PORTRAIT. Dans son atelier à Paris, Noémie Briand fait le par de la joaillerie écoresponsable

Noémie Briand dans leur atelier rue Chateaudun dans le 9e arrondissement de Paris.
(©Dahlia Girgis)

La pierre précieuse rose s’efface derrière la machine rotative tenue par joaillière Noémie Briand. Dans son atelier situé rue Châteaudun dans le 9et arrondissement de ParisNoémie Briand produit près de 150 bijoux par an manière écoresponsable.

La joaillière qui arbore une coupe à la garçonne a été lancée en tant qu’entreprise propre il y a près de dix ans en 2013.

« Je ne mesurais pas à quel point cet artisanat pouvait être polluant »

« Numéro d’une famille d’instituteurs, j’étais destinée à devenir professeur, mais pendant mes études d’Histoire le métier de joaillier est ressorti lors d’un test au centre d’information et d’orientation », retrace sobrement Noémie Briand. Originaire de Mayenne dans les Pays de la Loire, elle a d’abord suivi une formation en arts plastiques. Elle voit la joaillerie comme une opportunité de renouer avec son côté créatif.

Elle a réalisé une formation de trois ans en apprentissage à l’École de formation professionnelle à Bruxelles. Ils sont maître joaillier sert d’une méthode d’éthique pour croire ses bijoux. « Quand j’ai commencé ma formation, je n’étais pas à la hauteur artisan pourrait être pollué », Témoin la jeune femme âgée de 36 ans.

Elle enseigne le français pour financer son entreprise

Arrivée dans la capitale française en 2010, elle n’est pas en contact avec le secteur. Pour se faire connaître, elle s’inscrit à un cours d’émaillage, une façon de colorier le métal à de pigment, au sein de l’association Atelier parisien. L’activité est proposée aux adultes par la municipalité.

À l’aide du bouche à oreille, elle trouve ses locaux : deux petites pièces aux 8ème et 9ème étages d’un immeuble haussmannien. Pendant trois années, elle enseigne le français pour financer son entreprise. Elle reconnaissait également deux dotations de la ville : une hauteur première à 10 000 euros, et une seconde à 20 000 euros.

Dès le départ, elle imagine proposer à ses clients des bagues, chevalières, pendentifs ou encore de broches en ou séries de pierres précieuses produits éthiquement. Le procédé de fabrication est peu polluant par rapport aux restes des entreprises du secteur.

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« Nous n’avons pas besoin d’exploiter des nouvelles mines à ciel ouvert »

Dans son métier, l’exploitation or des mines nécessaires à la fabrication des bijoux affectent sévèrement la biodiversité. Ce modèle de joaillerie écologique est alors une évidence.

Une quantité d’or suffisante au secteur est déjà en circulation, nous n’avons pas besoin d’exploiter de nouvelles mines à ciel ouvert.

Noémie BriandJoaillière

Elle est sensibilisée à la jeunesse et à l’écologie : « J’ai grandi dans une famille où nous avons un potager, nous faisons le tri ou avons recours au troc… », cite-t-elle en exemple. La nature est d’ailleurs l’une de ses principales sources d’inspiration pour ses créations.

“Recyclage de l’or”

Toute nouvelle création est partie d’un pochon en plastique rempli de petites billes d’or. “De grenailles d’or”, Décrit Noémie Briand in brandissant de ses mains fluettes le sac.

Il provient de la clientèle de la bijoutière. “Eux des clients me vendent des bijoux cassés ou qu’ils ne souhaitent plus garder. Le prix d’achat s’élève à une trentaine d’euros le gramme, soit la moitié du tarif normal.

« Un recyclage de l’or », dit-elle farouchement. Pour récupérer de ces clients, un processus de nettoyage est nécessaire pour éviter la perte de poreux ou la rétention des restes de micro-soudure. Noémie Briand est la contrainte de faire appel aux entreprises externes de fondeurs pour cette étape.

“Le nettoyage de l’or nécessite des mélanges de produits chimiques à grande échelle que je ne peux pas réaliser moi-même”, déplore-t-elle. Elle reconnut ensuite les fameuses grenailles d’or pour créer des bijoux. Ses créations sont labellisées ville de Paris. Un label créé par des artisans qui produisent localement à Paris. Une référence importante pour la joaillerie : « Les clients doivent savoir que la production n’est pas localisée. »

Dans son atelier, Noémie Briand polit une pierre précieuse.  Elle attend bien pour vous aider à combler une personne dans son entreprise.
Dans son atelier, Noémie Briand polit une pierre précieuse. Elle attend bien pour vous aider à combler une personne dans son entreprise. (©Dahlia Girgis)

De l’or issue d’organisations minières artisanales

Quand elle ne peut pas racheter l’or à ses clients, elle a recours à de l’or “Fairmined”. Le label certifie la provenance d’un ou extrait deorganisations d’artisans miniers et à petite échelle.

Cette méthode n’est utilisée que s’ils sont en stock d’or recyclés et ne suffisent pas, ou si leurs clients le demandent expressément. La joaillière était dite par ailleurs inquiète de l’intérêt croissant des grandes maisons. Pour eux, la société suisse Chopard est livrée à l’exploitation de “fairmined”. « Est-ce que les exploitations minières vont pouvoir garder leurs aspects artisanaux si la demande continue d’augmenter ? », demande Noémie Briand.

Un client fidèle

La méthode éthique de ces créations séduit ses clients. À l’aide du bouche à oreille, sa constituante une clientèle fidèle. Elle produit souvent des bagues de fiançailles, des alliances ou encore des gourmettes pour les nouveaux-nés.

La clientèle reste fidèle et fait appel à moi tout au long des principales étapes de sa vie.

Noémie Briand Joaillière

Un atelier pan de mur de son est rempli de photos de leurs clients en tenue de mariage ou même de nourrissons.

Des pierres précieuses responsables

Pour proposer à ses clients une offre encore plus éthique, elle récupère souvent localement ses pierres précieux. “Je préfère éviter que les pierres voyagent beaucoup”. Dans sa démarche, elle est aidée par un spécialiste de la gemmologie.

Cette dernière contribution des pierres du monde entier et les propose aux boutiques de la Place Vendôme. Certains murs sont détenus par des boutiques et sont généralement restitués à d’autres marchés dans le monde. A ce moment, Noémie Briand est intervenue pour choisir dans le lot restant les pierres qui l’intéressent. Vos favoris restent tanzanite, le spinelle gris orage ou encore le rose de diamant “pour sa douceur”.

Dans l’avenir, la joaillière espère filou bientôt une employée. « J’ai envie de garder une petite structure de travail », explique Noémie Briand qui prépare actuellement le lancement de sa nouvelle collection.

Paire dahlia girgis

En partenariat avec le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFJP).

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