Hier soir à Paris…. Christophe Maé

Le chanteur s’est lancé dans une tournée anniversaire pour célébrer les 15 ans de son premier album. L’occasion d’un show diablement efficace !

Il arrive seul, la chemise sortant du pantalon, bon elève mais pas trop. Et avant même qu’il n’attrape sa guitare, Christophe Maé est applaudi pour un Olympia archi complet, clairement prêt à faire la fête. Mais Maé préfère démarrer en douceur et attaquer «Mon paradis», extrait de son premier album dont il fête les 15 ans. Quelle belle idée qui a été remplacée par un disque vendu à l’époque à 1,5 million d’exemplaires, qui déclencha alors une Maé-Mania. Car la première partie du spectacle va très vite virer à une forme d’euphorie collective rarement vue ces derniers mois. “Belle demoiselle” est entièrement chantée par un public majoritairement féminin et permet à trois musiciens de rejoindre progressivement les héros de la nuit. « Sur ce premier album, raconte ce dernier, j’avais mis tout ce qui me contenait à cœur depuis vingt ans. Et évidemment il parlait aussi de ma maman » lance-t-il pour présenter « Maman ». Mais Maé et son groupe ne se contentent pas de coller à l’originale. Non, ils aiment étirer les titres, un solo de basse ici, un autre d’harmonica là, laisse le plus d’espace possible à la musique. “Va voir ailleurs” permet de vérifier aussi le chemin vocal parcouru. Si sur le cadran de 2007 Maé s’appliquait à bien chanter, il est désormais un interprète accompli, sachant exactement comment faire réagir une salle, commenter l’attraper par surprise -tout en tenant la distance physiquement.

Un clin d’oeil à Johnny

Christophe Maé sur la scène de l’Olympia.

© Benjamin Loge

D’autant que la demi-heure qui s’annonce va simplement retourner les jambes comme la tête des spectateurs. «Ca fait mal», «Parce qu’on sait jamais», «On s’attache» et «C’est ma terre» -quatre des plus gros tubes joués d’affilée- permettent à la fois un saut dans le passé mais aussi des moments de joies collectives plus que réjouissants. Maé bondit, rugit, harangue la salle, se démène pour faire oublier l’espace d’une soirée les deux ans de Covid et le chaos qui nous entoure. Paris, au diapason, quitte son siège et se laisse volontairement embarquer dans cette séquence nostalgique dans laquelle se glisse un clin d’œil bienvenu à Johnny Hallyday.

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Maé n’a jamais été du genre à parler longuement entre les titres, mais ce soir, il ne peut s’empêcher de saluer le plaisir d’être avec ses musiciens, un choriste et un pianiste ayant rejoints en cours de route. “Mon père spirituel” sa première chanson écrite à 16 ans, hommage à Bob Marley, clôt cette première partie de concert en douceur.

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Forcément, après avoir mis la salle à genoux, il échouera à gravir la pente. Mais Christophe Maé adore cette adversité. Il revient donc avec «Mon p’tit gars» hymne un poil naïf à son premier enfant. Mais c’est « Bouquet de roses » qui impressionne le plus. Ce morceau simple, hymne bouleversant à la vie, emprunté à mélancolie -l’un des sommets de son répertoire- émeut Paris que fait cueillir par le dépouillement d’un final a-cappella. «Ballerine» est logiquement dédié à son épouse Nadège, présente ce soir, quand «Il est où le bonheur» lui permet de descendre dans la salle. Maé aime clairement aller « au contact » : il serre des mains, embrasse les enfants, pose pour des selfies -comme dans le monde d’avant. Et puis «y’a du soleil» sont un hit de l’été dernier, lui permet de faire danser la foule une dernière fois. “Merci d’avoir lâché prix” dit-il emu de voir le parterre comme le balcon le suivre dans son délire. «vous et moi on est resté des gamins» jure-t-il avant d’entamer «la dernière danse» finale.

Au rappel, «La Poupée» -rare morceau social du chanteur de 46 ans- interprété au piano/voix fait frissonner l’assistance. Avant «j’ai laissé» Christophe se pique de saluer Ophélia, une petite fille croisée dans la rue dans la journée. Il sait combien il est important de faire rêver les gamins. Lui qui longtemps s’accrocha à l’idée qu’un jour peut-être son nom serait en haut de l’affiche. Ca dure maintenant depuis 15 ans -grâce notamment à Dove Attia remercié avant «La fin de l’été», prolongée à son maximum. Hier soir à Paris Christophe Maé ne pouvait qu’être fier du chemin parcouru. Et peut envisager le prochain chapitre avec sérénité : il se murmure qu’un nouvel album pourrait arriver d’ici la fin de l’année. La vie d’après continue donc. En mieux.

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Setlist du 13 mai 2022, Paris, L’Olympia

1/ Mon paradis
2/ Belle demoiselle
3/ Mère
4/ Voyons ailleurs
5/ Ça fait mal
6/ On dirait que ça n’a jamais été
7/ On s’attache
8/ C’est ma terre
9/ Mon père spirituel
10/ Mon p’tit gars
11/ Bouquet de roses
12/ Ballerines
13/ Il est où le bonheur
14/ Y’a du soleil
15/ La dernière danse
16/ La poupée
17/ J’ai laissé
18/ La fin de l’été

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