Automobile : Renault va-t-il désengager de l’Algérie ?

#Algérie : L’avenir de Renault Algérie, dans l’impasse depuis deux ans, se pose aujourd’hui avec acuité. Avec une production de 5 208 véhicules en 2021, ils sont fabriqués dans le pays est loin de son objectif de production et ses perspectives sont sombreres por la politique industrielle des autorités.

Si le marché automobile algérien des véhicules neufs était, il y a quelques années encore, le deuxième du continent africain derrière l’Afrique du Sud, suscitant l’engouement des constructeurs mondiaux, l’absence d’un écosystème automobile, la politique industrielle changeante et l’environnement des affaires étouffant n’offre pas de visibilité aux constructeurs. Aujourd’hui, le secteur de l’assemblage automobile en Algérie est un fiasco, il se réduit uniquement à l’importation de kits automobiles et de voitures déjà montées avec lesquelles il ne manquait que des roues à plaisir.

Et aujourd’hui, tout le secteur est presque à l’arrêt. Tournant en mode ralenti, l’avenir de Renault Production Algérie, l’usine de montage du constructeur français dans le pays, s’écrit en pointillés.

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Pour cause, après quelques années, au lieu de monter en puissance, la production du site déployé à Oran et où sont montés 4 modèles – Dacia Logan 2, Renault Symbol 2, Dacia Sandero 2 et Renault Clio 4 – a décliné. Après une production de 19 419 unités en 2015, première année de la première, la production passe à 42 036 véhicules en 2016, 60 646 unités en 2017 et 72 615 unités en 2018, on estime à 75 000 voitures par an. Cependant, cette hausse exponentielle connue un arrêt brutal à 2019 avec une production retombant à 60 012 unités, puis à 754 véhicules montés en 2020, avant de remonter à 5 208 unités en 2021.

Cette chute s’explique essentiellement par la politique industrielle élaborée, avec notamment le blocage des importations de kits SKD/CKD par les autorités. Une décision qui a conduit à l’arrêt de la production unités de montage automobile en Algérie début 2020. Et même si le montage automobile a été repris au niveau du site Renault, la production tourne vraiment au ralenti. D’ailleurs, le cabinet Inovev a particulièrement observé en 2021 un transfert de production de la Dacia Logan de l’usine d’Oran vers celle de Tanger au Maroc.

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Cette dernière est un modèle réussite du groupe Renault et a une capacité d’assemblage de 350 000 unités par an. D’ailleurs, en février 2020, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, lors d’un entretien accordé au quotidien français Le Figaroa fait part de son mécontentement en compris que « l’usine Renault qu’est ici n’a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc », avant d’ajouter : « Comment créer des emplois alors qu’il n’y à toute intégration, toute sous-traitance ?

En août 2020, après un arrêt de son activité pendant 6 mois et au bord du gouffre, Renault Algérie a annoncé un massif plan de départs volontaires touchant 800 de ses 1 200 salaires en raison d’un manque de visibilité sur la poursuite ou non de son L’activité d’assemblage, a entraîné la suspension des importations de kits CKD/SKD destinés à l’assemblage de véhicules. A cette époque, de nombreux observateurs avaient fait partie du risque d’arrêt de la production de l’unité de montage d’Oran.

Et l’avenir ne s’annonce pas plus radieux. Toujours selon le cabinet Inovev, “les escomptes sur la période 2022-2030 sont très incertains et il n’est pas sûr que Renault conserve cette usine”.

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L’une des principales raisons est que les autorités algériennes, jugeant le taux d’intégration locale faible, ont exigé un contenu local relativement élevé pour rendre compte de l’écosystème automobile existant dans le pays. En décembre 2021, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane indiquait clairement que sa candidature pour un montage automobile en Algérie devait réunir en place un solide écosystème avant de lancer ses activités avec l’obligation d’atteindre un taux d’intégration de 35% dans un délai de 3 ans à maximum.

Avec cette politique consistant à décrémenter, au lieu de construire un modèle viable comme le fait le Maroc voisin depuis des décennies, les autorités algériennes ont compris qu’il est impossible de s’attaquer à une taxe d’intégration réalisée dans Le secteur automobile sans un écosystème développés avec des fournisseurs, des équipementiers et des sous-traitants. A titre d’illustration, Renault Tanger compte aujourd’hui plus de 300 sous-traitants, équipementiers et fournisseurs déployés autour du projet. Ce qui a permis à cette unité d’afficher un taux d’intégration supérieur actuellement à 60%. Choisi qui fait défaut à l’Algérie, où les unités de montage n’aportent aucune valeur ajoutée locale en ne faisant que monter des kits automobiles importés.

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Inovev a ainsi émis l’hypothèse que Renault pourrait vendre son algérienne, car cette dernière « ne répond pas du tout aux objectifs du constructeur puisqu’elle ne parvient plus à se rapprocher du niveau de production visé de 75 000 véhicules pour une, sur la base d ‘une réponse à la demande locale qu’avait subi à l’époque l’arrêt des importations automobiles’.

Toutefois, le constructeur français pour le moment écarté toute fermeture de son usine en Algérie. «La situation dure après un certain temps. Effectivement, les volumes assemblés sont toujours bas, mais en aucun cas nous n’avons annoncé que nous allions quitter l’Algérie, que resse un marché important pour Renault», expliquais-je au groupe, cité par le site Largus. Pour Renault, si l’assemblage d’une automobile n’est pas le plus important en Algérie, le marché du neuf local, le deuxième du continent jusqu’en 2016, reste très important.

Ils rapportent que l’usine Renault Production Algérie est le fruit d’un partenariat entre Renault (49%), la Société nationale des véhicules industriels -SNVI- (34%) et le Fonds national d’investissement (17%).

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