Contra l’homophobie, “Heartstopper” sur Netflix fait mieux que beaucoup de camagnes de prévention

Netflix

Nick et Charlie, héros de “Heartstopper” sur Netflix.

SÉRIE – Exit les clichés. A l’heure du voyage mondial contre les homophobies, transphobies et biphobies, qui se déroule le mardi 17 mai, une série à la fois mise en ligne sur Netflix au mois d’avril dernier est particulièrement circonstancielle. Elle a droit Bouchon de coeur.

L’histoire est celle d’un jeune garçon du nom de Charlie (Joe Locke), un collège britannique en classe de 3ème, un brin gringalet et ouvertement homosexuel. Le jour de la rentrée, il a fait la rencontre de Nick (Kit Connor). Contrairement au premier, Nick est populaire, costaud et capitaine de l’équipe de rugby.

Parmi les deux ados, c’est un “match” amical. Et ce, d’entrée de jeu. Ils ne quittent plus et ne manquent pas d’attentions l’un envers l’autre. De quoi laisser espérer à Charlie qu’une belle histoire d’amour avec Nick puisse être possible. Que lui aussi, peut-être, aime les garçons.

Des conversations tardives dans la nuit aux rapprochements, en passant par le premier baiser. bouchon de coeur laisse à voir une comédie romantique sensible, délicate et touchante, loin du trash, des drogues, des scènes de sexe et des personnages queers bodybuildés de beaucoup d’autres productions pour ados.

Un vrai scénario

L’intrigue n’est pas très originale, mais elle n’est pas tirée par les cheveux. Ce n’est pas niais, c’est juste, notamment dans sa représentation du harcèlement à l’école, des difficultés à trouver sa place quand on est gay ou lesbienne, du sentiment de solitude et de la difficile acceptation de son homosexualité face aux stigmatisations et l’intolérance des autres. La série du réalisateur britannique Euros Lynne donne pas de leçons, elle est réaliste.

Découvrez ci-dessous la bande-annonce de bouchon de coeur:

Cette nouvelle production Netflix est une adaptation d’un webcomic à succès, écrit par l’auteur queer britannique Alice Oseman. Aujourd’hui âgée de 27 ans, cette dernière a déjà publié quatre romans et deux courtes histoires à destination des jeunes adultes. Ses personnages sont attachés, ses histoires simples et sincères. En reconnaissance.

Et d’ailleurs, sur Netflix, bouchon de coeur est un phénomène. après lui New York Times, il s’agit d’un des dix émissions anglophones les plus regardées dans le monde sur la plate-forme depuis qu’il a été mis en ligne. Il n’a pas seulement ému sa cible, les ados. « De nombreux millenials queer plus age ont été éblouis par la série », raconte le journaliste et auteur Owen Jones dans un édito du Gardien.

Une “bouée de sauvetage”

“Cependant, ils ont également un fort sentiment de uil à l’égard de ce qu’ils n’ont, eux, jamais eu : l’acceptation par nos paires hétéros ou une présentation aussi assumée sur nos écrans, précise-t-il . […] Pour quelqu’un qui n’a fait son coming out qu’à 20 ans, ce qui était si terrifiant à l’adolescence, c’était la solitude pure et simple du placard. À la télévision, les programmes mis en scène des homosexuels étaient si mauvais que cela aggravé son sentiment de solitude.

“Les jeunes LGBT+ ont maintenant une série avec des personnages tendres et adorables que font face à des difficultés, mais qu’aussi la possibilité d’être heureux, ajoute le journaliste. Cette série a des chances d’être une bouée de sauvetage pour beaucoup.

Ce lundi, un rapport du ministère de l’Intérieur indique que les plaintes pour crimes et délits commis envers les personnes LGBT+ ont augmenté de 28% en France, en 2021. Ce rapport rappelle que la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie et la biphobie n’est pas terminée. Moi oui, à sa seule, bouchon de coeur ne va pas endiguer le problème, la série mérite de rencontrer un peu de baume au cœur et de contribuer à l’effort de sensibilisation.

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