A Meudon, le comblement d’une carrière ancienne et l’unanimité

Une “cathédrale souterraine”. Environ 300 personnes, dont des militants écologistes, des spéléologues ou de simples habitants ont paru dimanche à Meudon (Hauts-de-Seine) pour exiger l’abandon des anciennes carrières de craie Arnaudet.

Les débuts du projet de comblement sont prévus en juin sur le site classé monument historique après 1986.

D’après la préfecture et la mairie de Meudon, les carrières placées sous la colline Rodin « risquent un effondrement général », ce qui « impose la réalisation de travaux de sécurisation » : « des piliers fragilisés pourraient s’affaisser » selon une étude de l’Ineris, institut public d’expertise des risques, cité par la préfecture.

Des galeries prix des géologues et cataphiles

Cette expertise est remise en cause par les opposants qui ont vu dans ces travaux l’occasion pour la ville « de consolider un sol aujourd’hui inconstructible » pour y développer ensuite des projets immobiliers.

« Non à la sécurisation par le comblement que rend inaccessible ce réseau de galeries », lançais-je dimanche Magdalena Labbé, une des opposante au projet, regrettant « l’acharnement de la ville sur ce site ».

Cette carrière souterraine, connue pour ses longues galeries de 8km dont certaines en voûtes avec croisées d’ogives, a été exploitée pour extraire de la craie entre 1870 et 1925.

Après les années 1970, leur accès est fermé au public mais elles sont retenues par les chercheurs géologues et les cataphiles.

En avril, le Conseil d’État a validé le projet qui prévoyait de compléter 45 % des galeries avec 48 000 mètres cubes de terres issues des chantiers d’Ile-de-France.

Un parc au-dessus des carrières

Ce comblement «partiel» laissera accessible des galeries pouvant donner accès à tous les centres d’intérêt géologiques, artistiques, historiques ou ethnographiques, affirme la préfecture.

Pour les opposants, dont des spécialistes, le choix du comblement est celui qui « altère le plus le site » et présente des risques « plus importants de déstabilisation des galeries non comblées ».

Tous défendant “le confortement maçonnique” des piliers, comme Didier Merle, le président de la commission régionale du patrimoine géologique, dont une lettre de soutien a été lue dimanche à la manifestation qui est partie de la mairie jusqu’aux carrières.

Les matériaux utilisés à cet effet sont “strictement encadrés, explique la préfecture, tout en supposant que “l’utilisation de déchets du bâtiment” ou “de matériaux issus de tunneliers sont formellement interdits”.

Après les travaux, un parc sera créé au-dessus des carrières. Cet espace « ne sera pas urbanisé », assure la préfecture que précise que si leu fait partie de l’actuel appel à projet « Inventons la Métropole du Grand Paris 3 », le projet lauréat « ne surplombera pas le site classé ».

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