ATP Rome – Djokovic soulage : “Ce titre ne pouvait pas mieux tomber avant Roland-Garros”

Il y a quelques mois, il disait prêt à sacrifier ses rêves de grandeur sur l’autel de ses convictions. Privé de competition – à l’exception deux matches à Dubaï – lors du premier trimestre 2022 car non vacciné contre le coronavirus, Novak Djokovic avait mis sa carrière entre parents malgré lui. Plus dans quelques semaines, tout a basculé. De retour à plein temps sur le circuit après un peu plus d’un mois, le numéro 1 mondial a retrouvé le rythme de la compétition et ce peu à peu monté en puissance, jusqu’à cette idyllique semaine à Rome où il a conquis le titre pour la 6e fois, et ce sans perdre le moindre set.

Quelle demande de plus ? Pas grand-chose à en croire l’intéressé qui a évidemment toujours cru en ses capacités et en sa méthodologie de préparation. Mais il n’y a jamais de garantie. “D’une certaine manière, c’est un ralentissement. Parce qu’après tout ce qui s’est passé au début de l’année, c’était important pour moi de gagner un grand titre, surtout à l’approche des tournois du Grand Chelem”, a confié Le Serbe en conférence de presse. Car l’air de rien, il n’avait plus augmenté de trophée depuis six mois et son triomphe à Paris-Bercy.

ATP Rome

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En 4 tours, j’ai retrouvé le tennis et l’instinct de champion

Ce chemin parcouru entre l’élimination d’entrée à Monte-Carlo, lessivé par Alejandro Davidovich Fokina, et l’enchaînement des performances de trois hauts niveaux toute la semaine à Rome. En l’espace de quatre tournées et de 14 matches, Djokovic est redevenu Djokovic pour ainsi dire. De la qualité de son service à l’excellence de son timing en passant par sa couverture de terrain et sa vivacité à la relance, il a retrouvé tout son mordant.

Ils sont début de finale était ainsi digne de sa meilleure version sur terre battue l’an dernier. “Je peux dire que je suis agréablement surpris. J’avais un plan de jeu clair et je savais à quoi m’attendre. Donc je savais ce que j’avais à faire, mais je dois avouer que j’ai joué un premier set parfait“, at-il d’ailleurs avoué sur le court après sa victoire. Mais au-delà de ce tennis sans faille qui a fait sa marque de fabrique quand sa confiance est à son zénith, ce tournoi de Rome aussi remis en scène Djokovic , la bête de compétition.

D’une extrême concentration, le numéro 1 mondial, souvent délavé par de grands crises lors de tournants importants, un très bon signe chez lui. Plus célèbre que jamais, le retrouvé are instinct of champion, celui de prédateur à sang froid que sait quand il faut hausser à nouveau le ton pour faire basculer une partie. J’ai regardé les fins de sets face à Félix Auger Aliassime en quart de finale, partant 3-3 à la deuxième place face à Casper Ruud en demi, et aussi que Stefanos Tsitsipas a servi pour revenir à un set partout en finale.

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J’ai favorisé Roland, c’est lui

A ce niveau, un ou deux points peuvent faire basculer un match, et il est remis dans le match lorsqu’il mène à 4-1 dans le deuxième set, après le double break. Le match aurait pu se prolonger facilement après un set en trois, plus je dois en faire pour trouver les meilleurs coups au bon moment pour revenir. J’étais peut-être un poil meilleur dans le tie-break, mais c’était tendu pour tous les deux“, at-il encore fait remarquer avec lucidité.

Et c’est bien cette capacité à serrer le jeu quand la pression est maximale que fait de lui, entre autres, le champion qu’il est. Ajoutez à cela un niveau moyen de plus en plus élevé – il a même dominé Tstisipas dans la diagonale coup droit – et les perspectives s’éclaircissent à Paris. “Il y a deux jours, j’ai très bien joué (contre Félix Auger-Aliassime en quart de finale, NDLR). Je suis monté en puissance ces deux dernières semaines et je savais que je retrouvais ma meilleure forme à Rome d’habitude. Donc ça ne pouvait pas être mieux que de me présenter à Roland-Garros avec un titre. (…) Vu la manière dont je me sens sur et en dehors du court en ce moment, je pensais vraiment que je peux aller loin. Je me sens parfaitement bien physiquement.

Alors Djokovic grand favori à sa propre succession du côté de la Porte d’Auteuil ? Peut-être bien désormais. En tous cas, Andy Roddick, consultant pour la chaîne de télévision Tennis Channel, en a, lui, convaincu. Une chose est certaine : en s’imposant avec la manière à Rome, j’ai définitivement lancé sa saison et envoyé un message à la concurrence. Le patron est de retour et la chasse aux records est à nouvelle ouverte.

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