nostalgique, ils pleurent la fin du mythique iPod d’Apple

L’iPod, le plus célèbre des baladeurs numériques qui a révolutionné les usages musicaux en l’an 2000, a décidé d’arrêter la production après la sortie de six ventes. Au grand mère des derniers amateurs du petit boîtier à molette.

Clap de fin pour l’iPod. Ainsi que vingt ans après sa naissance, Apple a annoncé mardi la fin de la production de son célèbre baladeur numérique, même si l’iPod Touch reste disponible jusqu’à épuisement des stocks dans les ventes de la marque. Mais la disparition du produit mythique de l’an 2000, qui a révolutionné la façon de consommer de la musique, a provoqué une vague d’émotion à travers le monde.

Après l’annonce d’Apple sur les réseaux sociaux, les noms des utilisateurs sont unis sous le hashtag “#iPodRIP” pour dire un dernier au revoir, comme le confirme l’AFP. “Noooon, iPod touch, tu es trop pour ce monde !”, j’ai par exemple tweeté l’entrepreneur américain Anil Dash, PDG de Glitch (start-up de développement de logiciels).

“Clairement, c’est un des produits lancés par Apple qui nous a complètement changés”, a expliqué Francisco Jeronimo, analyste au cabinet IDC, spécialisé dans les nouvelles technologies, à l’AFP.

Les différentes générations d'Apple Ipod, du modèle classique au Nano.
Les différentes générations d’Apple Ipod, du modèle classique au Nano. © Flickr – CC Commons – Colin Harris

“Bien au-dessus de toute ce qui se faisait à l’époque”

“Quand je suis sorti, je bosse en Rayon à la Fnac et j’ai plus de chance de marquer”, confie Mathieu à BFMTV.com, alors âgé de 22 ans. “J’aimais vraiment l’objet, et d’ailleurs il me plaît encore beaucoup 20 ans après. Je me souviens que c’était aussi bien un objet qu’on avait dans sa poche tout le temps et un objet de déco. C ‘était bien au-dessus que tout ce qui se faisait à l’époque.”

Au sommet de sa gloire, ce petit appareil s’écoulait à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires chaque année. Avec leur design iconique et perdant un prix de 400 dollars à leur lancement, les iPod sont sortis de la compétition avec une promesse : « Mettre 1000 chansons dans votre poche ».

“J’ai vraiment eu un coup de coeur pour ce produit, que j’ai par la suite collectionné, je les ai tous eu et je les ai jusqu’à la corde malheureusement!”, se souvient cet homme d’aujourd’hui ‘ai 41 ans, je désespère de me débarrasser de l’iPod qui fonctionne.

Pour lui, l’iPod “a véritablement marqué une époque. Du Kylie Minogue à des bandes originales de film, j’avais de tout dessus. C’écclectique. C’était le moment où, comme beaucoup de monde, je téléchargais illégalement . C’était devenu une extension de moi, je l’avais tout le temps dans ma poche chargée et prêt à être dégaîné”, a rappelé cet homme, aujourd’hui responsable de la relation client d’un grand groupe de matériel informatique à Nantes.

“Tant qu’il fonctionnera, je continuerai de l’utiliser !”

D’autres, eux, ont précieusement gardé leur exemplaire. Toujours séduits par son design, ils utilisent toujours religieusement leur vieil appareil. Michaël, 42 ans, servira d’exemple d’iPod classic blanc pour “écouter de la musique en voiture”. “Cela me permet de brancher mon iPod et de garder le téléphone pour faire autre chose notamment le GPS”, confie-t-il à BFMTV.com, même s’il reconnaît qu’il lui aussi d’écouter occasionnellement de la musique en streaming sur son téléphone.

“Mon iPod, la version classique dans les années 80 Go des années 2000, a toujours et tant qu’il fonctionnera je continuerai de l’utiliser ! Je l’avais mis dans une pochette mais elle a rendu l’âme avant lui”, s’étonne même le quadragénaire, chargé d’études dans le secteur associatif à Versailles. “Étonnamment, sa batterie tient toujours aussi bien, ce qui es rare pour un produit Apple ! Après je ne sais pas exactement combien de milliers de chansons j’ai sur mon iPod mais même s’il est rempli, il reste encore beaucoup de choses à écouter.”

“Mais je m’en sers aussi en vacances, sur la plage ou au bord d’une piscine ou en soirée (si une enceinte dispose d’une prise USB)”, confie cet amateur. “Quand j’y ai pensé, pour l’époque que j’étais capable de stocker, c’était impressionnant, et j’avais le look et la navigation par la molette tactile étaient innovants et agréables à trois”, loue-t-il encore.

Des Ipod Nano dans une boutique Apple à San Francisco en septembre 2007.
Des Ipod Nano dans une boutique Apple à San Francisco en septembre 2007. © JUSTIN SULLIVAN

Et les quadragénaires ne sont pas les seuls à regretter la fin de l’iPod. « Une page se tourne » aussi pour le jeune Clément, 16 ans, dont l’iPod Shuffle à ce « premier appareil technologique ». “Mes parents m’avaient offert à Noël quand j’avais 10 ans”, raconte ce lycéen d’Aubagne (Bouches-du-Rhône). “Je l’avais perdu un temps puis j’ai remis la main dessus il y a trois ans et depuis que je l’utilise souvent, en plus de mon smartphone”, raconte l’élève en classe de Terminale, que se dit “très déçu “pour l’arrêt de la production. “Je faisais parti de ceux qui espéraient un reboot (Cf. nouveau lancement).”

La gamme de couleurs de l'Ipod Nano dans un Apple Store à San Francisco en septembre 2012.
La gamme colorée de l’Ipod Nano dans un Apple Store de San Francisco en septembre 2012. © JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA /

Pour lui, l’iPod et le streaming, “ce n’est pas incompatible”. “Là par exemple, je viens de passer le bac. Eh bien j’étais content d’avoir mon Ipod avant les épreuves pour pouvoir me concentrer et être dans ma bulle. J’ai toutes mes playlists en streaming sur mon smartphone, mais j” Aime bien aussi avoir plus de bases sur mon iPod. C’est hyper pratique dans les moments où tu veux t’isoler, ne pas être dérangé par les appels ou les notifications de ton portable.”

“Il n’a pas juste changé notre façon d’écouter de la musique, il a changé l’intégralité de l’industrie musicale”, assurait le fondateur d’Apple, Steve Jobs, en 2007. Malgré la gloire des débuts qui a Largement contribué à propulser le business américain, l’iPod n’a pas survécu à l’arrivée de l’iPhone en 2007, mais il s’en est d’abord inspiré. Cinq ans après la vente, l’iPod ne réclame plus que 10 % des revenus de la marque à la pomme, note l’AFP, et il se vend mieux que l’iPhone.

Jeanne Boulant Journaliste BFM TV

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