« Coupez ! » d’Hazanivicius en ouverture du Festival de Cannes, un symbole

Lise Ritain

Bérénice Bejo, Matilda Lutz et Finnegan Oldfield, au casting de “Coupez !”.

CINÉMA – Un film « high concept ». C’est par ces mots que Michel Hazanavicius résume sa nouvelle comédie déjantée. Elle a droit Coupez ! et sort ce mardi 17 mai en salles, parallèlement à sa projection en guise d’ouverture de la 75e édition du Festival de Cannes.

Ce sont des scénarios n’a rien à envier à SST 117 ou alors L’artiste, autres longs métrages notables du réalisateur français oscarisé. Il suit le tournage d’un film de zombies qui tourne au fiasco. Et ce, dès le début quand son cinéaste, un homme en mal de reconnaissance et au nom semble-t-il japonais, s’en prend violemment à deux de ses acteurs au beau milieu d’une scène. L’un se allumé un gifle. L’autre de critiques violentes pour son jeu médiocre.

Tu l’as filmé, furieux, s’enfuit de la pièce. C’était, au moins, le trentième prix. L’équipe est au bout du rouleau, mais pas de ses surprises car un zombie attack, une vraie, va leur tomber dessus. Enfin ça, ça n’est que la première partie du film…

Un film dans le film

Remake d’un film catastrophe japonais, avec notamment Bérénice Béjo et Romain Duris au casting, Coupez !non vous pouvez voir ci-dessous la bande-annoncepromet de doser d’hémoglobine à Cannes.

“Il est présenté au départ comme un film de zombies de sous-catégorie, il va progressivement passer au détournement de films de zombies, il peut devenir une comédie de situations, pour finir dans un genre nouveau, qui, en s’apparentant à un faux making-of, réunit toutes les facettes que le film a explorées jusque-là dans un final explosif », raconte Hazanavicius dans les notes de production.

Son film n’est pas seulement drôle, malin ou complètement méta, il aussi beaucoup à dire de l’économie du cinéma. Derrière ce film de zombies tourné en un plan séquence, et dont on suit le tournage, se cachent des producteurs peu scrupuleux. Ce qu’ils veulent, c’est faire un téléfilm “juste moyen” avec peu de moyens. Résultat : c’est un fiasco, mais amende Le nom des téléspectateurs qui ont suivi le résultat direct est satisfaisant. Le pari est réussi.

Ça n’était pas gagné. Parmi les comédiens ivres ou bloqués sur l’autoroute, les techniciens souffrant d’une capacité, les embrouilles et le matériel désastreux, le tournage de ce film de zombies a été un vrai cauchemar pour toute l’équipe du film (dans le film) . On voit tout de son tournage et de cellules et ceux qui, dans l’ombre de la caméra, ont fait de leur mieux pour sauver les meubles.

La solidarité d’une tournée

Coincé contre un mur, le cadreur doit filer sa caméra en urgence à son collègue. Le voyage ? Il se fait sur une chaise roulante. Les éclaboussures de sang ? On les doit à l’ingénieuse technique de souffleuse de la truqueuse. « Le film qu’ils font n’est sans doute pas génial, mais ils le font. Ils y arrivent, c’est ce qui est important, a commenté Michel Hazanavicius. Tu sais, c’est difficile de faire un film. Même un mauvais film, c’est dur.

Lise Ritain

Il ajoute : “Parfois, on n’est pas à la hauteur du sujet, ou on a des soucis d’argent, ou on n’a pas l’acteur que l’on désire, ou il ne connaît pas son texte, ou on a de la pluie alors qu’on avait besoin de soleil. Bref, sur ces problèmes et sur le surmonte pas toujours. On peut se planter.

Le maquillage, la prise de son, le traiteur, … Les couacs s’enchaînent, mais tout le monde serre les coudes. Un seul mot d’ordre : la solidarité. “Faire du cinéma, c’est à chaque fois une expérience humaine hyper fusionnelle, où pendant six, huit, douze semaines, on travaille ensemble, on vit ensemble et chacun fait du mieux qu’il peut, continue le réalisateur. La collection est plus forte que l’addition des individus, et l’aventure humaine est plus intéressante ou plus belle que l’objet qu’elle fabrique. C’est ce que raconte Coupez !. À l’heure du Festival de Cannes, c’est tout un symbole.

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