L’Aviron Bayonnais en demi-finale, « certaines personnes doivent être très mal à l’aise »

Rouen savoure à présent parce qu’il reste en Pro D2. Bayonne…

Rouen savoure à présent parce qu’il reste en Pro D2. Bayonne attend de l’avoir quittée. Le plus dur est à faire. “Il reste la meilleure part”, souriait avec l’accent d’Espagne, l’insatiable troisième ligne Asier Usorraga, futur joueur de Castres. Deux matchs à jouer, peut-être trois comme un seul, avec au bout, beaucoup de joie ou trop de peine. In attendant pour Yannick Bru, « on est là où on avait dit qu’on serait. Une nouvelle saison a commencé, pendant trois semaines. »

Le gérant de l’Aviron est satisfait de la performance d’une “Bayonne déterminée”, qui est “car cette première étape”. C’était «important de le faire, car on a beaucoup de compris de choses sur nous durant la saison. On l’a avalé, digéré, on a travaillé », poursuivait-il, avant de pointer sans numéroter « beaucoup d’insatisfaits » qui ont « témoigné de leur colère dernièrement » et gagné « surement beaucoup, beaucoup de choses avec l’Aviron ces dernières années’.

Amer, Yannick Bru alterne alors dans une zone mixte entre le féroce pour ses joueurs et cette rancœur palpable envers « certaines personnes qui doivent être très mal à l’aise à l’heure actuelle ». Cette vengeance assumée, quoique mesurée par le chemin qu’il reste à parcourir à Yannick Bru et ses hommes, s’est mêlée à un drôle d’esprit de fête Basco-Normande.

Comme 11 autres joueurs, Mariano Galarza et Joe Ravouvou quittent l’Aviron Bayonnais à l’intersaison.

Bertrand Lapègue

Les Rouennais ont prévu leur maintien durant de longues minutes sur la pelouse de Dauger.  Ils ont même lancé un « clapping » avec une partie du public… comme à la maison.
Les Rouennais ont prévu leur maintien durant de longues minutes sur la pelouse de Dauger. Ils ont même lancé un « clapping » avec une partie du public… comme à la maison.

Bertrand Lapègue

Un projet commun

Jeudi soir, alors que les Rouennais communiaient avec l’intégralité de la tribune Nord, pourtant qu’en partie à leur cause, que les hommes en vert fêtaient dans leur coin le retrait de M. Datas, l’arbitre central, resté par Jean -Dauger honorait ses partants. Treize joueurs et une grande partie du staff. Photos, larmes et embrassades ; la saison prochaine, l’Aviron entamera un nouveau cycle après quatre années sous la baguette de l’ancien talonneur. C’est ainsi, Top 14 ou non, qu’une métamorphose va s’opérer. Elle se manifeste en parcourant les contours d’un complexe sportif impatient de grandir.

Je crois que les 23 de ce soir et même tous les copains qui n’ont pas joué veulent aller dans le même sens »

Toute la saison, le groupe s’est entraîné près du chantier de la tribune Europcar, imperturbable. Et après la fête de ce week-end, il paraît que « les gars sont pelé », ils remettront au travail. Le parcours est encore long. « On a fait une réunion en début de semaine, on s’est dit les choses, détaillait le partant Maxime Delonca. Nous nous sommes j’ai exigé jusqu’où on souhaitait aller. Je crois que les 23 de ce soir et même tous les copains qui n’ont pas joué veulent aller dans le même sens. » Yannick Brun n’en démordait pas, il a « accepté » mais « n’oubliera rien ». Côté terrain, lui comme le groupe, appliquez ce qui a été promis. « Chacun va chercher des sources de motivation là où il en a envie. Il faut avoir les bonnes raisons d’être motivé. Comme vouloir se créer des souvenirs communs avec des gens que parteront à la fin dit-il, terminer sur une aventure affective de grande qualité, et aussi, remettre ce club magnifique au plus haut niveau du rugby français».

Victorieux avec le bonus offensif et huit essais marqués, Bayonne n’a pas tremblé face à Rouen. Difficile de lui reprocher ses quelques coquilles en touche et sur certaines de ses offensives. L’Aviron a fait le match quasi parfait à Jean-Dauger et s’est terminé sa saison régulière à 100 points. “La vie est une fête”, disaient les Rouennais. Les Bayonnais eux, voudraient bien la faire à Montpellier.

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