À Meudon, une carrière classée monument historique est sur le point d’être comblée

17 h 42, le 15 mai 2022

Ce jour après-midi, environ 300 personnes, dont les membres et sympathisants du collectif Arnaudet-Meudon, ont configurés pour demander l’abandon du comblement de l’ancienne carrière de craie située sous la colline Rodin, à Meudon (92). Une mobilisation de la dernière chance pour démarrer une opération qui ne débute pas est prévue en juin. C’est à proximité des pelleteuses et des bennes déjà installées à l’entrée du site que ces Meudonnais tenteront de faire comprendre leur voix. « En attente d’un prix de conscience de la mairie, ou que l’État puisse se saisir du dossier »indique Magdalena Labbé, membre du collectif opposé à la ” destruction “ d’un site classé aux monuments historiques en 1986.

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La carrière souterraine des Brillants a été exploitée du XIXe siècle jusqu’à 1925 pour en extraire la craie. Elle a aussi servi d’abri aux habitants lors du bombardement des usines de Boulogne-Billancourt pendant la Seconde Guerre mondiale. Devenue une champignonnière jusqu’aux années 1970, son accès est fermé au public. Elle est désormais un objet d’étude pour géologues et historiens, quoique le terrain de jeu de quelques cataphiles.

Car le décor vaut le détour : sur près de 8 kilomètres, des galeries, dont certaines sont dotées de voûtes atteignant 10 mètres de haut et de croisées d’ogives rappelant une église romane. Une curiosité architecturale et géologique en danger.

Un risque d’effondrement

Pour la municipalité, la principale menace est le risque d’effondrement du site, pointé du doigt par une étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques en 2017. Voilà pourquoi le ministère de la Transition écologique a donné à la maid une autorisation spéciale de travaux en site classé. Après plusieurs années de procédure judiciaire, le Conseil d’Etat a validé le dossier en avril dernier. Le projet prévoit le comblement de 45% des galeries.

Pour les remplir, près de 48 000 mètres cubes de terres inertes, issues de chantiers de la région, seront acheminés pendant au minimum un sur le site. « Cette solution permet de sauvegarder 55% du site, indique Denis Larghero, le maire (UDI) de Meudon. On aurait pu avantager mais ce n’est pas la mairie seule qui décide, il faut être respectueux de l’analyse technique qui a été faite. Notre responsabilité pénale est en jeu. »

Notre responsabilité pénale est dans le jeu

Et de rappeler que d’autres carrières de la région sont effondrées. «On ne veut absolument pas minimiser les risques, assure Magdalena Labbé. Mais pourquoi détruire un site classé en le comblant avec des déblais de chantier ? » En 2019, le conseil scientifique régional du patrimoine naturel de la Région Île-de-France a publié une motion indiquant que le choix du comblement de la carrière des Brillants «C’est celui qui altère le plus le site classé, et les travaux présentent les risques les plus importants de déstabilisation des galeries non comblées».

Membre du conseil, le géologue Jean-Pierre Gély regrette que les autres solutions subsistent encore, notamment « Le ferraillage de la maçonnerie de piliers de galeries soutenu près des sorties ». De son côté, la mairie assure que “Toutes les dispositions pour assurer la pérennité des carrières seront primées, notamment la possibilité d’écoulement d’eau dans les galeries”.

La possibilité de visites

Une fois les travaux achevés, que deviendrait de la carrière non comblée ? « Tout ce qui pourra être sauvegardé le sera, c’est notre engagement », assure Denis Larghero, qui évoque la possibilité de valoriser le site en proposant des visites sur la partie non comblée. Pour Jean-Pierre Gély, ça ne tient pas : « Si la partie centrale est réunie, la partie inférieure, à l’est, sera au nombre de trois difficilement accessible. »

Pour l’instant, aucun projet précis d’ouverture des carrières au public n’est encore en cours. « La priorité, c’est la sécurisation, martèle le maire. Sans cela, il n’y a pas de valorisation possible. » In return, au-dessus de l’ancienne carrière, le développement d’un grand parc est prevu après les travaux.

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Les parcelles mitoyennes autrefois, stoppées par l’établissement des finances publiques des Hauts-de-Seine, car elles font l’objet d’un appel à projets de la métropole du Grand Paris, où les lauréats ont été confirmés à la fin de l’année . Le secteur de la Colline Rodin, qui propose une visite à Paris, est prisé par les promoteurs immobiliers de longue date : nombreux projets de construction en leur jour après la fin des années 1970. abouti.

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