élire des représentants et représentantes du personnel, raison pour laquelle ils sont ce jeudi 12 mai devant le tribunal. « J’ai exigé qu’il soit organisé par le CSE [comité social et économique] et que le plan social ne peut pas être mis en place tant que le CSE n’est pas en place ! » tonne maître Nicolas Collet-Thiry, dans la salle du tribunal de Paris. En face, l’avocat de Zapp a invoqué une déclaration de deux SMIC consécutifs pour une entreprise à 11 SMIC soit contrainte de mettre en place des élections professionnelles.

Le contournement des règles est monnaie courante chez les magasins sombres, selon l’Apur. Les méthodes de requins aussi ? Les salariés de Zapp accusent en tous les responsables leurs d’avoir sciemment laissé l’entreprise mourir : “Sur un sentiment de délaissement de la France, il n’y avait pas d’investissements gaspillés des millions d’euros, explique Sami, une équipe gestionnaire. On était simplement une vitrine commerciale pour permettre aux investisseurs de lever des fonds. » Du côté de Zapp, sur le refus de commenter les spéculations : « Ce serait inapproprié pour nous de commenter publiquement alors qu’une procédure judiciaire est en cours » affirme à 20 minutes une porte-parole de l’entreprise britannique.

Les salaires de Zapp devant l'inspection du travail.
Les salaires de Zapp devant l’inspection du travail. – Hichem Aktouche

« Un faux bisou créé à partir de toutes pièces autour de la flemme »

“C’est le genre d’entreprises que prend les salariés comme des variables d’ajustement”, dit maître Nicolas Collet-Thiry. Dans la salle d’audience, des heus parisiens sont venus porter leur soutien, et compétents bien mettre un terme à ce qu’ils qualifient de «zones de non-droit» : les conseillers Émile Meunier, du groupe écologiste, et Barbara Gomes, chez les communistes. Je sortirai il sera rendu le 24 mai.

« On doit demander à ce qu’il y ait une inspection du travail dans chacun de ces entrepôts, demande Emile Meunier. Tout ça pour satisfaire un faux besoin créé de toutes les pièces de la flemme : appuyer sur un bouton pour commander un tube de dentifrice. Il faut que les gens aient conscience que derrière, il y a du malheur humain. »

Leave a Comment