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Nouvellement libérée des carcans infernaux d’un mariage abusif, Cora Seaborne (Claire Danes) décide de se réapproprier son existence et, si tôt que les rumeurs d’une mystérieuse créature marine lui sont parvenues, s’en va dans l’Essex enquêter sur la nature exacte du reptile accompagné de son fils et de sa domestica Martha (Hayley Squires). Sur place, la jeune férue de paléontologie découvre avec un émerveillement largement mis en exergue par l’esthétique apothéotique dont profite la série, la beauté mélancolique et pittoresque du village d’Alwinter, où elle rencontre le vicaire William Ransome (Tom Hiddleston) et sa femme, Stella (Clémence Poésy).

Une rencontre bouleversante pour cet homme de foi, dont le désir brusque contraste amplement avec ses morales religieuses. More than the poor bougre ne se jette point la pierre, la jeune femme suscitant manifestement une attraction à laquelle personne ne semble en mesure de réchapper. De l’aimable Martha au vicaire, en passant par le chirurgien prodige Luke Garett (Frank Dillane), l’entourage de Cora semble ainsi, sans aucune raison particulière, pris au piège de son charme décidément inexorable.

libérer, libérer

Les relations interpersonnelles que partage chacun des personnages semblent donc être le véritable moteur de Le serpent d’Essexlaquelle, en dépit d’un rythme pour le moins efficace, Manque enfin d’une intrigue assez solide pour supporter le récit. A la fois mystère gothique, drame socio-réaliste, testament pseudo-féministe, et mélodrame, Le serpent d’Essex peine à établir une identité que lui soit propre. Eh bien trop de parcelles narratives sont ainsi engagées puis laissées à l’abandon sans autre considération que celle de ne pas faire d’ombre au dépliage pourtant mal assuré d’une alchimie bancaire entre le duo de tête.

Le spectateur éprouvera donc sans nul doute quelques difficultés à saisir les tenants et aboutissants de l’irrépressible désir que ressentent, sans trop de préambules, les personnages l’un pour l’autre. Acteurs d’une tension organique Fait de toutes pièces pour leurs interprètes respectives (solides, mais sans saveurs) et sans réel appui scénaristiqueWill et Cora développent ainsi l’un pour l’autre une attirance physique peinant à investir son audience, ou encore le moindre enjeu.

Le serpent d'Essex : Photo Tom HiddlestonVicaire érotique

Sciences, bébé !

En toile de fond de cette romance malhabile, Le serpent d’Essex il est répondu non sans mal d’un conflit opposant la foi religieuse qu’incarne Will, à la rationalité que Cora apparaît. Une dichotomie qui se retrouve dans un premier temps au travers des personnages, mais également dans le montage parallèle qu’emploie la série, laquelle dépeint une dualité aussi bien narrative que visuelleet multiplier les retours en arrière, les liens en avant, et autres simultanéités temporelles entre Londres et Alwinter.

Le différend idéologique entre les deux personnages principaux nourrira toutefois moins un débat qu’un échange. Alors que Cora essaie comprend la nature exacte du serpent, et il est plait d’imaginer que le pourrait s’agir d’un “fossile vivant” qu’aurait échappé à l’évolution, le pasteur préfère considérer comme une manifestation des angoisses relatives aux changements inévitables de l’époque. Des vos radicalement distincts que les pousseront cependant à chercher à apprendre l’un de l’autre.

Le serpent d'Essex : Photo Tom Hiddleston, Claire DanesDiscourir du sens de la vie au petit matin

Si Cora et Will parviennent assez rapidement à comprendre, l’arrivée de cette dernière dans la petite bourgade d’Alwinter sous-tend toutefois un désaccord profond et irréconciliable entre le personnage et les moeurs du village. Tandis qu’on essaiera autant de bien que de mal pour contenir l’anxiété grandissante de ses paroissiens, le personnage de Claire Danes essaie d’ouvrir leurs esprits étriqués à d’autres considérations, en proposant de dispenser son savoir scientifique à l’école du village.

Cette dernière sera toutefois rattrapée par le poids de superstitions inépuisables, si ancrées dans l’inconscient collectif qu’elles en investissent les corps et provoquent une brusque frénésie générale. Je l’ai discerné pendant un fanatisme religieux et un conservatisme aveugleles villageois d’Alwinter refusent alors d’entendre raison, persuadés que le serpent mythique est revenu dans le comté pour mieux se repaître de leurs pêchés.

Le Serpent d'Essex : Photo Clémence PoésyPlus doux que ce personnage, tu meurs

Hiss-térie

Paranoïaques, les habitants d’Alwinter saisissent de bois, torches, et files afin de construire barrages et barricades, autant de manifestations physiques de leurs réticences intérieures à considérer la bête (et par extension, l’inconnu) comme autre chose qu ‘une incarnation du démon. L’hystérie atteint sont paroxysme dès lors qu’un cadavre de plus est découvert à proximité du marais. Une fièvre affolée sevit tandis que le dispositif cinématographique de Clio Barnard apparaît pour un montage et une mise en scène convulsive les affres d’une névrose de masse, brièvement apaisée par l’écoulement de sang d’un bouc sacrificiel.

A la fois créature marine, châtiment divin, et entité omniprésente, la bête terrifiante les enfants, investit les bancs de l’église, et semble rôder dangereusement sous la surface des eaux embrumées de l’Essex. Pourtant, le serpent semble moins répondra à une physicalité abstraite qu’à un symbole, d’une vaste métaphore modélisation dans une seule et même image tout ce que la vie a d’inévitable : le regret, le chagrin, le deuil, et la crainte.

Le serpent d'Essex : Photo Tom Hiddleston“Exile-toi à la campagne, qu’ils disaient. Ce sera reposant, qu’ils disaient.”

Miroir sur lequel les personnages projettent leurs propres blessures, le serpent se fait Le reflet d’une condition humaine insaisissableet sous-tend au passage qu’en dépit de la révolution industrielle et des incroyables progrès réalisés par l’Homme, ce dernier fait avant tout partie de la nature et demeure à fortiori imparfait.

Ainsi, par dessous les élans maladroitement romantiques des deux protagonistes, et les diverses sous-intrigues congédiées sans trop de scrupules du récit principal, Le serpent d’Essex peut être considéré comme une histoire de fandoms. Des fantômes créés de toutes pièces non par manque de foi, ou de savoir, mais par les peurs et les doutes profitant des eaux troubles de l’inconnu pour mieux s’insinuer dans les coeurs et les esprits.

Après une sortie en deux épisodes le 13 mai 2022, The Essex Serpent sortira un nouvel épisode qui sera vendu sur Apple TV+

Le Serpent d'Essex : affiche (2)

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