Tiramisu glacé, mayo au citron et cuisine ouverte, nos bonnes adresses de la semaine à Paris

BIEN MANGER À PARIS #67 — Restaurants, épiceries, cavistes, pâtisseries, bars à cocktails… Notre critique culinaire distribue le « T ». Cette semaine au banc d’essai : Milord, Jeannée Aimée et Alasena.

Milord r

On vient volontiers s’asseoir à la table des frères Lelli, mi-bretons, mi-toscans, qui ont le bon goût de bien faire, à deux pas de la BNF. Avec, en cuisine, leur complice Michele Rogazzo, ils mettent sur des classiques français revigorants (excellent œuf en meurette) et sur des recettes italiennes rondement prévues. Les pâtes sont maison, comme ces tendres cannederli (sorte de gnocchis de pain d’Italie du Nord) généreusement nappés d’une bisque de langoustines raffinée. En ce jour de pluie, peposo Offrir un peu de réconfort : une assiette de bœuf jarret mijoté longuement dans la sauce tomate, le vin rouge et le poivre auraient été savourés dès le XVe siècle par les ouvriers construisant la cathédrale de Florence. Un monument culinaire à goûter au moins une fois dans sa vie, servi avec des cubes de polenta dorés à l’extérieur et moelleux à l’intérieur. Malgré le tumulte de la salle pleine, on s’y régale jusqu’au dessert, un tiramisu glacé tout léger. Fine carte de vins italiens, vinaigre maison, légumes en provenance de leur potager breton, qui permettent d’élaborer conserves et cornichons : un souci du détail à juste prix qui fait du bien.

12, rue de Tolbiac, 13e. 01 43 46 80 44. Du lun. oh viens 12h00-14h00 et 19h30-23h30. Quitter le menu 22-24 €, dîner 39-55 €. Option végé. Terrasse. Bœuf. indisp.

Jeanne Aimée s

Une assiette du restaurant Jeanne Aimée.

Photo Arthur Crestani pour Télérama

Ne pas se fier à l’entrée discrète, dans une rue longeant l’église Notre-Dame-de-Lorette : au bout du couloir, c’est une grande salle lumineuse sous verrière qui accueille les mangeurs, dans une atmosphère étonnante de béton rosés bruts et de murs, paradoxalement industriels et chaleureux à la fois. Dans la cuisine ouverte, on voit Sylvain Parisot, jeune chef passé chez Pascal Barbot à L’Astrance et Alexandre Couillon à La Marine (Noirmoutier), affaire à poser la dernière feuille d’oseille sur un plat de poireaux confits. Sous des intitulés sobres faisant la part belle aux produits de saison, les coups de foudre gustatifs défilent dans les assiettes. Mariées à la polenta, aux olives noires et au cédrat cru, les asperges blanches sont dévergondentes, tandis que la volaille grillée prend des accents terre-mer avec du fenouil, des coques… et le croquant unattended d’oreilles de cochon, taillées en évanescentes lamelles. Des propositions culottées, bien accordées et enrobées d’un jus exquis qu’on sauce avec le pain de la ferme d’Heurteloup, dans les Yvelines. Normal : la miche provient de chez le père du cocréateur de l’affaire, Dan Humphris, épicier du quartier, qui se procure aussi les vignes et le nom de délicieux produits. Bientôt, un bar à cocktails voire des concerts devrait compléter l’offre. Allumez et revenez !

3, rue Bourdaloue, 9e. 09 73 88 48 44. Lun. 19h30-21h30, mar. oh viens 12h15-14h00 et 19h30-22h00 Menus midi 27-33 €. Option végé. Réservation indispensable.

Alasena r

Une assiette du restaurant Alasena.

Une assiette du restaurant Alasena.

Photo Arthur Crestani pour Télérama

Dans sept ans de critiques gastronomiques dans ces pages, c’est la première fois que je me rends sur l’île de la Cité. Loin des pièges à touristes et tout près d’une splendide glycine, cette minuscule cantine, tenue à quatre mains de Maria Ramirez et Ivan Avellaneda, est une aubaine. Une seule table à l’intérieur, quelques-unes dans la rue : ici, on mange sur le pouce ou sur un banc voisin. Le plat du jour met à l’honneur le couenne de porc à la colombienne, poitrine de porc croustillante, accompagnée d’une super sauce aux cacahuètes. Les pommes de terre au four que l’escortent se parent d’une mayo au citron si bonne que j’en sue du rab, servi avec le sourire. Le bun au poulet mariné, à l’houmous de flageolets et aux crudités, moelleux et bien assaisonné, ne démérite pas non plus. En prime, Maria Ramirez, ancienne de chez Ducasse, Gagnaire et Iñaki Aizpitarte, maîtrise aussi les desserts. En attestant du piquant fondant choco-piment et flan au pisco, clin d’œil à ses origines latino-américaines. Une adresse qui plaira aux amateurs de street food bien tempérée et aux flâneurs en que de bons plans dans le quartier.

26, rue Chanoinesse, 4e. 09 53 87 22 74. Du Mar. oh sam. 12h-15h. Plats 9-11 €, formules 11-15 €. Option végé. Terrasse.

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