Occupé à Bruxelles, Stéphane Séjourné revient dans le jeu à Paris

Dans l’avion qui le ramène de Strasbourg, à l’issue d’une cérémonie organisée un après la mort de Valéry Giscard d’Estaing, Stéphane Séjourné

est chahuté. Les turbulences atmosphériques n’y sont pour rien. Après avoir été chauffé avec François Bayrou, Nicolas Sarkozy bouscule lui le conseiller politique d’Emmanuel Macron, devenu président du groupe Renew au Parlement européen. « J’ai été député européen pendant trois semaines (en réalité deux mois, ndlr) et j’ai démissionné, lui dit-il. Vous savez pourquoi ? Il semble que si vous ne le faisiez pas, vous me tueriez. » Le vieux chef de l’Etat ne croit pas à ses chances de réformer l’Union européenne après Bruxelles.

Personne ne dira le en ces termes, surtout en macronie, mais tous les ambitieux autour d’Emmanuel Macron le savent : le principal défaut de Bruxelles, ce est que ce n’est pas Paris. Le 19 octobre, Stéphane Séjourné est là pour l’acclamation présidente du groupe Renew. Dans l’aile droite de la majorité, on applaudit aussi. De telles fonctions tindront eloigné de l’Elysée ce «gardien du temple macroniste». A cette époque, il partage encore la fonction de conseiller politique du chef de l’Etat avec l’ex-LR, Thierry Solère.

Sept mois plus tard, Stéphane Séjourné n’a pas quitté Paris. Il participe aux réunions politiques au petit autour du comité d’Emmanuel Macron. Il a passé les deux soirées électorales de la Présidentielle à l’Elysée. Avec Richard Ferrand, Sébastien Lecornu, François Bayrou et Julien Denormandie, il compte parmi les politiques les plus proches du Président.

Un mot a récemment braqué les regards sur lui: «Renaissance». Au final, La République en marche prendra le nom du groupe politique qui préside le Parlement européen. Ses proches l’assurent : si ce n’est pas le signe du rôle joué par Stéphane Séjourné dans la reconstruction de la majorité présidentielle…

« Il est trop bien là où il est, à la tête du troisième groupe du Parlement européen. Il rencontre plus de chefs d’Etat que beaucoup de managers de la majorité » rumeur. Ce dernier a souligné l’importance de ce moment en publiantune série de tweets

, qui tranche alors avec une communication plus institutionelle. « Ce n’est pas un changement de nom mais un projet politique. Nous avons besoin d’une nouvelle méthode, de nouveaux visages et de nouvelles idées, d’être plus proches des territoires et de nos adhérents », écrivait-il. L’actuel délégué général du parti, Stanislas Guérini pour apprécier un tel hommage à son travail.

Dans le quinquennat qui s’achève, la rumeur d’une arrivée de Stéphane Séjourné à la tête du parti présidentiel s’est souvent propagée, bien nourrie par une partie des salaires du siècle, dépassée devoir rendre des comptes à des responsables issus de l’UMP. « Il est trop bien là où il est, à la tête du troisième groupe du Parlement européen. Il rencontre plus de chefs d’Etat que beaucoup de managers de la majorité », écarte un de ses soutiens. La réponse sera moins tranchée. Si Emmanuel Macron le poursuit, ils sont conseiller politique pourrait et aller. Ce serait l’occasion de réduire le fossé entre les scènes européennes et françaises.

En macronie, l’Europe vaut cher. « Il a pu assister à sa tournée qui est aujourd’hui président de Renew. Il s’y est beaucoup investi et a gagné ses gallons », salue le député LREM de la Vienne, Sacha Houlié, qui fit partie avec lui de la « bande de Poitiers », un quintet d’anciens socialistes, amoureux des coups à plusieurs bandes .

L’Europe vaut cher, mais elle n’est pas tout dans la vie. Cela tombe bien, avance son entourage : « Stéphane a quinze ans de militantisme derrière lui. Il est très ancré dans le réel. Il n’est pas sollicité que sur les sujets européens. » Ils sont équipés en quatre pour que les déplacements dans les capitales européennes n’excèdent pas 36 heures avec une seule nuit passée sur place. Avant de se concentrer sur l’agenda étranger les lundis et vendredis, c’est arrivé à ce moment où les ambitieux se disputaient les places du chef de l’Etat.

« Il a réussi à ancrer l’idée que l’Europe était au centre de tout. Or, la maine préoccupation des Français, c’est le pouvoir d’achat » Frites avec les doigts.

Après l’élection présidentielle, il plonge dans le courant dans le capot de la macronie. Avec Patrick Mignola pour le MoDem et Gilles Boyer pour Horizons, il a négocié l’accord indispensable à la création de la bannière commune, Ensemble !, notamment la question sensible de la répartition financière entre les mouvements. Pendant la campagne présidentielle, il a participé à de nombreuses réunions de soutien. “Il paraît que trois militants l’apprécient, qui le voient comme le garant de l’ADN de la Marche avec le titre de Julien Denormandie”, relève un Marcheur.

Ne partagez pas un tel compliment avec l’aile droite de la majorité. Chez les historiques de la macronie, “j’ai déjà réfléchi à considérer qu’ils sont arrivés en 2017 et maintenant comme non bourses”, s’insurge un ministre venu de la droite, qui demande : “Stéphane Séjourné a réussi à ancrer l’idée que l’ L’Europe était au centre de tout. Or, la principale préoccupation des Français, c’est le pouvoir d’achat. Ce n’est pas l’Europe qui nous fera gagner face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. »

Dans cette période où les carrières se font et se défont, tout le monde s’accuse de se pousser du col. Entre Stéphane Séjourné et l’ex-UMP, le courant passe mal. Aux grandes théories politiques, à eux le contact avec le « monde réel ». Que chacun reste à sa place. C’est peu dire qu’ils ne viennent pas du même monde. Gérald Darmanin disait que pour comprendre le français, il faut manger des frites avec les doigts. Venez à Bruxelles? Stéphane Séjourné est

Chroniqueur à l’Opinion.

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