Joel Embiid brille sur le statut de James Harden à Philadelphie

Jeudi, lors du match éliminatoire contre le Heat, Joel Embiid s’est habillé en première déclaration au niveau de James Harden après leur arrivée à Philadelphie, en février dernier. Des mots à la fois durs et lucides, qui aident à comprendre la mise en retrait d’El Barbudo dans le jeu offensif des Sixers. C’est donc fini. Il ne prendra plus treize pas en arrière dans un quart-temps.

Au cours des cinq dernières campagnes des Playoffs, les Sixers n’ont jamais dépassé les demi-finales de conférence. Un gros blocage, auquel le renfort de James Harden à la mène n’a absolument rien changé. Cette saison, le groupe de Doc Rivers s’est heurté à plus fort/constant/solide que soi, et s’est incliné 4-2 face au Heat. Une nouvelle désillusion, les mots sont difficiles à trouver. La profondeur d’effectif a joué – Miami ayant une rotation fixe de dix joueurs – mais certains titulaires sont eux aussi fautifs. dans cet ultime match 6, James Harden est sorti une seconde mi-temps catastrophique à 0/2 au tir, sans aucun lancer-franc obtenir. Avec un Joel Embiid pété au visage et au pouce – toutefois sur le terrain – l’on s’attendait à ce que l’ancien des Rockets sorte le mode iso et prendre les choses à son compte. Un truc du genre 47 points à 17/39 au tir, un bon souvenir des stations-service texanes. A plus de 32 ans, James Harden n’en est pas plus capable. C’est d’ailleurs ce qu’a fait remarquer Joel Embiid dans la conférence d’après-match. Comme après toute débâcle, le leader d’un groupe passe devant les journalistes pour y évoquer ce qui, à son sens, n’a pas fonctionné. Un exercice qui demande une certaine agilité pour vaincre le mot de trop. Cela héberge donc la question : « À quel point pensez-vous avoir encore plus besoin de James Harden ? ». Une aimable façon de demander : « Hey Joel, il a été nul le barbu hein ? T’es fâché ? ».

« Je ne sais pas. Je ne suis pas sur que l’on n’en ait plus besoin, nous avons eu ce que nous attendions de James Harden. Tout le monde s’attendait à voir le James Harden de Houston, mais il n’est plus celui-là. Il est davantage un meneur de jeu maintenant. Globalement, je pensais que nous pouvions tous être plus agressifs. » – Joel Embiid, lors d’une conférence pré-élimination

L’expression est voile, plus juste. Elle n’a pas le même effet que la décla’ de la saison passée sur Ben Simmons. Il y a ici une véritable intention de protéger son lieutenant en évoquant ce nouveau style de meneur de jeu. S’il analyse beaucoup soi peu le ton, la construction de la phrase et le sermon collectif, Joel Embiid est en réalité le premier avocat de James Harden. Pour ce qui est du factuel, sous le maillot pennsylvanien, les moyennes d’Le Barbu sont de 21 points à 40% au tir dont 33% à 3 points, 7,1 rebonds, 10,5 passes décisives et 1,2 interception en 21 matchs. Le problème est ailleurs. Cette pensée peut être un peu cassante, mais James Harden est tellement bon que la télévision s’est éteinte. Lui et Russell Westbrook – toute proportion gardée – traversent la même phase : des statistiques très correctes – voire bonnes – mais une incapacité à faire fructifier le jeu de leurs partenaires. Et puis, il ya ces trous d’air. Le MVP de la saison 2017-18 crève aujourd’hui l’écran par séquences. Capable de lâcher un premier quart-temps à 15 points, il laissera ensuite sa place à un barbu que lui ressemble mais qu’a arrêté le panier en 2009. Trop irrégulier, il n’a plus les épaules pour incarner une tête d’affiche. Pour le plaisir de taper là où ça fait mal, on ferme ce papier avec les propos de Joel Embiid juste après le premier match de James Harden à Philly. Une petite enflammée.

« C’est probablement le match où j’ai été le plus ouvert de toute ma carrière. » – Joel Embiid, après le premier match de James Harden à Philadelphie

C’est fini. Les Sixers ont de nouveau été éliminés en demi-finale de la conférence, et James Harden – tout en jouant un rôle de meneur de jeu – n’a pas contribué à leur accueil. Cet été, le barbu acceptera normalement votre option joueur. Rien que pour ne pas revivre la tempête Ben Simmons, c’est cool que Joel Embiid ne l’ait pas trop chargé. Il est peut-être là finalement, le plus gros progrès.

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