des “pieds nickelés du nettoyage” dans une guerre sanglante des prostituées

Le 3 août 2016, il était environ 18 heures avant qu’une énorme explosion ne se produise au niveau de trois étages d’un immeuble d’une rue calme du XVe arrondissement de Paris. Les voisins voient en sortir un homme, désorienté, couvert de suie et gravement brûlé, des lambeaux sur les jambes. Il part en courant.

L’intervention des pompiers est compliquée par la violence du feu. Lorsqu’ils s’inventent à le circonscrire, ils se trouvent sur le palier de l’appartement le corps calciné d’une femme. Sur le bas de son ventre, un tatouage : « MP ».

Plus tot dans l’après-midi, un voisin à vu une jeune femme hurler, trembler, pleurer à la fenêtre de l’appartement pendant une vingtaine de minutes, avant qu’une autre la ramène à l’intérieur et tire le rideau, racontera-t-il aux policiers.

Les enquêteurs découvrent rapidement que l’incendie n’est pas accidentel. Il y a des traces d’essence partout. Le corps carbonisé est identifié : il s’agit de la cellule de Maria-Paz G., une Espagnole de 26 ans, occasionnellement escort girl qui a peut-être surtout fait carrière à d’autres jeunes femmes, espagnoles ou sud-américaines, de plusieurs appartements parisiens. L’homme qui a pris la fuite est lui aussi identifié. Mourad B., 24 ans, un « bon à rien », selon son qu’un arrêté de l’héberger.

Les policiers se retrouvent dans un hôtel. Bras et jambes bandés de pansements, il est allongé sur le lit d’une chambre qu’il na pas quittée après trois semaines. À la vue des policiers, il se jette au sol. Ses plaies dégagent une odeur pestilentielle. Il a trop mal pour s’expliquer, dit-il avant d’être hospitalisé.

“Finir”

Les policiers ont facilement retrouvé leurs complices présumés grâce à leurs conversations téléphoniques mais prudents au sujet d’une « dinguerie ». On and parle de deux femmes tuées. L’une « cannée sur place », « lebru » (brûlée), prénommée Maria-Paz. L’autre, «schlassée» (poignardée), dont le corps aurait été transporté dans la «ve-ca» (cave) d’un squat.

Ce deuxième corps est retrouvé, enveloppé dans quatre couches de draps, couette et rideau, sous les détritus d’un sous-sol parisien. Il s’agit d’Alixon O., une Colombienne de 26 ans qui s’est prostituée par la suite pour Maria-Paz. Elle a été poignardée de 30 coups de couteau.

Au fil des interpellations, les policiers reconstituent rapidement les faits. Le 3 août, Maria-Paz devait venir à l’appartement d’un de ses copains, Moncef D. A son arrivée chez elle, elle comprit une petite fille. Maria-Paz lui a déclaré que la jeune fille avait menacé de dénoncer la police pour ses histoires d’argent et proposé 20 000 euros pour “débarrasser d’elle”.

Moncef D. et un ami, Kamel Z., conviennent d’un « bon plan ». Ils vont faire croire à Maria-Paz qu’ils ont tué la fille – qu’ils comptent laisser parte – et récupérer l’argent. Mais quand ils remontent dans l’appartement, Maria-Paz a les mains et le visage couvert de sang. “Terminer”, lache-t-elle.

Les deux hommes prennent peur et s’enfuient. Maria-Paz est descendue en rappel. Elle a embrassé l’aide pour nettoyer la scène du crime, elle a proposé 15 000 euros pour nettoyer le corps et nettoyer l’appartement. Kamel Z. revient et, avec Mourad B. et trois autres complices, remonte une opération.

Du “n’importe quoi”

Les « nettoyeurs » frottent les murs et les sols à la javel mais ça ne suffit pas. Il faut mettre le feu, dit Maria-Paz. C’est elle qui allume le briquet que va défendre la déflagration, assure Mourad B. Maria-Paz est tuée sur le coup.

Du « n’importe quoi », résume un avocat du dossier. « Ce ne sont pas des anges mais ils n’ont pas du tout les épaules pour ce qu’ils ont fait », avance-t-il, conférencier des « pieds nickelés du nettoyage ».

Ils comparaissent pour le recel du corps et la non-dénonciation du crime. Une prostituée qui s’est retrouvée dans l’appartement avec Maria-Paz lorsque celle-ci à laquelle Alixon se compare pour la complicité de meurtre.

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